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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

24 Juin 2012

Fête du Travailleur Alpin 2012

"Des vogues, mais pas de vagues" ? (1)

Si la fête des travailleurs alpins bougera en musique avec HK et les saltimbanks ne lâcheront rien , on bougera aussi en transport en commun avec le Parti Communiste Français Section de Saint-Martin d'Hères

Un voyage en "terres socialistes" ... donc évidemment sous les auspices de La concurrence libre et non faussée :

 

STOP à la privatisation de la TAG

                 La ligne 33 déjà exploité par le privé !

 Tout de suite une Régie pour gérer la TAG 

   TAG – VDF même combat pour les travailleurs des transports et pour les usagers !

 

Le SMTC autorise à partir de juillet 2013 que nos services des transports en commun de l'agglomération soient concédés à 100% au privé (sous-traitance) !

Des suppressions d'emplois en masse prévues à la TAG comme au VFD.

Nous disons STOP ! Revenons à une régie publique !

 

Le mode de gestion de nos transports en commun échappe totalement au débat public démocratique. En décembre 2011, le SMTC (syndicat mixte des transports en commun) présidé par le PS valide dans le silence le renouvellement de la SEM (société d'économie mixte) par une délégation de service public (DSP) de nos transport en communs. Le cahier des charges imposé aux entreprises concourant à ce marché public commence à être révélé.

Alors que la DSP, en cours, autorise déjà 30% de sous-traitance (ligne 33 , express crolle-grenoble-voiron..) pour la gestion de la « TAG », le futur cahier des charges qui devrait être appliqué à partir de juillet 2013 autorisera jusqu’à 100% de sous-traitance.

Nous avions précédemment dénoncé la gabegie financières de la gestion de nos transports public en SEM pour les VFD (Kéolis a ramassé 2 250 000 € en 5 ans) comme pour la TAG.

Pour la gestion de la TAG par la DSP en 2013 trois entreprises ont été retenues pour présenter un devis répondant aux cahiers des charges (partiellement connu) :  RATP Dir. ; Transdev / TAG ( rappelons que Transdev est sous contrôle de Véolia) ; Kéolis.

 

Le SMTC verse 300 000 € aux 2 entreprises qui n'auront pas le marché.

Petit calcul 300 000 € x 2 = 600 000 € d'argent public pour des devis !

 

Le directeurs de la TAG annonce déjà les suppressions d'emplois. Il se veut rassurant, en affirmant que ces suppressions se feront par le non remplacement des départs à la retraite.

C'est inacceptable avec le niveau de chômage actuel de sacrifier plus d'emplois, nous avons besoin d'emplois stables pour nos jeunes ! Comme nous avons besoin de chauffeurs qualifiés et non surmenés.

Cela fait trois ans qu'aucune négociation sur les condition de travail et les salaires ne se fait à la TAG au prétexte que Transdev/TAg doit rester compétitif pour obtenir le marché.

Par la mobilisation de la population et des travailleurs de la TAG comme de ceux des VFD tout est possible.

Nous communistes nous proposons d'imposer le retour en  Régie publique.

Imposons le retour en régie publique pour les transports comme cela a déjà été fait à Grenoble avec le retour en régie pour la gestion de l'eau !

 .

La privatisation de la ligne 33 donne un avant goût des conséquences pour les usagers en 2013 :

                       Bus en retard, arrêt non respecté, et suppression des lignes et arrêts « dit » peu rentables.

                      Tarifs en augmentations pour satisfaire les appétits des entreprises ;

     Toujours plus d'argent public pour les entreprises privées de transport ;

        L'entreprise qui aura, en tirant les prix, obtenu le marché (DSP) pourra sous-traiter. Les conséquences sont évidentes : Suppressions d'emplois, très bas salaires, conditions de sécurité bradés pour plus de profit, exploitation maximum des salariés.

         On parle de fermer le centre ville de l'agglomération aux véhicules polluants. Qui a des véhicules polluants ? Les petits revenus. On parle aussi d'interdire totalement les véhicules dans le centre de l'agglomération, il faudra prendre les transports en commun toujours plus cher. Qui sera encore pénalisé ? Les petits revenus. Demain Grenoble interdit aux pauvres ?? Vous dites : une Caricature ?

 

Communistes réaffirmons comme prioritaire :

                     la nécessité du retour en régie publique pour garantir un service public que qualité, moins couteux et sécurisé. Une baisse importante de tarif sera alors possible des abonnements à prix faible jusqu'à gratuit pour les scolaires, les petits revenus, les privés d'emplois avec l'objectif d'aller vers une gratuité totale.

 

                     la nécessité pour les travailleurs des transports d'avoir un statut garantissant leurs emplois et un déroulement de carrière linéaire. Un service public de qualité ne peut être rendu que par des travailleurs sous un statut protecteur.

 

                     leur refus de la délocalisation des VFD vers Saint-Égrève : un autre gâchis économique, encore 500 000€ pour aménager le minuscule dépôt de 30 bus au VFD !

 

 

                     que tous les transports en commun, VFD, TAG et SNCF ne doivent pas s'ouvrir à la concurrence libre et non faussée comme le prescrivent les directives de l’Union Européenne.

Abrogation du traité de Maastricht parce que nous refusons de faire croire aux travailleurs que l'Union Européenne du Capital puisse être réorienter vers du « social ».

Non à l'union européenne du capital, abrogation de Maastricht

Oui aux monopoles publics des transports en commun !

Pour combattre les politiques de l'UE du capital rejoignez nous  : ADHEREZ AU PCF !

 

NOM Prènom :.................................................................    .......………Adresse………….............................................................................

….........................................................................................Téléphone/Courrier électronique:………………....................

 

 

Retourner à PCF, BP 283, 38407 St-Martin-d’Hères Cedex,    Tél.  04 76 01 81 38       
mèl :
pcf.smh@wanadoo.fr         site  internet : pcf-smh.fr                                                 le 24 juin 2012

 

Au hasard du  Travailleur Alpin on trouvera aussi, et entre autres :

Les Amis de l'Humanité

Le Mouvement de la Paix

 

 

On trouvera même quelques occasions de casser sa tire-lire :

Secours populaire: Accueil

 

(1) "Des vogues, mais pas de vagues" : j'avais en tête ce mot de Vivre et penser comme des porcs quand on me faisait observer que "tant qu'on écoutait des chants révolutionnaires, on ne faisait ni réformes ni révolutions"

http://lumiere.ens.fr/~guerry/articles/vivre_penser_porcs_chatelet.html

Comme le suggèrait l'autre, il ne faut exclure ni les vogues ni les vagues...

 

 


Publié par Frédéric Maurin à 21:12pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

20 Juin 2012

L'Euro fait des râles

Un tel titre ne peut venir que de Bastille République Nations...

Une18

Pour recevoir cet - indispensable- mensuel, c'est ici :

Bienvenue sur le site de Bastille-République-Nations

...et en attendant, voila l'éditorial :

Il n’y aura pas eu d’exception française. Au soir du 6 mai, Nicolas Sarkozy a été battu, comme le furent depuis deux ans la plupart des pouvoirs sortants au sein de l’Union européenne, et ce, quelle que soit leur couleur politique (Hongrie, Royaume-Uni, Pays-Bas, Irlande, Finlande, Portugal, Danemark, Espagne, Slovénie, Slovaquie, et Grèce). Le mécanisme est connu : les électeurs se voient proposer, pour défouler leur colère, de renvoyer l’équipe en place ; et les politiques menées continuent dans la même direction, puisqu’elles sont définies en commun par les uns et les autres en un lieu soustrait à la souveraineté des peuples – en l’occurrence à Bruxelles. Cela s’appelle l’« alternance », et même, pour les humoristes postmodernes, « la démocratie ».

En France, il n’en a pas toujours été ainsi. La question d’un changement de société était, jusqu’à la fin des années 1970, l’enjeu majeur des affrontements électoraux, avant que ne s’impose le modèle politique européen, où, entre « centre-gauche » et « centre-droit », les citoyens sont invités à choisir la décoration de l’abattoir.

Force est cependant de constater que, bien souvent, les majorités social-démocrates dépassent leurs rivales conservatrices en matière de reculs sociaux, de réformes libérales et/ou de privatisations. L’exemple le plus caricatural vient de Grèce, où c’est sous l’égide d’un premier ministre resté président de l’Internationale socialiste que les plans les plus régressifs ont été mis en œuvre. En Allemagne même, c’est sous le règne de Gerhard Schröder que la République fédérale a connu la remise en cause la plus brutale de la protection sociale (Harz IV) et la mise en place de la précarité.

Ce qui n’a empêché ni le président français sortant, ni son concurrent victorieux de vanter le « modèle allemand » et sa « compétitivité ». Au moins ne pourra-t-on pas reprocher à ce dernier de renier ses promesses. Il ne s’est nullement caché de vouloir – pour respecter les normes bruxelloises – opérer des coupes budgétaires qui pourraient se monter à 50 milliards d’euros. Tant il est vrai qu’on ne peut tout à la fois vouloir maintenir la monnaie unique, et échapper à l’austérité.

Faute de vouloir remettre en route le seul moteur qui vaille pour alimenter une croissance robuste – une hausse massive du pouvoir d’achat, à commencer par celui des fonctionnaires – le nouvel élu a évoqué des pistes qui se veulent innovantes. Il propose en particulier de lancer des « euro-obligations », autrement dit des emprunts qui ne seraient plus nationaux, mais bien communautaires. Il a pour cela l’appui du chef du gouvernement italien et du président de la Commission européenne. Angela Merkel, pour sa part, s’y oppose… du moins tant que les gouvernements nationaux disposent encore d’une petite marge de manœuvre sur leur propre budget. Ca tombe bien : le président de la BCE, son prédécesseur, et, justement, le ministre allemand des finances veulent en finir avec cette incongruité : avec d’autres, ils plaident désormais ouvertement pour un « saut fédéral ». Comme l’écrivait récemment le président de la très influente fondation d’outre-Rhin Bertelsmann Stiftung (1) : « le temps où, dans cette Union, chacun était libre d’opérer ses propres choix (…) est révolu ». Au moins, c’est clair.

Dans l’immédiat, la Commission européenne, qui publiait le 30 mai les feuilles de route pour chacun des pays, a certes tancé la France, mais a laissé jusqu’au début de l’été au nouveau pouvoir pour annoncer les « efforts » nécessaires.

