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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

27 Mars 2017

Avoir les moyens...

"Bref, nous connaissons assez d’histoire pour savoir que la bourgeoisie et le capitalisme industriel n’ont pas toujours existé, et pour imaginer qu’ils ne soient pas toujours, mais à quoi bon, si une société et une classe pires encore doivent leur succéder ? C’est-à-dire la technocratie libertarienne. La classe de l’expertise, de l’efficacité et de la rationalité maximales, qui concentre à la fois le savoir, l’avoir et le pouvoir, au service de la puissance maximale."

Bref... on ne peut pas être bref sur cette question :

Seulement 35 pages, mais à lire très lentement. Version papier : envoyez vos coordonnées et un chèque de 5 euros (port compris) à l’ordre de : Service compris BP 27 38172 Seyssinet-Pariset cedex

Publié par Frédéric Maurin à 20:48pm
Avec les catégories : #pmo , #pieces et main d'oeuvre

26 Mars 2017

Le bollorisme est un humanisme (suites...)

Facile, je sais 

Désolé, c'est l'heure d'été...

 

Publié par Frédéric Maurin à 22:47pm
Avec les catégories : #médias aux ordres

25 Mars 2017

Le courrier (du) Picard

François (NDA: Ruffin, pas le Fillon ni le Pape François) vient de publier une lettre ouverte sur son site appelant "à la déferlante" en Picardie après les présidentielles. Vous pouvez la trouver ici. N'hésitez pas à la relayer massivement dans vos réseaux.

Voilà, c'est fait !

Chères soutiennes, chers soutiens,

Avec des meetings à Longueau, Flixecourt, Abbeville, avec des porte-à-porte tous les week-ends, avec des centaines de présents partout, notre campagne a démarré sur les chapeaux de roue. Les militants aguerris nous disent : « On n’a pas vu ça depuis 1974 ! » (Ou 1973, ou 1977, selon les souvenirs.)
Mais ce n’est rien. Ce n’est qu’un début : après les présidentielles, il nous faudra une déferlante. La députée sortante (socialiste) déverse des millions sur les maisons de retraite de la circonscription. Un autre sert le poulain des banquiers et de leurs médias. Un troisième est directement affilié au Medef local, que dirige son frère.
Bref, comme le répète notre slogan: ils ont l'argent, mais nous avons les gens. Nous avons vous. Vous êtes notre arme pour combler ce handicap. C’est un terrain énorme que nous aurons à remonter. Avec cette difficulté en plus : faire exister dans les esprits une force très locale, qui n’existe que dans la 1ère circonscription de la Somme, sans équivalent ailleurs, sans déclinaison nationale.
C’est compliqué, mais c’est possible. C’est possible grâce à vous. Il va nous falloir des centaines, des milliers de bras, prêts à arpenter la circo, maison après maison, rue après rue, village après village. Qu’on ne lâche rien. Qu’on soit partout. Qu’il n’y ait que nous. Nous devons dynamiter la campagne. L’écraser par notre présence. Les éparpiller façon puzzle. Et ce raz-de-marée doit durer un mois.
Pour ça, les « Picards debout ! » sont déjà au taquet. Mais les Nordistes debout !, les Parisiens debout !, les Bretons debout !, les Provençaux debout !, les Gascons debout !, etc. sont les bienvenus. Venez vivre cette aventure. Posez des congés, vos RTT, entre le 12 mai et le 9 juin. Profitez des ponts du printemps, ou de la fin des examens. On vous offre le rêve : une semaine picarde all inclusive !
On se charge de l’hébergement et des animations (meetings, tractages, foots, etc.). Il y a eu le Larzac. Il y a eu la place de la République. Voici venir Flixecourt ! Longueau ! Camon ! Et comme les braves de Napoléon, vous pourrez dire, vous aussi : j’en étais ! 

(un peu de calme, là, c'est stressant une campagne mais doucement quand même citoyen...)

(Plus vite vous remplissez ce formulaire, mieux ça nous aidera à nous organiser.)
 
François Ruffin
Pour mener une campagne d'envergure et combative, il nous manque 20 000 euros sur les 60 000 autorisés par nos comptes de campagnes : on compte sur vos dons (qui vous donnent droit à une réduction d'impôts de 66%) !(Chouette ! un peu d'optimisation fiscale ! )

Publié par Frédéric Maurin à 22:53pm
Avec les catégories : #legislatives 2017 , #fillon

24 Mars 2017

"Il n'y a pas de Plan B" (!?)

En anglais, TINA "There is no Alternative" (source: M. Thatcher).

Rubrique : savoir finir en beauté, l'éditorial du dernier Plan B, relu à la faveur d'une lombalgie.(Merci au passage à l'industrie pharmaceutique sans laquelle etc...)

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Détruire le PPA, lutter  contre "les patrons qui plastronnent, les médias qui mentent - par mission, omission ou démission - et la gauche qui capitule", c'était ambitieux.

Et cela reste plus que jamais nécessaire. Comme les récents événement passés et à
venir le démontreront.

 

 

Le Plan B s'arrête, l'aventure continue.

Apollinaire : "Comme la vie est lente Et comme l'espérance est violente".

"En mars 2006, entre la victoire du « non » au référendum sur la Constitution européenne et le triomphe de la bataille contre le CPE, les fées de la lutte sociale s’étaient penchées sur le berceau de la jeune publication sardone. Agitant leurs banderoles magiques, elles avaient prévenu qu’un journal de critique des médias et d’enquêtes sociales tirerait sa force de son ancrage dans les cortèges autant que de son audience. Entrelacer guerre sociale et guerre des idées, nourrir celle-ci au lait de celle-là  : la ligne était tracée.

Las  ! Depuis cinq numéros, ventes en kiosque et abonnements fléchissent, maintenant l’esquif à peine au-dessus de l’étiage. Mais, surtout, la diffusion militante s’effondre, passant de 3 500 exemplaires à moins de 200. Ce coup de sabre dans les jarrets reflète une humeur générale faite de braises sombres et de colères rentrées. La violence de la crise sociale et le sabotage des mobilisations de 2009 par les directions syndicales ont produit leur effet. Nous avons pris notre part à cette désaffection en n’animant plus avec la même constance les centaines de réunions publiques qui unissaient, par-delà le papier, le journal à ses lecteurs. La raréfaction des manifestations a fait le reste.

L’Internationale sardonique (1) a donc décidé de suspendre la parution de son organe tant que les conditions d’une relance ébouriffante ne sont pas réunies. Bien des groupes militants se sont fixé pour seul objectif de faire vivre leurs structures… Le Plan B s’en voudrait de marcher sur leurs barbiches. En effet, la Sardonie n’a pas vocation à installer des apparatchiks de la contestation. Décrivant les principes fondamentaux de la guerre de partisans élaborés en 1928, Mao explique  : « L’ennemi avance, nous reculons  ; l’ennemi s’immobilise, nous le harcelons  ; l’ennemi s’épuise, nous le frappons  ; l’ennemi recule, nous le pourchassons. » Un journal qui mord et fuit, telle est notre tactique depuis dix ans.

Dix ans  ? Oui  : en juin 2000, 20 000 numéros zéro d’un journal baptisé PLPL (Pour lire pas lu) inondent les rues de Millau lors du rassemblement de soutien aux inculpés de la Confédération paysanne. D’abord diffusée sous le manteau, puis sur abonnement et partout où l’on se tient debout, l’étincelle PLPL embrase la morne plaine de la presse de centre gauche. Projetant son venin sardonique sur « les médias qui mentent, les patrons qui plastronnent et la gauche qui capitule », PLPL libère un territoire intellectuel où convergent les résistants les plus aguerris et les plus joyeux  : la Sardonie. Ce nom découle d’une objection formulée par l’écrivain Günter Grass à notre parrain Pierre Bourdieu en 1999  : « Je n’ai pas dit que nous vivions une époque drôle. Mais le rire sarcastique, sardonique, libérateur, c’est aussi une manière de protester. »

Seul contre tous, mais équipé d’une colonne vertébrale, PLPL charge les légions de quadrupèdes qui règnent sur les médias dominants. Repolitiser la question de la production de l’information, exposer les biais d’un traitement systématiquement hostile aux salariés et aux chômeurs, arracher leur masque de respectabilité aux éditorialistes et aux intellectuels à gages, mettre en garde les contestataires contre l’impasse de la stratégie médiatique  : en 2006, Le Plan B reprendra ces objectifs à son compte, en y ajoutant celui de l’enquête sociale, qui confronte le monde réel à celui fabriqué par le Parti de la presse de l’argent.