Il semble que les directions syndicales considèrent que l’arrivée de François Hollande soit plutôt favorable au monde du travail. Au même moment, les marchés financiers témoignent de leur satisfaction en achetant des emprunts d’Etat à des taux qui n’ont cessé de baisser depuis quelques semaines.

Forcément, l’une des deux parties se fait des illusions.

On ne devrait pas attendre trop longtemps pour savoir laquelle.

Si on a encore un doute.

PIERRE LÉVY

(1) Le Monde du 11/05/12 


Hollande - Sarkozy : le débat n'a pas eu lieu ! surtout sur un sujet aussi essentiel. Ils préparent le saut - dans le vide - fédéral : il s'agit pas moins d'Un nouveau traité européen

Sans débat. Sans référendum ?

Ce serait anormal en démocratie...

Sous le titre, "Pas d'Europe sans citoyens", la lettre ouverte ci-dessous le demande.

Lettre ouverte à François Hollande pour un référendum sur le Pacte budgétaire :

La crise européenne est arrivée à un point crucial. Aveugles volontaires, nos dirigeants s’obstinent dans des politiques brutales d’austérité alors que la crise provient des dérives de la finance et de l’absence d’une véritable solidarité européenne.

Le "Pacte budgétaire" a été élaboré par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy pour corseter définitivement les politiques économiques, et imposer l’austérité au mépris du débat démocratique et contre les aspirations des peuples.

François Hollande se prépare à le faire ratifier par le Parlement nouvellement élu s’il parvient à faire adopter tout ou partie du "Pacte pour la croissance" qu’il propose aux autres dirigeants européens. Mais seul un débat démocratique avec une large participation populaire peut légitimement trancher sur des enjeux aussi essentiels.

A l’initiative d’Attac et de la Fondation Copernic, des responsables associatifs, syndicaux et politiques et des chercheurs (voir la liste ci-après) lancent une lettre ouverte à François Hollande : "Non au Pacte budgétaire, pas d’Europe sans citoyens !", demandant l’organisation d’un débat tranché par un référendum.

Pour lire la lettre, consulter les signataires, et la signer : http://www.france.attac.org/lettre-...

 

NB : Plusieurs des premiers signataires de la lettre ouverte seront présents au meeting contre l’austérité organisé le samedi 23 juin à Paris:  Le 23 juin avec le CAC: ne payons pas leurs dettes !

Premiers signataires :

Annick Coupé (Solidaires), Jean-Claude Chailley (Résistance sociale), Jean-Baptiste Eyraud (Droit au Logement), David Flacher (Utopia), Jean-Philippe Gasparotto (CGT Caisse des Dépôts), Roland Gori (Appel des appels), Pierre Khalfa (Fondation Copernic), Stéphane Melchiorri (Emmaus International), Damien Millet (CADTM), Martine Noël (Cadac), Jean-Marie Roux (CGT Finances), Henri Sterdyniak (Economistes atterrés), Maya Surduts (CNDF), Aurélie Trouvé (Attac), Sophie Zafari (FSU), Christophe Alévêque (artiste), Paul Ariès (directeur de rédaction), Nathalie Bajos (chercheure), Nathalie Berta (chercheure), Frédéric Boccara (chercheur), Paul Bouffartigue (chercheur), Jacques Bouteiller (chercheur), Alain Caillé (sociologue), Odile Chagny (chercheure), Gabriel Colletis (chercheur), Antoine Comte (avocat), Pierre Concialdi (chercheur), Philippe Corcuff (chercheur), Laurent Cordonnier (chercheur), Pierre Cours-Salies (chercheur), Thomas Coutrot (Attac), Bernard Defaix (Attac), Keith Dixon (chercheur), Cédric Durand (chercheur), Philippe Enclos (chercheur), Isabelle Ferreras (chercheure), Jean Gadrey (chercheur), François Gèze (éditeur), Jérôme Gleizes (chercheur), Alain Grandjean (chercheur), Susan George (présidente d’honneur d’Attac), François Gèze (éditeur),Gaël Giraud (chercheur), Vincent Glenn (réalisateur), Caroline Guibet-Lafaye (chercheur), Ozgur Gun (chercheur), Nicolas Haeringer (Mouvements), Jean-Marie Harribey (Conseil scientifique d’Attac),Marc Humbert (chercheur), Sabina Issehnane (chercheure), Sophie Jallais (chercheure), Florence Jany-Catrice (chercheure), Nicolas Jounin (chercheur), Catherine Jousse (REP), Sadri Khiari(chercheur), Dany Lang (chercheur), Emmanuel Lazega (chercheur), Frédéric Lebaron (chercheur), Catherine Lebrun (Solidaires), Alain Lipietz (chercheur), Frédéric Lordon (chercheur), Caroline Mécary (Fondation Copernic), Jérôme Maucourant (chercheur), Jacques Le Bohec (chercheur), Claire Le Strat (chercheur), Nathalie Marcu (Les Alternatifs), Christiane Marty (chercheure), Gérard Mauger (chercheur), Dominique Méda (chercheur), Julien Milanesi (chercheur), Patrick Mony (militant associatif), Francine Muel-Dreyfus (chercheure), Frédéric Neyrat (chercheur), Willy Pelletier(Fondation Copernic), Roland Pfefferkorn (chercheur), Alain Policar (chercheur), Dominique Plihon (Conseil scientifique d’Attac), Jean-François Ponsot (chercheur), Edmond Preteceille (chercheur),Philippe Quirion (chercheur), Christophe Ramaux (chercheur), Jacques Rancière (philosophe), Thierry Reygades (FSU), Michel Rousseau (Euromarches), Jeanne Singer (chercheure), Jean-Marc Tagliafarri (Initiatives Dyonisiennes), Lucie Tanguy (chercheure), Annie Thébaud-Mony (Fondation Henri Pézerat), Bernard Teper (Respublica), Bruno Théret (chercheur), André Torre (chercheur),Maryse Tripier (chercheure), Sylvette Uzan-Chomat (SNU Pôle Emploi), Patrick Viveret (philosophe), Philippe Zarifian (chercheur), Elisabeth Zucker (chercheure) Gilles Alfonsi (Association des Communistes Unitaires), François Asensi (Fase), Clémentine Autain (FASE), Francine Bavay (Conseillère régionale EELV), Farid Bennaï (Fase), Olivier Besancenot(NPA), Martine Billard (Parti de Gauche), Patrick Braouezec (Fase), Chantal Dhoukar (conseillère fédérale EELV), Jean-Claude Eyraud (Fase), Guillaume Floris (Gauche Anticapitaliste), Jacqueline Fraysse (Fase), Jacques Généreux (Parti de Gauche), Pierre Laurent (PCF), Nathalie Marcu (Les Alternatifs), Myriam Martin (Gauche anticapitaliste), Pierre Minnaert (conseiller fédéral EELV), Jean-Jacques Paris (ANECR), Francis Parny (PCF), Jean-François Pelissier (Alternatifs), Christian Piquet (Gauche unitaire), Christine Poupin (NPA), Stéphanie Treillet (Convergence et Alternative)

http://www.france.attac.org/lettre-ouverte-francois-hollande-pour-un-referendum-sur-le-pacte-budgetaire

A signer et faire circuler !

Pour mémoire, sous sarkozy, autant dire il y a un siècle, les mêmes avaient le pressentiment de ce "cas où le nouveau président élu et sa majorité décideraient de ratifier le Pacte sans consulter le peuple".


« Chaque fois qu’il y aura blocage, je ferai parler le peuple français », a déclaré Nicolas Sarkozy en annonçant hier sa candidature. Étrangement, il s’était bien gardé de le faire pour le traité de Lisbonne, la réforme de la Poste ou celle des retraites. Il l’envisage maintenant volontiers contre les chômeurs et les étrangers. Par Attac France.

Cette instrumentalisation du référendum au service d’une politique de boucs émissaires est nauséabonde. Nicolas Sarkozy essaie cyniquement de jouer de l’opposition entre les élites – dont il est la caricature – et le peuple.

Dans le même temps, François Hollande fait le jeu de Nicolas Sarkozy quand il déclare au Guardian que, s’il est élu Président de la République, il fera ratifier le Pacte budgétaire par le Parlement et non par référendum : il donne ainsi l’impression de vouloir esquiver le débat démocratique. Le dévoiement de la procédure référendaire par Nicolas Sarkozy n’autorise pas à évacuer le droit du peuple à se prononcer directement sur un enjeu historique après un débat éclairé.

En fait de renégociation du Pacte budgétaire, le candidat socialiste se satisferait en effet, toujours selon ses déclarations au Guardian, d’une « clause sur la croissance économique, dans ou à côté du Traité ». Mais rajouter une déclaration de principe sur la croissance à un Pacte qui aggravera la récession, en radicalisant l’austérité, n’aurait aucune signification. Pas plus d’ailleurs que d’implorer le retour de la croissance sans se poser de questions sur ses finalités ou sa viabilité écologique.

Devant la gravité des enjeux, la nécessité d’un référendum est posée. Pourtant Nicolas Sarkozy n’a pas évoqué l’idée d’un référendum sur le Pacte budgétaire, préférant stigmatiser les chômeurs et les étrangers. François Fillon, lui, en a parlé le 14 février devant les députés UMP, à propos de l’ajout de la « règle d’or » dans la Constitution. Bien sûr les motivations de M. Fillon sont tout sauf désintéressées : il veut obliger le Parti socialiste à défendre le « oui » devant des électeurs de gauche plus que sceptiques.

La question des politiques budgétaires et fiscales en France et en Europe est bien au cœur des enjeux d’avenir ; le peuple doit pouvoir en décider directement. C’est pourquoi Attac demande à tous les candidats aux élections présidentielles et législatives s’ils ont l’intention de donner aux citoyens français la possibilité de délibérer et de décider eux-mêmes de leur avenir et de celui de l’Europe.

Après les quatre questions que nous avons posées en octobre dernier sur la finance, nous soumettons aujourd’hui aux candidats trois nouvelles questions (ci-jointes) qui portent sur la démocratie en France et en Europe, et auxquelles nous souhaitons obtenir des réponses avant le 15 mars.