La critique des médias se renouvelait alors. Elle pilonnait les faux impertinents (Michel Field, Philippe Val…) dont le discrédit actuel fait oublier à quel point ils furent adulés. Elle était portée  ; elle était dangereuse. Ceux qui s’y livraient étaient assimilés à des nazis par Le Monde, dont la direction tricéphale (Alain Minc, Edwy Plenel, Jean-Marie Colombani) représentait le comité central de la bourgeoisie (financière, moustachue, traditionnelle). Des proscrits nous encourageaient – « Temps futurs  ! Vision sublime  ! Les peuples sont hors de l’abîme »  ; des perroquets chauves et mélancoliques couinaient dans les jupes du pouvoir contre notre « antijournalisme de poubelle ». À chacun son style. Quand, pour fêter son lancement, Le Plan B pirata l’antenne de France Inter et envoya l’animateur Stéphane Paoli à l’hôpital avec une congestion cérébrale, les courriers indignés affluèrent (« Mais comment osez-vous, un homme si bon  ! »). Nos plumes hilares brisaient leurs hallebardes.

L’atmosphère a changé. On ne nous hait plus, on ne nous injurie plus. Les traits vipérins s’espacent, le chyme claircit (voir la déclaration d’amour ci-contre). Qui se trouve hors d’état de susciter l’adversité frôle la mort politique. À l’exception de la Garde des lecteurs sardons, qui parfois plie mais jamais ne rompt, on nous achète sans conviction, on nous jette un œil sans éclat, on nous approuve sans en tirer de conséquences pratiques. On nous consomme. Certains s’en seraient contentés ; pas nous.

Pendant que Le Plan B part aux champs, les grands médias traditionnels descendent au cercueil. Le Monde, Libération,  Charlie Hebdo  tutoient le dépôt de bilan  ; TF1 s’asphyxie  ; Lagardère quitte le navire du papier. Lecteurs et téléspectateurs fuient sur Internet et sur les chaînes câblées, emportant avec eux la manne publicitaire. Cette multiplication des canaux d’information et des informateurs a écrêté les centres de pouvoir éditoriaux. Hier, trois cathédrales faisaient carillonner la pensée dominante  ; mille bouches numériques la chuchotent aujourd’hui, mais avec la certitude de porter la voix du maquis. Assurément, Le Plan B n’a pas suivi ce tournant.

Simultanément, la critique des médias se banalise et, parfois, dégénère. Des politiques s’en font parure pour gagner quelques points dans les sondages  ; des blogueurs commentent sans fin les commentaires pour doper l’audience de leur site  ; des amuseurs rivalisent de sarcasmes pour accroître leur notoriété  ; des bobos braillent « c’est la faute à TF1  ! » pour s’épargner la peine d’une analyse sociale et politique. Mais tous se pâment devant Florence Aubenas. Nous ne croyons pas au journalisme, ni à sa figure centrale, personnification d’une illusoire liberté petite-bourgeoise. Dans nos régimes, l’information prolonge la guerre des classes par d’autres moyens. Qui la possède la contrôle, fût-ce au prix d’un zeste de dissidence ou de dérision tarifée.

Satirique et mordante, la Sardonie ne se résume pas au ricanement hors sol, version comique de l’art pour l’art. Dans la tradition carnavalesque, le rire populaire caractérise un monde parallèle où hiérarchies, castes et contraintes s’inversent. De la même manière, le rire sardonique est lié à l’ordre social dans un rapport de renversement. Sans ce dernier, il n’est rien. La critique radicale des médias n’est pas une fin en soi. Elle s’inscrit dans un projet politique et vise à détruire l’obstacle que les grands moyens d’information dressent sur la voie de l’émancipation.

C’est peu dire qu’il reste à faire. Les médias mentent toujours, les patrons plastronnent encore, la gauche capitule inlassablement. Mais au moins ces vérités-là sont-elles chevillées aux esprits. Celui de la Sardonie a irrigué des dizaines de journaux et de radios alternatives, des centaines de blogs. Malgré ses difficultés perpétuelles, la presse libre germine et prépare les embuscades. Nous comptons sur notre fidèle vitrine universitaire, Acrimed, pour porter l’estocade à l’ex-complice d’Alain Minc, Edwy Plenel, et pour analyser la stratégie médiatique des formations de la gauche de gauche.

En attendant notre reparution, dans un mois, dans un an, au détour d’une manifestation, sous un pavé, pour tirer un coup de pistolet dans la noce des satisfaits, l’Internationale sardonique nous communique ce message inspiré des Raisins de la colère de John Steinbeck (chapitre 28)  : « La Sardonie sera toujours là, partout, dans l’ombre. Partout où tu porteras les yeux. Partout où il y aura une bagarre pour que les gens puissent avoir à manger, la Sardonie sera là. Partout où il y aura un flic moustachu en train de passer un type à tabac, la Sardonie sera là. Dans les cris des gens qui se mettent en colère parce qu’ils n’ont rien dans le ventre, la Sardonie sera là. Elle brille de mille feux.           Feu  ! Feu  ! Feu  ! »

Paru dans Le Plan B n° 23 Juin-Juillet 2010.

(1) Du latin, sardonia herba, stupéfiant, non ?

C'est pas toujours drôle les archives.

(Après qui lit encore des journaux, des programmes, -et pourquoi- c'est une autre question).

Désertée la graphosphère? Tentons la vidéosphère.

On sait jamais...

Publié par Frédéric Maurin à 23:38pm
Avec les catégories : #presse libre

23 Mars 2017

Le Grand Soir

Souvent décrié, toujours intéressant...

Publié par Frédéric Maurin à 22:09pm
Avec les catégories : #fillon , #legrand soir , #presse libre

22 Mars 2017

J'aime ma banque !

(Rubrique : le plus important, c'est l'amour, non?)

et je ne suis pas le seul...

belle lettre d'amour, non ?
Après il faut des preuves d'amour aussi.
Et en la matière, Denis Robert était plutôt "démonstratif"...

Publié par Frédéric Maurin à 12:42pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #banque

22 Mars 2017

Il faut mettre les jeunes au boulot !

Je crois que tout le monde est d'accord avec cette proposition.

Y en a marre de tous ces glandouilleurs sur play station, ces "sauvageons qui vivent dans le virtuel" comme disait l'Autre

Alors, au travail !

Dit comme cela, cela peut plaire à une certaine clientèle électorale.("sénior patrimonial" comme on dit en publicité). Après, évidemment, c'est un peu plus, comment dire, un peu plus "compliqué"...

pour ne pas dire franchement complexe...

comme un débat à ne surtout pas aborder...

En attendant, si les petiots n'ont pas de boulot, proposez lui un stage...

Ou lancez-le dans la chasse...

(en général, les applaudissements sont garantis).

En revanche, évitez le sport.
C'est trop dangereux...

Publié par Frédéric Maurin à 10:56am

20 Mars 2017

Mourir dans la dignité

(Au préalable, je tiens à saluer l'action de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité 
Après, pour ce qui suit, vous avez le droit d'oublier. Ou pas. )
On préfère éviter le sujet quand tout va bien. Mais, la question doit se poser, ne serait-ce que pour éviter des situations insoutenables :
La fin de vie, c'est savoir prendre des décisions difficiles...

L'enjeu est de savoir, jusqu'au bout, rester lucide :

Publié par Frédéric Maurin à 07:29am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #hollande , #fillon

20 Mars 2017

18 mars : Du bon usage des dates anniversaires

Finement joué, citoyen Mélenchon !

On sent bien l'homme qui a des lettres...

Puisse-t'il avoir des chiffres, aussi...

Et, pour ne pas oublier (ou peut-être pour mieux oublier), musique !

Publié par Frédéric Maurin à 02:20am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #mélenchon

19 Mars 2017

César 2018 : les nominés sont...

(Avertissement : rubrique Prospective, la liste est donc à ce jour partielle, voire pire, partiale...)

Bon, vous avez aimé l'édition 2017, et vous voulez savoir ce que peut réserver la prochaine ?

La concurrence est rude, elle serait même parfois faussée, mais on va essayer de faire avec...

 

De plus, selon certaines sources, Merci Patron! 2 serait un péplum avec
plusieurs millions de figurants.

Le casting serait même en cours :

(mais, surtout, n'en parlez à personne ! Nous sommes bien d'accord ? Il ne faudrait pas que les médias de Bouygues, Bolloré, Dassault, Arnault, Pinault ou Niel ne l'apprennent.  Tout ceci doit donc rester confidentiel... ...)