Six candidats nous ont déjà répondu en octobre sur la finance, nous espérons qu’ils répondront sur la démocratie. Nicolas Sarkozy nous avait alors répondu ne pas être encore candidat: il peut désormais répondre sans obstacle à l’ensemble de nos questions. Il en est de même pour François Hollande, qui n’avait pas souhaité préciser ses projets sur la régulation de la finance.

Après les élections, au cas où le nouveau président élu et sa majorité décideraient de ratifier le Pacte sans consulter le peuple, Attac proposera au mouvement social l’organisation d’un référendum d’initiative citoyenne ou d’une votation citoyenne, en France et en Europe, pour imposer un véritable débat démocratique sur le Pacte budgétaire.

Attac France,

Paris le 16 février 2012 

Etonnant, non ? Pour ma part, je pressens que les urnes vont bientôt prendre la rue... N'oubliez jamais !

Publié par Frédéric Maurin à 21:41pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #Union européenne

19 Juin 2012

HK et les saltimbanks ne lâcheront rien

...et les autres non plus. Ils seront à la Fête du Travailleur Alpin 2012 : réservez ces 30 juin, 1er et 2 juillet...il y a des bilans à faire et des perspectives à ouvrir.

Le programme est ici : Travailleur Alpin

 

Pressentie également, dans cet océan d'Humanité, la présence de quelques diffuseurs de Fakir...ce qui ne gâche rien.

Affiche Fête du Travailleur Alpin 2012

 

 

Les Colporteurs de Rêves  Anakronic Electro Orchestra

    DJ Tagada                 Logo Front de Gauche



SAMEDI 30 juin 2012

Zicatinta  HK & Les Saltimbanks    LOFOFORA        On ne lache rien !

Vendredi 29 juin

18h00     Les Colporteurs de rêve.
Lauréats des Trophées de Savoie 2011 le théâtre, le conte, la musique et la magie se rejoignent sur les chemins de l’imaginaire dans une ambiance conviviale et festive.
20h30     BulliTT  Groupe lauréat des tremplins du TA .
21h30      Anakronic Electro Orkestra.

Le groupe est composé de 4 musiciens. Il explore la réactualisation du répertoire traditionnel klezmer, réarrangé en abstract hip hop, en dub, en drum & bass, en éléctro. Tout en gardant l’esprit de la tradition klezmer, le groupe Anakronic Electro Orkestra crée et joue des compositions originales avec ferveur et talent. la musique klezmer et les démons des Carpates se parent de sonorités pour un bal populaire survolté et surréaliste. Entre autres le groupe a partagé la scène avec Emir Kusturica, a découvrir absolument.
23h00     DJ Tagada.

La révolution du Dance Floor à coups de Montagnes Russes, Fanfares des Balkans, Gypsy Punk, Electro Tzigane, Hip Hop Klezmer, Balkan Ragga anes all Stars Les Vieilles Charrues, Sziget Festival (Budapest), Mudd Club (Berlin), Apllo (Barcelone), La Favela Chic (Londres), Balkan Trafik Festival (Bruxelles), BalkanXpress (Cologne), Exit festival (Novi Sad - Serbie), Rock'Oz Arènes (Avanches – Suisse), Miller’s Club (Londres), Balkanstylee (Munich),, Moonfest (Marrakesh), La Notte Del Dialogo (Palerme),..... et bientôt la fête du Travailleur alpin ! 


Samedi 30juin

18h00    Les colpoteurs de rêves.
Déambulatoire ,musiques et chansons du monde.
19h00    Zicatinta.
Combo de musiciens grenoblois issus d'autres groupes,Ils se sont nourris de multiples influences musicales, du funk au raggamuffin, du reggae au métal, du latino au rock. Cette « fiestarock » aux couleurs du Sud, généreuse et ouverte sur le monde est emmenée par son chanteur latino et sa section cuivres, soutenus par une guitare et une rythmique de feu ne demande qu’à faire la fête,nous serons au rendez vous pour répondre à leur invitation.
20h00    José & The Wastemen Groupe lauréat Les Tremplins du TA .
21h30    HK & Les Saltimbanks .
Accompagné par une bande de «Saltimbanks» aussi talentueux que déjantés, HK & Les Saltimbanks proposent une musique nomade aux influences venues d'Afrique, d'Europe, des Amériques. Des chansons teintées de Blues, de Chaâbi, de Hip-Hop et de reggae. Une musique faite pour chanter et danser, mais aussi pour se lever et avancer.Ils écument les grandes scènes comme celles organisées pour les grandes causes de justice et humaines. Avec HK & les Saltimbanks à la fête du Travailleur Alpin on ne lâchera rien…pour le meilleur.
23h00    LOFOFORA.
Une vraie référence, un groupe culte. Lofofora, vétéran de la scène métal française mais toujours prêt à combattre, est devenu grâce à son métal incisif, tant par la musique que les paroles, le parrain de beaucoup de groupes français. Respecté c'est le moins que l'on puise dire, un des premiers groupes présent sur Sriracha ils le sont toujours, 10 ans à arpenter les salles de France, des scènes les plus imposantes aux salles intimistes, Lofofora aime son public et transpire la bonne vibration.

 

Dimanche 1 er juillet

15H 00    Spectacle ,les Colpoteurs de Rêves
"Chemin partagé"., à partir de 2 ou 3 ans... théâtre, musique, arts du cirque.
17h30    Keonda.
19h00    Scoubigroove.

Publié par Frédéric Maurin à 21:17pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

14 Juin 2012

Le 23 juin avec le CAC: ne payons pas leurs dettes !

Ne pas payer leur crise.

Cela devrait aller de soi mais, quelles que soient les qualités que l'on prête au nouveau gouvernement, cela va être difficile sans "mobilisation citoyenne" imposant ses exigences (mobilisation au sens de 1936, pas les gazouillis de 2012).

D'autant plus difficile qu'on n'aura pas répondu clairement à cette question : Sortir de l'Euro pour sortir de la crise ?

Le 23 juin les collectifs d'audit citoyen de la dette se réunissent.

Malgré, et avec, les doutes sur la démarche exprimés ici : Audit de la dette: la force du rapport ou le rapport de force ?   - leurs outils, disponibles sous cette vidéo éclairante sont incontournables.

Profitez-en, c'est gratuit...mais pas sans intérêts.

 

Samedi 23 juin se tiendront à Paris les assises des collectifs d’audit citoyen de la dette publique.

En perspective, une grande journée d’échanges, d’information et de mobilisation : une matinée de discussion entre collectifs locaux sur les initiatives à venir, une après-midi de débats et un grand meeting européen à 18h à la rotonde de Stalingrad. Vous êtes tous invités, venez nombreux ! 

  •  Samedi 23 juin 2012, programme des assises : 

Grand apéritif / meeting à la rotonde de Stalingrad à 18h : « Contre l’austérité en Europe, solidarité avec le peuple grec ! » avec prises de paroles de syndicalistes, personnalités, militants grecs et français engagés contre l’austérité (dont Frédéric Lordon, Stathis Kouvelakis, Pierre Khalfa, Aurélie Trouvé, Christophe Alévèque,…). Ce meeting conclura les assises du collectif pour un audit citoyen de la dette publique.

Auparavant deux tables rondes se dérouleront de 13h30 à 17h, dans la grande salle Eugène Hénaff de la Bourse du Travail (29 boulevard du Temple, métro république) :

  •  La crise européenne (avec les Économistes atterrés Benjamin Coriat, Henri Sterdyniak et Esther Jeffers)

  • Les perspectives de l’audit citoyen (Christiane Marty, Damien Millet, Thomas Coutrot).

Le matin (de 9h à 12h environ), les collectifs locaux se réuniront à la Bourse du travail (29 boulevard du Temple) pour faire le point sur la mobilisation et discuter des perspectives : tribunal européen de la dette fin 2012, suites de l’audit des collectivités locales, travail d’expertise citoyenne, mobilisation contre le Pacte budgétaire, actions de solidarité européenne…

Pour en savoir plus : http://www.audit-citoyen.org/?p=2668
Le tract est disponible en PDF en cliquant ici 

  • Lettre ouverte à MM. Moscovici et Migaud : « Pour un véritable audit de la dette et des finances publiques ! »

Depuis octobre 2011, des milliers de citoyens, de nombreuses associations et organisations du mouvement social ont engagé et soutenu la démarche du Collectif pour un audit citoyen de la dette (CAC) dans le cadre d’une mobilisation à l’échelle nationale et sur l’ensemble des territoires. Nous demandons à être reçus par M. Moscovici et M. Migaud pour discuter de notre demande.

Pour en savoir plus : http://www.audit-citoyen.org/?p=2697

  • Non au Pacte budgétaire !

Après la réussite de la mobilisation à Francfort à la mi-mai, les collectifs locaux d’audit citoyen ont procédé à une interpellation des candidats aux législatives sur la question, entre autres, du Pacte budgétaire et de l’audit des finances locales dans une quinzaine de départements.

Consultez les interpellations : http://www.audit-citoyen.org/?cat=78

  •  L’audit citoyen dans le Monde diplomatique 

Le numéro de juin du Monde diplomatique revient sur la dynamique des collectifs locaux d’audit citoyen. Le texte est disponible sur le site de l’audit citoyen. L’article a été présenté à l’émission de là-bas si j’y suis du lundi 11 juin, que vous pouvez réécouter en cliquant ici.

L’article du Monde diplomatique : http://www.audit-citoyen.org/?p=2687

  •  Un réseau international des audits citoyens de la dette : ICAN

Suite à la rencontre des collectifs européens et nord-africains pour un audit citoyen, un réseau international ICAN- pour International Citizen debt Audit Network – a été mis en place. Une déclaration a été publiée : « pour des actions coordonnées autour des élections grecques et une grande mobilisation euro-méditerranéenne en automne 2012 ! »

La déclaration : http://www.audit-citoyen.org/?p=2694

  •  Un kit de mobilisation  

Pour les collectifs locaux et les citoyens engagés dans la campagne pour un audit citoyen, le collectif propose une sélection de documents pour s’informer, expliquer et mobiliser sur le thème de la dette publique et du nouveau traité européen.

Le kit de mobilisation : http://www.audit-citoyen.org/?p=2392

  • Un documentaire sur la dette et l’audit citoyen

Regroupement de créateurs et de techniciens de toutes disciplines artistiques, la coopérative DHR (Direction Humaine des Ressources) compte parmi les signataires de l’ « Appel pour un audit citoyen de la dette ».  Cette coopérative produit un documentaire sur la dette avec pour objectif une sortie en salles dès l’automne prochain. DHR lance une souscription pour mobiliser des moyens supplémentaires pour le mener à terme. Il vous est possible de contribuer à sa réalisation en effectuant un don à DHR (Direction Humaine des Ressources).

Pour en savoir plus : http://www.audit-citoyen.org/?p=2171

Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez adresser un message à gro.r-h-d@evitarepooc. 

***

Merci de nous avoir lu ! Pour plus d’information, rendez-vous sur : http://www.audit-citoyen.org

...et on y lit également cela, extrait de leur excellent "Kit de mobilisation" (...en attendant le retour des grandes marées grévistes)

Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique cherche à explorer, développer et expliquer les enjeux révélés par la crise actuelle. Avec une certitude : il existe des solutions progressistes à la crise de la dette, il faut lutter contre la résignation, les imposer dans le débat public (disponible en 4 pages A4 PDF). 

Il nous faut dans un premier temps dénoncer la supercherie du discours dominant sur la dette, qui voudrait nous faire croire qu’il n’y a pas d’alternative à promettre «le sang et les larmes» aux peuples… pour mieux assurer les profits des banques.

«La dette est la conséquence d’une explosion des dépenses publiques» «Nous vivons au-dessus de nos moyens» «Il faut rassurer les marchés financiers» «Il faut imposer la règle d’or, il faut imposer l’austérité…» Vraiment ?

Ce document a vocation à prendre à contre-pied ces idées reçues, rabachées à longueur de temps dans les radios et télévisions. C’est aussi une invitation à discuter de ces enjeux ensemble, dans les villes, quartiers, villages, pour changer la donne dans le combat d’idées !

  • Idée reçue 1 : « La dette est la conséquence d’une explosion des dépenses publiques ! »

 « On vit au-dessus de nos moyens… » On nous rabâche, dans les médias dominants, que la cause principale des déficits publics, et donc de la dette, serait l’explosion des dépenses publiques ces dernières années.

C’est faux. La part des dépenses publiques dans leur ensemble (budget de l’État, des collectivités territoriales, des administrations de sécurité sociale qui rassemblent les hôpitaux publics et l’ensemble des régimes de sécurité sociale) est globalement stable depuis plusieurs années. Elle a même diminué par rapport à son point le plus haut atteint en 1993 avec 55 % du PIB, alors qu’en 2007, elle ne représente plus que 52,3 % du PIB. Cependant, la structure de ces dépenses publiques a évolué [1].

La crise de la dette qui touche de nombreux pays européens dont la France n’est donc pas provoquée par un changement de comportement des gouvernements qui seraient devenus trop dépensiers par rapport à leur comportement antérieur. Il n’y a pas eu d’explosion des dépenses ! Pour comprendre le creusement des déficits publics, il y a d’autres explications : le manque de recettes fiscales, ou la crise financière de 2007-2008.

  • Idée reçue 2 : « La France n’est plus capable de financer son train de vie, nous vivons au-dessus de nos moyens »

La France serait sur le déclin. Plus capable de financer son modèle de protection sociale, elle devrait tourner le dos aux années de facilité. Il n’y aurait pas d’alternative, et il faudrait accepter le sang et les larmes.

C’est faux ! La richesse produite par l’économie française n’a cessé d’augmenter, il est tout à fait possible de financer les dépenses publiques. Par contre, depuis plusieurs dizaines d’années, les réformes fiscales des gouvernements, de gauche comme de droite, n’ont pas cessé de priver le budget public de ressources à travers la multiplication des cadeaux fiscaux aux plus riches et aux grandes entreprises.

Les recettes de l’Etat représentaient 15,1 % du PIB en 2009 contre 22,5 % en 1982 [2]. Cette situation est reconnue officiellement [3]. L’idée selon laquelle on n’aurait plus les moyens de financer les dépenses publiques est donc un mensonge qui permet de justifier la mise en place de politiques fiscales injustes socialement et inefficaces économiquement.

Les modalités de ce financement doivent être au centre des débats démocratiques. Il faut dénoncer l’imposition de l’austérité généralisée et les coupes brutales dans les écoles, les hôpitaux, les tribunaux, et la remise en cause généralisée modèle social issu du Conseil national de la résistance sous le prétexte qu’il n’y aurait pas d’alternative… Il faut une contre-révolution fiscale en Europe !

Contrairement aux fausses idées véhiculées par les prétendus « experts » du discours dominant, c’est la baisse des recettes et non l’explosion des dépenses qui est responsable des déficits. Derrière cette évolution, il y a une cause profonde, structurelle : c’est la mainmise des marchés financiers sur nos économies !

  • Idée reçue 3 : « Ce sont les Etats qui sont responsables de la crise de la dette, les marchés financiers n’y sont pour rien ! »

Selon les rapports de la Commission européenne, la crise de la dette serait due à des déséquilibres structurels qui préexistaient à la crise de 2007 : dépenses publiques trop importantes, faible « compétitivité » des services publics… Ces arguments sont largement repris dans le débat public.

Ils font l’impasse sur un aspect essentiel de la crise de la dette : il est clair que la crise financière déclenchée en 2007 aux Etats-Unis a été un facteur décisif de l’endettement des Etats. Avec en première ligne, la dérégulation financière, qui n’a toujours pas été remise en cause…

La crise financière a frappé de plein fouet les banques européennes, qui s’étaient largement impliquées dans la spéculation sur les produits toxiques (crédits « Subprimes »). La crise de confiance qui s’en est suivie a nécessité l’intervention des gouvernements pour éviter une crise du système bancaire. Ces plans de sauvetage, sous forme d’emprunts à des taux faibles, ont permis d’éviter une grave crise systémique, sans toutefois imposer de contreparties aux banques.

Aujourd’hui, les banques ont en grande partie remboursé ces emprunts. Mais l’ardoise de la crise financière n’est pas lavée pour autant… Car les Etats ont dû s’endetter pour accorder ces prêts. L’endettement public, mesuré et exprimé comme un pourcentage du PIB a nettement progressé dans toutes les économies développées depuis la crise financière de 2008.

La récession, en plus des cadeaux fiscaux du gouvernement, a creusé les recettes et a nécessité des investissements publics. Le déficit a ainsi augmenté de 78 milliards d’euros, soit environ 4 points de PIB, entre 2007 et 2008 ! Dans toute l’Europe, la crise provoque des effets similaires : en moyenne les déficits publics ont progressé de 6 points de PIB.

La crise financière a débouché sur la crise de la dette en Europe. La crise financière n’a même pas abouti à une remise en cause de la dérégulation financière. Cette absence de réponse a permis la spéculation sur les dettes publiques qui a aggravé la crise. Oui, la crise financière et le fonctionnement dévoyé des marchés financiers sont bien à l’origine de la crise de la dette. Prenons-en acte : désarmons les marchés !

  • Idée reçue 4 : Il n’y a pas d’autre choix que de « rassurer les marchés financiers »

On nous explique qu’il n’y a pas d’alternative. Ce sont les marchés financiers qui décident, puisque ce sont eux qui ont les clés de l’économie. Il faut donc faire acte de « réalisme » et se soumettre aux exigences des financiers, qui souhaitent que l’Etat fonctionne comme une entreprise et ne se soucie surtout pas de redistribuer les richesses.

Pour « rassurer les marchés », il faudrait à la fois réduire les dépenses publiques, et réduire les impôts sur les grandes entreprises et les plus riches pour favoriser la « compétitivité » et les investissements, et cela s’imposerait comme une loi de la nature.

C’est (bien évidemment) faux ! Ce que l’on voudrait faire passer pour une loi de la nature est le résultat d’un rapport de force qui est aujourd’hui très favorable aux multinationales, aux banques et aux fonds d’investissements. Il est pourtant possible de le renverser !

En effet, ce sont les gouvernements européens qui ont choisi de se lier les poings en interdisant toute restriction aux mouvements de capitaux entre Etats membres (article 63 du Traité de Lisbonne), et en acceptant de se financer uniquement sur les marchés financiers (depuis le Traité de Maastricht), sous prétexte de « rigueur » budgétaire.

En France, ces mesures ont constitué un net recul par rapport aux conditions dans lesquelles la Banque de France pouvait, dans le cadre des lois de 1936, 1945, 1973, racheter les bons du Trésor détenus par les banques sur le marché secondaire (pratique appelée open market), après autorisation du Parlement. Les lois bancaires de 1984 et 1986 ont par ailleurs aggravé la mainmise des marchés en mettant en œuvre la dérégulation financière (fin de la séparation des banques de dépôts et des banques d’affaires, ouverture du marché monétaire aux agents non bancaires, par exemple les compagnies d’assurances et autres institutions financières…).

Mais ce que les gouvernements ont fait, dans le sillon de la contre-révolution néolibérale, il est possible de le défaire ! Il faut désarmer les marchés en imposant des régulations drastiques au secteur financier et bancaire. Interdire la spéculation, taxer les transactions financières, séparer les banques d’investissement et les banques de détail, démanteler des banques trop grosses, donc trop dangereuses…

Il faut d’autre part se redonner les moyens d’un financement public et démocratique de l’économie, permettre la relance d’une économie qui ne soit pas tournée vers la croissanceaveugle, mais vers les services publics et les biens communs pour une prospérité de qualité. Et pour cela permettre aux gouvernements d’emprunter en dehors des marchés auprès de leurs banques centrales, en même temps qu’on engagerait une réforme fiscale radicale, afin de s’émanciper de la tutelle destructrice des marchés !

Le rôle de la crise financière et des marchés financiers sont très largement éludés dans les débats publics. A la place, on veut imposer l’austérité pour « rassurer les marchés ». Avec ces politiques, non seulement on ne s’attaque pas au problème, mais on aggrave la situation !

 
  • Idée reçue 5 : « Il faut imposer « zéro déficit » comme règle d’or des finances publiques. »

Cette solution serait frappée par le sceau du bon sens : s’il n’y a pas de déficit, il ne peut y avoir constitution d’une dette. On pourrait donc se sortir de la crise de la dette en étant un peu plus « discipliné », « rigoureux », en dépensant moins.