Tentez votre chance :

SEMAINE DU LUNDI 6 MARS AU VENDREDI 10 MARS : 632 CONFLITS DU TRAVAIL PAR JOUR EN MOYENNE CONTRE 161, 135, 195, 176, 245, 150 ET 115 LES SEMAINES PRECEDENTES
C'est un record cette semaine dans une série historiquement très élevée de luttes qui se maintient depuis maintenant 8 semaines. C'est un record par l'amplitude et la durée depuis que nous essayons de mesurer la conflictualité sociale sur les 5 années précédentes
 
NOTE DE CONJONCTURE
Ce record est bien sûr dû aux journées des 6, 7, 8 et 9 mars avec la lutte reconductible à Pole Emploi le 6, celles des fonctions publiques hospitalières, territoriales et d'Etat le 7 auxquelles se rajoutent également les salariés d'Edf, d'Air France et les contrôleurs aériens, puis la journée de lutte des femmes le 8 mars alimentée par la mobilisation américaine contre Trump et sa remise en cause de l'égalité hommes-femmes et enfin une nouvelle journée de mobilisation de certains territoriaux le 9 mars. La journée du 7 mars a dépassé les autres avec 2381 sites impactés par la grève que nous avons pu relever dans la presse, en fait beaucoup, beaucoup plus dans la réalité. Car ce qui a marqué cette journée c'est qu'elle a été très suivie mais aussi très dispersée. Ainsi si les confédérations syndicales ont pu recenser une cinquantaine de manifestations départementales, il y en a eu de fait beaucoup plus, non recensées. Ainsi, on avait parfois 3, 4, 5, 6 voire 7 manifestations le même jour au même endroit, du fait d'une part de l'absence de regroupement départemental dans une cinquantaine de départements et en même temps d'une forte participation. Le résultat de cette forte participation – outre les réquisitions à l'hôpital – était qu'elle était dispersée dans des rassemblements éclatés devant l'hôpital, la CAF, le centre EDF, Pôle Emploi, la mairie, les écoles de la même ville.
Ainsi si la participation aux grèves a été importante, leur visibilité l'a été beaucoup moins. Le mouvement n'a pas été invisible, son ampleur n'a pas été niée, mais cette ampleur pourtant importante n'a donc pas donné lieu à la prise de conscience d'une réelle force du fait de sa dispersion ; elle n'a pas été suffisante en tous cas pour se dire de manière évidente qu'il est possible de changer les choses par la rue.


Et cette situation va continuer.

Dès le 14 mars, deux nouvelles journées de mobilisation nationales vont être organisées à EDF et chez les pompiers, puis des hôtesses et stewards du 18 au 20 mars ; le 19 mars sera organisée une manifestation nationale contre le racisme et pour la dignité, contre les violences policières. Le 21 mars, il y aura une journée nationale de grève à la poste. Enfin, toujours le 21 mars, la CGT organise une nouvelle journée de grève nationale interprofessionnelle pour le développement industriel. Il ne faut pas oublie dans ce tableau la mobilisation des retraités le 30 mars, et, plus loin, la CGT SNCF qui appelle à la grève du 14 au 18 avril.

C'est à dire que les luttes vont continuer à un haut niveau mais toujours dispersées, saucissonnées, émiettées, par profession, par sujet, par région...

En pleine campagne présidentielle, cette stabilisation du nombre de conflits à un niveau très élevé fait que l'écart entre la représentation politique de candidats presque tous discrédités et les préoccupations populaires n'a jamais été aussi grand....

Les élections ne fonctionnent donc plus vraiment comme un éteignoir et un détournement des mobilisations sociales vers les urnes mais au contraire comme un miroir de plus en plus révélateur de deux mondes, deux classes que tout oppose. La tentative de mobilisation contre la corruption en est une illustration.

Ces élections présidentielles et législatives pourraient ainsi fonctionner à l'inverse des années précédentes, comme un accélérateur de la contestation sociale, ou plus exactement du glissement de celle-ci vers des objectifs de représentation politique qui lui soient propres.

Le fait qu'un certain nombre de militants syndicalistes autour des Goodyear appelle à manifester le 22 avril, tout à la fois comme une suite aux 7, 14 19 et 21 mars et en même temps comme une réponse de la rue aux voleurs-candidats aux élections dans le cadre d'un « premier tour social », illustre cette évolution.
La multiplication des journées d'action syndicales dispersées en mars est en quelque sorte une réponse à cette pression de l'initiative du 22 avril, pour ne pas laisser la colère sociale exprimer sa force par ce biais, mais au contraire faire que celle-ci se disperse dans le sable.