C’est à la fois faux et très dangereux ! « Zéro déficit », cela signifie que les investissements de long terme seront financés par les recettes courantes ; cette règle entraîne l’impossibilité, de fait, d’investir pour l’avenir, alors même que la nécessité d’amorcer la transition écologique va demander des investissements massifs. Or ces investissements seront utilisés des décennies durant par plusieurs générations, ce qui justifie le recours à l’endettement.

Les gouvernements prétendent que les investissements privés prendront le relais, si l’on privatise davantage, si l’on flexibilise le marché du travail, si l’on privilégie la fiscalité sur la consommation plutôt que sur les grandes entreprises. Mais ces mesures d’austérité vont accentuer la récession, et en l’absence de régulation, les sommes dégagées serviront de manière préférentielle à la spéculation.

L’Etat doit au contraire se donner les moyens d’intervenir dans l’économie, et parfois accepter d’être en déficit. La crise de 1929, que l’on évoque souvent, a été terrible et durable parce que les gouvernements ne sont pas intervenus pour soutenir l’activité économique.

Depuis cette crise, on sait qu’il est essentiel que l’Etat intervienne lorsque les entreprises diminuent leurs investissements et que la consommation des ménages se restreint. Sinon la récession s’installe et s’accroit, provoquant des fortes hausses du chômage et de la pauvreté. Si l’on ajoute par-dessus le marché des coupes budgétaires on obtient le cercle vicieux de l’austérité : austérité, récession, déficits, dette, austérité…Ce « zéro déficit » rend à nouveau possible des récessions aux conséquences inimaginables.

  • Idée reçue 6 : « Pour nous sortir de la dette, il faut serrer les boulons, prendre des mesures « douloureuses » et réduire les dépenses. »

La « discipline budgétaire » est présentée par les gouvernements et les « experts » de la finance comme la seule solution pour sortir de la crise de la dette. Mais qu’est-ce qui se cache derrière le terme « politique d’austérité » ?

Il s’agit d’un programme global de réformes économiques, qui comprend des coupes dans les dépenses publiques (dans la fonction publique, dans les services publics, dans les allocations et la protection sociales, notamment les retraites), mais aussi des privatisations des biens publics, des attaques contre les droits sociaux, et notamment le droit du travail, et des réformes fiscales qui touchent principalement les classes populaires et moyennes.

L’austérité n’est pas douloureuse pour tout le monde… La crise est instrumentalisée pour approfondir le programme néolibéral, fondamentalement injuste : pendant que les peuples grecs et portugais paient le prix fort de la crise, les banques européennes et entreprises du CAC40 n’ont jamais dégagé autant de bénéfices !

Ces politiques ne sont pas seulement injustes. Elles sont aussi économiquement absurdes. La recherche maniaque de « compétitivité » entraîne l’Europe dans une surenchère de baisse des revenus, de coupes dans la protection sociale, un dumping social qui entraîne la récession, puis de nouveaux déficits, accentués pas les coups de boutoir dans la fiscalité directe.

L’austérité est un cercle vicieux, une spirale destructrice qui a déjà entraîné la Grèce dans un chaos économique et social sans précédent. Injuste, elle représente un programme de consolidation des intérêts des plus riches et des marchés financiers. La dette justifie la braderie des droits sociaux, et une véritable gabegie généralisée qui doit cesser. Il faut mettre un terme aux politiques d’austérité, imposer des annulations partielles de dette aux créanciers privés, et rendre possible les conditions d’une relance publique de l’économie.Que retenir?

Plusieurs constats clairs :

  • Les déficits ne sont pas dus à une augmentation irresponsable des dépenses publiques, mais bien aux cadeaux fiscaux qui se sont multipliés pour les riches et les grandes entreprises.

  • La cause structurelle de la crise de la dette, c’est la mainmise des marchés sur l’économie, et la crise financière a été une source de déficits supplémentaires.

  • L’austérité, la rigueur budgétaire mène l’Europe dans le gouffre. Il faut rompre avec le cercle destructeur de l’austérité, et mettre en place les conditions d’un financement public et démocratique de l’économie.

Le discours dominant tente d’éluder ces trois aspects centraux de la crise de la dette, pour asséner des contrevérités, et promouvoir comme solution unique les politiques d’austérité?: refusons les discours culpabilisateurs, et mobilisons-nous contre l’austérité injuste et absurde !

N’oublions pas que la crise de la dette renvoie à des enjeux européens : c’est aussi  une crise de fonction­nement de la zone euro. C’est pourquoi le collectif se mobilise contre le Pacte budgétaire. Il faut changer les règles de la zone euro, pour débarasser l’Europe de la mainmise des marchés financiers.

A l’heure où le pacte budgétaire s’apprête à imposer une véritable camisole budgétaire à l’ensemble des pays européens, une vraie rupture au plan européen est plus que jamais nécessaire pour sortir de la crise de la dette.

Notes

[1] Les dépenses générales de l’État (la défense, l’enseignement, la recherche, la Justice…) ont fortement diminué. Leur part est passée de 25,5 % du PIB en 1993 à un peu moins de 20 % en 2008. Les dépenses des administrations de Sécurité sociale ont continué à augmenter, en raison de l’augmentation des besoins sociaux, les progrès des techniques médicales ou les spéculations des laboratoires qui rendent les protocoles de soin plus coûteux.

Les dépenses des collectivités territoriales ont elles aussi augmenté, à cause des transferts de responsabilités (bâtiments scolaires, réseau routier, logements sociaux, gestion du RMI/RSA…) dont l’Etat s’est déchargé, sans associer à ces transferts les financements nécessaire. C’est ainsi que l’austérité se « diffuse » à l’échelle locale.

[2] Les impôts progressifs ont vu leur part dans les recettes fiscales diminuer : l’impôt sur le revenu est devenu de moins en moins progressif, passant de 13 tranches à 5 entre 1986 et aujourd’hui, et son taux marginal de 65 % à 41 %. Sous l’ère Sarkozy les droits de succession ont été largement allégés, et le rendement de l’ISF a été fortement amoindri après la suppression du bouclier fiscal en 2011. Les revenus financiers continuent à bénéficier de faibles taux d’imposition. Il faut ajouter à cela les quelques 500 niches fiscales dont le coût total est estimé à 145 milliards d’euros pour 2010. L’impôt sur les sociétés a vu son taux passer de 45 % en 1989 à 33 % actuellement. Depuis trente ans, les cadeaux fiscaux, à travers des méthodes d’« optimisation fiscale », profitent davantage aux multinationales qu’aux PME. Si bien que les petites entreprises paient le taux plein, alors que les plus grandes paient des taux limités à 8%, et même inférieurs !

[3] En avril 2010, dans un Rapport sur la situation des finances publiques pour le gouvernement, J.-P. Cotis et P. Champsaur, respectivement directeur et ancien directeur de l’INSEE, notent que « si la législation était restée celle de 1999, (…) la dette publique serait environ 20 points de PIB plus faible aujourd’hui » (p 13). Le rapport d’information pour le débat d’orientation budgétaire du député UMP G. Carrez (juillet 2010) montre qu’en l’absence des cadeaux fiscaux, le budget de l’État aurait connu un léger excédent de 2006 à 2008, et le déficit n’aurait été que de 3,3 % au lieu de 7,5 % en 2009.

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Rappel des membres éminents du CAC :

Publié par Frédéric Maurin à 22:04pm - Voir le commentaire ()
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11 Juin 2012

Football: spécial Euro 2012

Bon. Ces législatives auront été marquées par l'enracinement du Front National et l'échec du Front de Gauche...alors on cause foot pour faire diversion? 

Non.

J'ai la faiblesse de penser qu'il ne peut y avoir d'expression démocratique libre sans médias libérés.

Et justement ce petit détour sportif montre parfaitement l'état de servitude -volontaire- des médias :

 

 

 

Qu'on se comprenne bien : il ne s'agit pas de dire que telle ou telle pratique sportive dicte tel ou tel comportement électoral.

Mais de constater le pouvoir qu'ont un quarteron de rédactions de dicter les idées dominantes qui sont, comme disait Karl, "les idées de la classe dominante". Ce qu'il font du football - et ce qu'ils font au football-  ils le font dans tous les autres domaines (info économiques, politiques,sociales...).

Cela produit des cerveaux disponibles, aptes à avaler n'importe quoi, et pas seulement du Coca Cola :

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Cela crée aussi les conditions de vagues "roses, bleues ou brunes".

Mais jamais rouges ? Je laisse la question ouverte.

Il faut sortir les sports des griffes du quatuor « sponsors-publicitaires-starisation-marchandisation »...et taire la petite musique du culte de la performance inutile

En un mot, vive le sport libre et que crève le sport libéral.

En attendant, retournons à nos (médias) moutons: 

"De même que les prestidigitateurs attirent l'attention sur autre chose que sur ce qu'ils font, le fait divers "fait diversion". L'évocation du fait divers attire l'attention du public sur des faits qui sont certes de nature à intéresser tout le monde mais "sur un mode tel qu'ils ne touchent à rien d'important"...  Si on emploie des minutes si précieuses pour dire des choses si futiles c'est que ces choses futiles sont en fait très importantes dans le mesure[...où elles se substituent] aux informations pertinentes que devrait posséder le citoyen "lambda" pour exercer ses droits démocratiques". 

Extrait de La télévision comme espace de représentation viciée (Pierre Bourdieu) à lire ici :

http://www.philophil.com/philosophie/representation/Analyse/bourdieu_television.htm

 Pour aller plus loin dans la question tant sportive que médiatique, laissez tomber et faites confiance à des pros:


Acrimed | Action Critique Médias

Euro de football, Tour de France, Jeux Olympiques : le printemps et l’été sont et seront sportifs… dans les médias. Il existe une critique sociale du sport qui le met globalement en question. Notre ambition est plus modeste : mettre en question la médiatisation du sport et, en particulier, les contraintes que font peser sur le journalisme sportif la marchandisation effrénée du spectacle sportif.

« Mercredi d’Acrimed » :

« Journaliste de sport marchand de spectacle ? »

Mercredi 20 juin 2012 à 19 heures à la Bourse du travail de Paris

3, rue du Château-d’Eau, Paris 10e

Avec Alain Vernon, journaliste à France 2 et David Garcia, journaliste indépendant.

En guise de présentation :

Comment les enquêtes des journalistes sportifs ou leurs commentaires des compétitions pourraient-ils ne pas subir les conséquences de la concurrence commerciale entre les chaînes pour l’acquisition des droits de retransmission ? Comment les journalistes pourraient-ils exercer leur métier quand ils sont incités en permanence à vendre un spectacle (dont leur chaîne a acquis les droits et risque de les perdre) ? Les organisateurs de compétitions sportives disposent de puissants moyens de chantage et les publicitaires de puissants moyens de pression. Les rédactions des services des sports sont-elles en mesure de leur résister ? Le font-elles ? Et à quel prix ? Ou bien, pour complaire aux contraintes cumulées des organisateurs, des publicitaires, de la concurrence et de l’audience, ces rédactions ont-elles renoncé, dans la réalisation des retransmissions, dans la mise en scène des compétitions et dans leurs commentaires, à répondre aux exigences minimales du journalisme. Et lesquelles ? Peut-on encore distinguer le sport – qu’il s’agisse de ses acteurs ou de ses spectateurs – de l’idéologie sportive qui, sous couvert de promouvoir une activité, propage les effets délétères de sa marchandisation ?

www.acrimed.org/

Je clos donc ce chapître sportif par quelques autres heureux évènements...


Les médias mentent 3 par mattlouf


Voila.

Si vous êtes sages, je vous parlerai demain du tweet de Valérie Trierweler et de la psychologie de Ségolène Royal. En moins de 140 caractères.   

Bonne nuit malgré tout.  

Publié par Frédéric Maurin à 21:58pm - Voir le commentaire ()
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11 Juin 2012

Front National : Gilbert Collard est-il un arriviste ?

Bonne question.

Pour la réponse, je ne vais pas trop me fatiguer (ce soir,j'ai : Football: spécial Euro 2012 ! ), je me contenterai de reproduire sa fiche Wikipédia.

Je ramasse les copies dans 5 minutes...bonne lecture

Gilbert Collard grandit au sein d’une famille bourgeoise. Né d’une mère héritière et d’un père notaire maurrassien, ami de Léon Daudet1 et membre des Camelots du Roi, il vit son enfance au château de la Madone, le domaine familial à proximité de Marseille, ainsi qu’à l’hôtel Métropole à Châtel-Guyon où est enterré un grand-père. Il fait ses études dès l'âge de 8 ans à l'Institution Sainte-Marie, à La Seyne-sur-Mer, puis à la faculté de droit d'Aix-en-Provence. 

Franc-maçon depuis la fin des années 1960 en étant d'abord initié dans l'atelier marseillais des Vieux Amis de la GLDF (fréquentée par son père), il rejoint ensuite la GLNF3.

Il adhère dès sa jeunesse au Parti Socialiste1. En 1981, il entre au comité de soutien de François Mitterrand pour sa candidature à l'élection présidentielle4.

En 1988, il figure dans le clip de campagne de Pierre Boussel (candidat du Mouvement pour un parti des travailleurs) pour l'élection présidentielle5.

En 1990, il est exclu du MRAP en même temps qu'il en démissionne, suite à son annonce de la défense de Bernard Notin dans un procès pour négationnisme, alors qu'il était membre du Secrétariat national du mouvement6. La même année, il soutient l’organisation des « Premières Assises en Défense de l’Immigration », montées par le CNDTI (Comité national pour la défense des travailleurs immigrés), et dénonce le "vocabulaire microbien" de Jean-Marie Le Pen5.

En 1992, il quitte le Parti Socialiste lors de l'entrée au gouvernement de Bernard Tapie (nda : il n'y avait pas de place pour deux arrivistes?). L'année suivante, il devient le président du comité de soutien à Hervé Fabre-Aubrespy, adversaire RPR de Bernard Tapie aux élections législatives dans la dixième circonscription des Bouches du Rhône7.

Alors qu'il avait déclaré au Midi Libre en 1997 : « Je veux bien courtiser la politique, mais pas coucher avec elle », il est candidat à la mairie de Vichy (nda : pourquoi tu te marres, là ?) en 2001, se disant investi par Démocratie libérale, le Parti Radical Valoisien PR et le RPF 8. Il est battu par Claude Malhuret (maire sortant disposant de l'investiture Démocratie Libérale (dont il est secrétaire national) -PR-RPR-UDF) et Gérard Charasse, de 350 voix ; mais il est élu au conseil municipal, où il choisit finalement de ne pas siéger9 pendant les sept années de son mandat.

En 2005, il déclare à France Soir être "radical et chiraquien" et "rejeter les extrêmes"1.

A nouveau candidat à Vichy sous l'étiquette Nouveau Centre lors des élections municipales de 20085, il arrive troisième. Il ne se maintient pas au second tour et appelle à voter pour la liste conduite par Gérard Charasse(PRG), qu'il avait qualifié de « vrai baudet à mandats » lors de la campagne de 20018

Proche de Marine Le Pen depuis la défense de sa mère Pierrette Le Pen pour son divorce avec Jean-Marie Le Pen1, il préside son comité de soutien depuis 2011, et se déclare « mariniste » et favorable au principe de la préférence nationale  défendue par le Front National, en mai 201110.

Il annonce sa candidature aux élections législatives dans la deuxième circonscription du Gard le 15 janvier 201211.

Bon, vous avez la réponse ?

Je sais, c'est tellement gros qu'on croirait que c'est bidonné.

Hé Gilbert, pour le procès, la source c'est ici :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Gilbert_Collard 

          ...mais pour tout le reste, on continue :

Législatives 2012 : n'oubliez pas l'UMP !

A quoi sert le Front National?

Le changement, c'est maintenant


 

Publié par Frédéric Maurin à 19:51pm - Voir le commentaire ()
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6 Juin 2012

Sauvons le climat...avec le scénario Negatep ?

Après une séquence chaude et malodorante ( Front National : le poisson pourrit par la tête ), quoi de plus normal que de penser au réchauffement climatique et à la nécessaire sortie des énergies carbonées?

On a déploré ici même  Hollande - Sarkozy : le débat n'a pas eu lieu ! l'absence de débat digne de ce nom durant la campagne électorale, notamment dans un entre-deux-tours consacré à l'agitation des épouvantails.

Il n'est jamais trop tard pour - essayer de - bien faire.  

Plusieurs scénarii s'opposent autour du nucléaire :

- pour la sortie avec le scénario avec le scénario Négawatt http://www.negawatt.org/

- pour le maintien de la part du nucléaire dans la production d'électricité, cette dernière devant croître pour compenser la décrue de consommation de pétrole-gaz. C'est le scénatio Négatep de l'association Sauvons le Climat.Qui ambitionne aussi de Diviser par quatre les rejets de CO2 dus à l’énergie : le scénario Negatep 2010

 http://www.sauvonsleclimat.org

Un détail savoureux du petit coin d'où j'écris : le président d'honneur de Sauvons le climat, physicien de son état, est candidat aux législatives avec ...un météorologue pour suppléant.

Source : http://nifmrc.blog.free.fr/

2e CIRCONSCRIPTON DE L'ISERE

Titulaire : Hervé Nifenecker (MRC), 76 ans

Ancien élève de l’école Polytechnique, Docteur ès Sciences, Physicien des particules retraité, Président d’honneur et fondateur d’une association nationale de lutte contre le réchauffement climatique , Président d’une  association locale de diffusion de la culture scientifique, membre du bureau d’une association pour le développement des Transports Publics.

herve.nifenecker@mrc38.com

Suppléant : Claude  Sergent (MRC), 68 ans

Diplômé de l'Ecole Nationale de la Météorologie, licencié ès sciences physiques, Ingénieur Divisionnaire des Travaux à Météo-France retraité, Conseiller Municipal Délégué, Président d'un collectif de Solidarité Internationale.

 

Pourquoi je suis candidat ?

Source : http://www.mrc38.com/

Nifenecker 

Chers amis,


Je m'adresse à vous avec qui j'ai partagé des actions concernant le climat, l'énergie, la diffusion de la culture scientifique ou(et) le soutien aux transports publics. Vous êtes informés ou allez l'être de ma candidature aux élections législatives qui doivent se tenir en Juin. Je suis candidat dans la deuxième circonscription de l'Isère au nom de Mouvement Républicain Citoyen de Jean Pierre Chevènement.

 Je veux préciser ici le sens de ma candidature. Compte tenu de la modestie des moyens humains et matériels du MRC et de mon manque total d'expérience politique, les chances pour que je sois présent au second tour sont infimes. Ma candidature est donc, essentiellement, une candidature de témoignage.

Scientifique, sans être scientiste, j'observe avec inquiétude le progrès des idéologies antiscientifiques en France. Une entreprise de décrédibilisation de l'expertise scientifique est à l’œuvre avec la caution des médias. Or, le fonctionnement même de la démocratie exige que les citoyens aient confiance dans les systèmes d'expertises. Il n'est pas question ici d'affirmer une quelconque infaillibilité des experts mais de refuser les constants procès en malhonnêteté qui leur sont faits. On donne la préférence à un militant de Greenpeace ou de « Sortir du Nucléaire » sur les spécialistes les plus éminents. Pour être cru il suffit de se déclarer «indépendant ». Une multitude de « Commissions Indépendantes » prennent le pas sur les Académies Scientifiques.

Or nous avons, plus que jamais, besoin de la science et de la technologie pour relever les défis du siècle : comment nourrir 9 à 10 milliards d'habitants , comment limiter le réchauffement climatique, comment préserver la biodiversité et les équilibres écologiques, comment nous passer du pétrole et du gaz etc.

Le mouvement « anti-science » maîtrise la technique consistant à  utiliser politiquement les peurs que l'on crée ou entretient soi-même : peur des OGM, du nucléaire, des nanotechnologies, des traces de pesticides, qui, s'ajoutant aux peurs des épidémies, aux peurs économiques, font des Français un des peuples les plus angoissés du monde, alors que toutes ces « agressions » ne les empêchent pas d'être l'un de ceux jouissant de la plus longue espérance de vie. Au lieu de voir les nouvelles possibilités offertes par les OGM ou les nanotechnologies ont ne retient que leurs risques éventuels. Même dans les organismes scientifiques il est devenu beaucoup plus facile d'obtenir des crédits pour étudier des risques que pour développer de nouvelles technologies.

 L'inscription du principe de précaution dans la Constitution est d'autant plus nocive que ce principe devient un principe d'immobilisme aussi bien qu'un principe du parapluie : si on ne fait rien on est assuré de ne pas avoir d'ennui avec la justice.