Cependant, cette multiplication de journées d'action inefficaces peut avoir l'effet inverse, celui de permettre à la mobilisation de continuer et par ce biais de faire prendre conscience qu'il lui faudrait converger.
Jusqu'à présent, la perte de capacité des partis à offrir une représentation sociale, se traduisait par l'abstention ouvrière.
C'est peut-être en train de changer ; l'action autour des Goodyear pourrait bien bousculer tout cela et faire qu'une partie des classes populaires et de ces militants passe de l'abstention électorale et du dégoût à la participation active dans la rue et à l'espoir.
Ce qui serait un changement considérable.
LES LUTTES
C'est dans le secteur de la santé, de l'énergie et des territoriaux que l'on compte le plus de conflits pour cette toute dernière semaine, les luttes dans l'éducation nationale ayant plus marqué le début de l'année mais s'estompent un peu ces deux dernières semaines. Mais chose, nouvelle, on assiste depuis une petite dizaine de jours à une multiplication de conflits pour les salaires dans le privé. C'est bien sûr l'effet des Nao , mais pas seulement, car ces conflits ont une durée certaine et pas que symbolique,
Il est encore trop tôt pour dire si les luttes longues et victorieuses sur les salaires de ces derniers temps comme dans le secteur des Grands Hôtels, des cliniques privées ou du nettoyage sont en train de s'étendre à des secteurs plus larges dans l'énergie (ce qui est le cas pour EDF), le transport, la métallurgie, la chimie... On verra ; mais si c'était le cas, ce serait aussi un changement important, car on passerait de luttes dans des secteurs aux salaires très bas, ce qui au fond n'était que du rattrapage et des secteurs aux salaires plus élevés, ce qui traduirait que les salariés lassés de l'étalage des bénéfices et dividendes énormes et en même temps du blocage des salaires, veulent un autre partage des richesses. Ce serait un changement d'état d'esprit qui pourrait rejoindre alors celui que nous notions plus haut de ras-le-bol devient général mais aussi de reprise d'un espoir de transformation sociale.
SIGNIFICATION ET UTILISATION DES CHIFFRES
Pour revenir aux chiffres et si l'on prend le chiffre de 632 conflits par jour de cette dernière semaine pour en faire une moyenne annuelle sur environ 260 jours ouvrables (pour des semaines de 5 jours) on arrive à un total d'environ 164 320 luttes.
Ce qui est déjà important.
Mais dans une étude, le CNRS estimait qu'entre seulement 20 et 50% des grèves étaient publiées par la presse. Si l'on prend cette estimation, on arrive donc à un total projeté sur l'année avec le même mode de calcul de 1 264 à 3 160 conflits par jour et de 328 640 à 821 600 conflits par an.
Ce qui est considérable.
Bien évidemment, ce calcul est très approximatif et n'a rien de scientifique.
Il permet cependant de donner un ordre d'idée de l'importance actuelle de la conflictualité sociale en France et de ces évolutions. Et cela nous met très loin de ce qu'a publié en ce début d'année le Figaro – et derrière lui, toute la presse - qui recense seulement 800 grèves au total pour toute l'année 2016. Ce chiffre du Figaro comme les statistiques du ministère du travail qui vont dans le même sens, n'ont qu'une valeur de propagande pour tenter de démontrer que les gens ne se battent pas et qu'il ne sert à rien de le faire ; il alimente donc tout ce que disent en général les grands médias comme les hommes politiques.
Les chiffres que nous donnons ont la signification exactement inverse : les gens se battent, résistent en nombre, sont très nombreux à ne pas se laisser faire, ne baissent pas les bras et, bien souvent, gagnent.
Ces chiffres ne sont encore une fois que des approximations très imprécises. Cependant, ils sont certainement bien plus proches de la réalité que ceux donnés non seulement par les grands médias mais aussi ceux donnés par le ministère du travail. Celui-ci, rappelons-le, fonde ses statistiques sur les déclarations de grèves des patrons eux-mêmes (en oubliant au passage la fonction publique). Ce qui est aussi peu fiable que de demander à un dictateur de quantifier la torture dans son pays.


On peut très légitimement penser qu'il y a en fait beaucoup plus de luttes que ce que nous mesurons ici. En effet, d'une part notre recensement ne se fait pas sur la totalité de la presse quotidienne mais seulement sur les grands quotidiens régionaux en ligne et d'autre part nous ne recensons pas les multiples actions invisibles de résistance à l'exploitation quotidienne des salariés, personnelles et collectives ; débrayages, grèves du zèle, boycotts, délégations, réunions voire même une partie des maladies qui sont aussi un moyen de se défendre pour certains.

Publié par Frédéric Maurin à 11:05am
Avec les catégories : #merci patron , #césar , #médias aux ordres