Devant cette inquiétante situation les grands partis politiques ont une attitude ambiguë si ce n'est complice. L'accord Verts-PS en est l'illustration comme le fut l'organisation du Grenelle, remarquable par l'éviction des Académies Scientifiques et des Sociétés Savantes ainsi que par le sacrifice des OGM sur l'autel de l'antiscience. Les déclarations de Jean Luc Mélanchon sur la sortie du nucléaire qui serait remplacé par la géothermie ne sont guère rassurantes, pas plus que sa position sur les OGM.

 A ma connaissance, seuls Jean Pierre Chevènement et les membres du MRC ont constamment affirmé leur soutien à la démarche scientifique et leur refus catégorique des idéologies anti-science. Ils ont soutenu le nucléaire civil en France comme la liberté de recherche sur les OGM et les nanotechnologies. C'est pourquoi, lorsque mes camarades du MRC m'ont demandé de me présenter aux élections législatives j'ai répondu présent.

Au cas probable où je ne serais pas présent au second tour, mon premier souci sera de soutenir un candidat de gauche, la gauche étant ma famille de pensée depuis que j'ai cru comprendre les enjeux de la politique. Si, comme il est possible, les deux candidats arrivés en tête dans la 2ème circonscription de l'Isère étaient de gauche j'appellerai à voter pour celui qui m'apparaîtrait le plus proche de mes analyses sur les sujets scientifiques et techniques, et aussi sur les enjeux locaux comme les transports publics, l'environnement et la culture scientifique.

Publié par Frédéric Maurin à 21:42pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

6 Juin 2012

Front National : le poisson pourrit par la tête

photos, humour, poésie, Luciole, tags, Paris

...ou le poison qui pourrit les têtes?

Bon le titre est facile et même un peu réchauffé

Notez bien, à ma décharge, que pour doper l'audience, j'aurais pu faire plus vendeur, avec, tenez pourquoi pas, des photos de Le Pen en Une.

Eh oui, souvenez-vous, c'était bien avant Carla Bruni.

Les Le Pen avaient, déjà, un temps d'avance en matière de médiocrité.

De vrais précurseurs...

Front National : le poisson pourrit par la tête

Publié par Frédéric Maurin à 08:04am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #front national , #le pen , #extrême-droite

4 Juin 2012

Sortir de l'Euro pour sortir de la crise ?

Sortir de l'Euro : le problème ou la solution ?

Dans l'article ci-dessus, on lisait cela : "Les classes dirigeantes européennes sont en train de changer de stratégie vis-à-vis de la Grèce. Jusqu’à présent, les oligarques européens avaient insisté sur le fait que la sortie de la zone euro était impensable, impossible, que la question ne se posait même pas. Maintenant, pour la première fois, ils disent que c’est envisageable, car une sortie de la Grèce de la zone euro poserait moins de problèmes qu’auparavant. Les milieux d’affaires, les banques en particulier, se préparent depuis des mois à l’explosion de la zone euro."

Mais il faut être précis.

Le danger, c'est de laisser au Front National le monopole de la sortie de l'Euro...  Votez Le Pen...

Car cette hypothèse n'est pas exclue par "l'oligarchie".

Et l'oligarchie penche plutôt à droite (voulez un dessin? Le voilà : A quoi sert le Front National?  )

Donc, une sortie de la Grèce de la zone euro (par la porte à gauche) est parfaitement possible, elle est souhaitable, et donnerait un mode d’emploi aux autres pays :

extrait de http://www.m-pep.org/

10 mesures pour y parvenir

Sortir de la zone euro n’est pas un but en soi et ne règlera pas par miracle tous les problèmes économiques et sociaux des pays qui en font partie. Si, dans cette perspective, la sortie de la zone euro n’est pas une condition suffisante, elle est en revanche une condition absolument impérative pour mener de véritables politiques de gauche. Les pays qui sortiront de la zone euro devront agir vite, fort, de manière systémique. C’est tout un système qu’il faut démanteler, c’est donc un autre système qui doit voir le jour.

 1.- Annuler les plans d’austérité

Dans tous les pays de la zone euro, à des degrés divers, les plans d’austérité ont concerné les salaires, les retraites, la restriction des budgets publics pour des activités d’intérêt général comme la justice, l’Éducation, l’hôpital public, l’assurance-chômage, les minimas sociaux… L’annulation et non l’aménagement de toutes ces mesures d’austérité est déjà l’objectif clairement annoncé de nombreuses luttes sociales. C’est donc à leur prolongement, en leur donnant une perspective politique, et à cette condition seulement, que des gouvernements qui se prétendraient de gauche, partout en Europe, pourraient agir de façon optimale. Ils disposeraient d’un large soutien de la population et de sa mobilisation active. En outre, l’expérience en témoigne, l’austérité ne fait qu’aggraver la crise et menacer la démocratie.

L’annulation des plans d’austérité est-elle compatible avec les politiques de l’Union européenne qui mettent l’accent, au contraire, sur l’austérité, au prétexte d’importantes dettes publiques ? L’annulation des plans d’austérité est-elle compatible avec le maintien dans la zone euro ? L’annulation des plans d’austérité, par une majorité parlementaire qui aurait le mandat obtenu des urnes, quel que soit le pays, aurait pour conséquence, dans le cadre actuel, une augmentation du déficit budgétaire et de la dette publique du pays en question. Des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande n’ont déjà plus accès aux marchés financiers et sont depuis des mois sous perfusion des fonds de l’Union européenne (des autres États membres) et du FMI. Ils risqueraient de voir ces fonds bloqués. Privés d’euros, s’ils veulent toujours annuler les plans d’austérité, les gouvernements de ces pays n’auront pas d’autre choix que de sortir de la zone euro. Il y a donc incompatibilité totale entre le maintien dans la zone euro et l’abandon de l’austérité, il y a incompatibilité totale entre dynamisme économique et maintien dans la zone euro.

 2.- Supprimer le chômage et la précarité

Un gouvernement soucieux du bien-être de la population voudra répondre à la préoccupation principale qu’elle exprime : le chômage et la précarité. Les conditions économiques propices au développement de l’emploi marchand doivent être créées, un droit opposable à l’emploi doit constituer le filet de sécurité qui ne laissera personne sur le bord de la route.

Pour que des emplois soient créés dans le secteur marchand (ou secteur privé des entreprises), dans l’agriculture, l’industrie et les services, il faut que des marchés existent. Les biens et services, pour être produits, doivent correspondre à une demande des consommateurs que les entreprises vont anticiper. Une fois produits, les biens et services doivent alors trouver preneurs, les anticipations des entreprises seront ainsi confirmées dans la vente au consommateur. Mais pour acheter les biens et services produits, les consommateurs ont besoin de revenus. En Grèce et dans les autres pays de la zone euro les revenus ont été écrasés par les politiques d’austérité. Salaires et emplois sont donc liés. L’emploi créé l’emploi, et le chômage crée le chômage.

Il faut donc commencer à créer les conditions d’un niveau satisfaisant des salaires dans la société. C’est la première condition à réunir pour supprimer le chômage et la précarité. Les carnets de commandes des agriculteurs, commerçants, artisans, petits entrepreneurs se rempliront alors, suscitant du coup des créations d’emplois pour répondre à la demande. Ce dont souffrent certaines entreprises, c’est du chômage ! Il limite leurs débouchés. En augmentant les salaires, on augmente les débouchés des entreprises.

Un gouvernement dispose de nombreux instruments pour pousser les salaires à la hausse : salaire minimum, loi d’augmentation des salaires si les syndicats et le patronat ne parviennent pas à conclure des accords interprofessionnels, salaires des fonctionnaires, allocations diverses (chômage, handicap…), échelle mobile des salaires et des prix, création d’emplois publics...

Le niveau de l’emploi dans le secteur marchand dépend également de la parité de change entre les monnaies. La surévaluation de l’euro, comme c’est le cas pour des pays comme la Grèce ou la France, réduit les capacités d’exportations et facilite la pénétration du marché intérieur par des produits importés. Le retour aux monnaies nationales, s’accompagnant de mesures protectionnistes, permettra la relance des exportations et la diminution des importations. La surévaluation de l’euro présente un autre inconvénient qui est d’encourager les délocalisations. Ces dernières, par la loi, devront être interdites, les relocalisations organisées.

Le droit opposable à l’emploi

Le droit opposable à l’emploi signifie que celui qui n’a pas d’emploi peut s’opposer à l’État en faisant gratuitement appel auprès des tribunaux. L’État sera alors condamné à proposer des emplois au plaignant. Il permet à tout citoyen privé d’emploi de s’en voir proposer un sans délai, conforme à ses souhaits et à ses compétences. La notion de droit opposable, et particulièrement de droit opposable à l’emploi, remet en cause les principes mêmes du capitalisme. Elle pose en effet le problème de la finalité de l’économie et propose une réponse progressiste et internationaliste. Avec des droits opposables qu’il faut financer, l’économie est remise à sa place qui est de produire des richesses permettant de répondre aux besoins de la population, dans le respect de l’environnement. On produira biens et services pour permettre l’application du droit au logement, aux soins, à l’éducation, à la culture, à une alimentation saine, etc. C’est l’orientation générale de l’économie qui est changée, le mode de production lui-même sera profondément transformé. Le droit opposable à l’emploi est universel, il peut s’appliquer dans n’importe quel pays.

Comment financer le droit opposable à l’emploi ? Depuis une trentaine d’années, dans tous les pays industrialisés, la révolution conservatrice (souvent menée par des dirigeants politiques socio-démocrates) a eu pour but d’opérer un détournement massif des revenus du travail vers le capital. Il faut donc inverser la tendance. En France, en trente ans, la rémunération du capital a pris au travail (masse des salaires et des cotisations sociales) près de 10% du PIB, soit environ 200 milliards d’euros chaque année (en 2011). C’est-à-dire largement de quoi financer 4 millions de salaires au coût moyen chargé annuel de 40 000 euros.

Ces emplois seront créés principalement dans le secteur non-marchand (fonctions publiques d’État, hospitalière, territoriale ; associations ; syndicats ; mutuelles ; entreprises et groupements de fait à but non lucratif...), car il s’agit d’abord de répondre aux besoins des populations. Imposer des embauches obligatoires dans le secteur marchand (privé) ne semble pas réaliste. Pour embaucher du personnel, en effet, l’employeur privé doit avoir un marché auquel répondre par l’embauche. Quand ce marché n’existe pas, comment faire ? Subventionner sur fonds publics le secteur privé ? Cette option n’a pas été choisie. Le droit opposable à l’emploi règlera à court terme la question particulière de l’emploi des jeunes.

En revanche, il faudra prendre garde à ne pas renouveler l’expérience malheureuse de la relance organisée par la gauche française en 1981-1982 après la victoire de François Mitterrand en mai 1981. À l’époque, l’augmentation du pouvoir d’achat avait suscité une vague d’importations déséquilibrant gravement la balance française des paiements, situation utilisée pour justifier ensuite les plans de rigueur décidés par le Parti socialiste qui opérait à cette occasion son tournant néolibéral. Tout l’intérêt des créations d’emplois, des augmentations de salaires et des revenus de transfert serait annulé par ces importations, d’autant que la situation de la France, en 2012, est déjà fortement dégradée dans ce domaine. Fin 2010, le déficit de la balance des paiements française était de 51,4 milliards d’euros. Pour la Grèce le déficit était de 32 milliards.

Il faut donc lier la suppression du chômage et de la précarité, l’augmentation des salaires et des revenus de transfert (allocations publiques et pensions diverses) à la stratégie de reconstruction de l’ordre commercial international à partir de la Charte de La Havane de 1948 (voir point suivant).

 3.- Des mesures protectionnistes dans le cadre internationaliste de la Charte de La Havane de 1948

Protectionnisme : problème ou solution ?

Vive la Charte de la Havane !

Le libre-échange, qui est l’un des principaux piliers du néolibéralisme, nous est imposé comme une vérité révélée, sans alternative possible. On peut cependant constater que l’augmentation du commerce international, censée résulter de la suppression des barrières douanières et de l’intensification de la concurrence, ne favorise pas la croissance économique. Et encore moins une croissance économique fondée sur le respect des travailleurs et de l’environnement. De plus, le libre-échange avec les pays en développement, par conséquent entre pays de niveau économique très différent, n’a pour résultat que de bloquer l’évolution des plus faibles et de les placer sous la domination des plus riches. C’est le cas de la Grèce.

Par exemple, interdire à certains pays de disposer d’écluses commerciales, c’est-à-dire d’avoir recours à des mesures protectionnistes est criminel. Cela revient à détruire la production agricole locale, l’artisanat et la petite industrie. C’est nourrir l’immigration. Et c’est fournir la matière première aux forces nationalistes, racistes, xénophobes, d’extrême droite.

Un projet de système de commerce international se donnant pour perspective le développement de tous les pays et non la conquête de nouveaux marchés a existé avec la Charte de La Havane de 1948. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il avait été prévu de créer une Organisation internationale du commerce (OIC) sur la base de cette charte, mais elle n’a malheureusement jamais vu le jour. Pourtant cette charte avait été signée par 53 pays. Le Sénat américain, qui venait de changer de majorité, a refusé de ratifier le texte. La Charte de La Havane de 1948 contient un ensemble de principes et de procédures susceptibles d’assurer un fonctionnement raisonnable du commerce international, en le sortant du libre-échange. Son article 1, qui détermine ses buts, dit clairement qu’il s’agit « d’atteindre les objectifs fixés par la Charte des Nations Unies, particulièrement le relèvement des niveaux de vie, le plein emploi et les conditions de progrès et de développement  ». L’article 2 précise que « la prévention du chômage et du sous-emploi est une condition nécessaire pour […] le développement des échanges internationaux et par conséquent pour assurer le bien-être de tous les autres pays  ». Dans l’article 3, le principe de l’équilibre de la balance des paiements est le plus important : « aucun pays, à long terme, ne peut fonctionner avec une balance déficitaire ». Le texte précise que « les États membres chercheront à éviter les mesures qui auraient pour effet de mettre en difficulté la balance des paiements des autres pays  », c’est-à-dire la « conquête » de parts de marché chez les autres. Et l’article 21 détaille « les restrictions  » au commerce destinées à « protéger la balance des paiements  », strictement encadrées par l’OIC.

La Charte de La Havane de 1948 autorise donc à avoir recours à des mesures protectionnistes. Elles sont le moyen de rééquilibrer les balances des paiements. Leur objectif n’est pas d’inverser la situation des pays concernés, c’est-à-dire de les faire passer d’une position déficitaire à une position excédentaire. Grâce à ce principe d’équilibre de la balance des paiements, le commerce international devient un lieu de coopération et non d’affrontement.

Les mesures protectionnistes à prendre ne seront pas globales mais sélectives. Sur le plan pratique et opérationnel, un gouvernement qui voudra vraiment sortir de l’ordre néolibéral s’adressera à tous les pays de l’Union européenne et au-delà. Il leur parlera de la Charte de La Havane de 1948 comme le cadre, à mettre à jour, d’un nouvel ordre possible pour le commerce international. Il proposera qu’une conférence se tienne dès que possible, en dehors de l’OMC. Parallèlement, il demandera l’organisation d’un sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne pour remettre tout à plat dans le domaine du commerce international. Mais il ne faut pas se faire d’illusions sur les débouchés d’un tel sommet. Conjointement à ces initiatives multilatérales, ce gouvernement devra proposer individuellement aux 153 pays membres de l’OMC – et à ceux qui n’y sont pas comme la Russie – de conclure des accords bilatéraux avec la France pour réorganiser, entre eux, selon les principes de la Charte de La Havane, leurs échanges commerciaux. Quel que soit le solde de la balance des paiements du pays concerné (déficitaire ou excédentaire), un plan progressif sur 5, 10 ou 15 ans de retour à l’équilibre sera négocié. Des mesures protectionnistes seront prises de manière unilatérale par les pays qui voudront s’engager dans cette voie internationaliste à l’encontre de ceux des pays qui choisiront de rester dans le cadre de la guerre commerciale qu’est le libre-échange.

Le libre-échange se poursuivra donc avec les pays qui auront refusé de s’engager dans ces accords bilatéraux de retour à l’équilibre. Il n’y a aucune raison de baisser la garde vis-à-vis de ceux qui refusent la coopération. Il ne faudra donc pas renoncer à gagner des parts de marché dans ces pays. Avec ces mesures protectionnistes, les entreprises ne pourront pas dire que l’augmentation des salaires les a handicapé sur le plan de la concurrence internationale. Au contraire, elles auront trouvé de nouveaux marchés en développant la consommation intérieure et en coopérant le plan international.

Les mesures protectionnistes prises dans la perspective de la Charte de La Havane de 1948 permettront de mettre un terme à la concurrence internationale entre les travailleurs. Elles permettront aussi la diminution des transports qui ralentira les émissions de gaz à effet de serre. En contrepartie, certains secteurs exportateurs français devront s’attendre progressivement à de probables diminutions d’activité. Les pays s’engageant dans la refonte du commerce international, ne peuvent à la fois revendiquer un nouvel ordre commercial mondial fondé sur l’équilibre des balances des paiements, et continuer à accumuler des excédents dans certains secteurs, sauf si ces excédents compensent des déficits dans d’autres secteurs. Les travailleurs des branches concernées ne pourront comprendre et accepter cette situation qu’à la condition d’avoir un filet de sécurité. C’est ce que permet, précisément, le droit opposable à l’emploi (voir plus haut).

Le cas de la Grèce

La balance commerciale de la Grèce connaît un énorme déficit : 32 milliards d’euros en 2010. La Grèce – comme la France – consomme plus qu’elle ne produit. Elle vit à crédit et dans ces conditions son déficit global ne peut que se creuser. Ce pays doit se donner les moyens de produire ce dont il a besoin. La recherche d’accords bilatéraux de coopération commerciale lui est donc vitale.

Prenons l’exemple des relations commerciales entre la France et la Grèce. En 2010, la France a exporté pour 2,7 milliards d’euros, et n’a importé que pour 0,6 milliard d’euros. La France possède donc un excédent de 2,1 milliards sur la Grèce et 1,9 milliard en 2011, contribuant à enfoncer ce pays. Un accord commercial bilatéral entre nos deux pays doit permettre d’établir un équilibre : soit en ralentissant les exportations françaises vers la Grèce ; soit en augmentant les importations grecques en France ; soit par une combinaison des deux.

La France exporte de la viande de boucherie, des produits pharmaceutiques, des produits de raffinage, des parfums, des moteurs et turbines, des produits sidérurgiques et aéronautiques, des céréales. Pour chacun de ces produits, l’accord bilatéral de coopération commerciale entre la France et la Grèce devra comporter des modalités pour aider la Grèce à conduire une politique de substitution aux importations.

Celle-ci devra concerner, d’abord, l’agriculture (3,3% du PIB et 12% de la population active en 2010). Paradoxalement, pays agricole, la Grèce est un importateur net de produits alimentaires. Cette situation n’est pas acceptable.

Les services, essentiellement la marine marchande et le tourisme, mais aussi le petit commerce, représentent 78,9% du PIB (68% de la population active). La dévaluation de la drachme favorisera l’afflux de touristes en Grèce. L’effet sera immédiat sur le petit et moyen commerce qui bénéficiera aussi de la hausse du pouvoir d’achat de la population.

Il reste l’industrie et la construction qui représentent 17,9% du PIB et 20% de la population active. La substitution aux importations devra porter sur :

  • Les médicaments.

  • L’industrie navale.

  • Les véhicules.

  • Les pioches, pics, houes, binettes, râteaux et racloirs.

  • Les machines pour le travail des métaux.

En menant cette politique, la Grèce s’en sortira.

 4.- Annuler la dette publique, annoncer le défaut de paiement et restructurer la dette

L’exemple grec, pour notre démonstration, peut être étendu à tous les autres pays de la zone euro, dont la France. En mai 2012, la Grèce se trouve placée dans une situation similaire à celle qu’elle a connu en mai 2010. Le 19 mai 2010, la Grèce devait rembourser un emprunt obligataire à 10 ans de 8,5 milliards d’euros. Mais le pays ne possédait pas les fonds nécessaires et risquait d’être contraint d’annoncer le défaut. Pour l’éviter, un gigantesque plan de « soutien » a été décidé les 9 et 10 mai 2010 par les pays membres de l’Union européenne, la Commission européenne et le Fonds monétaire international (110 milliards d’euros). En contrepartie, ces deux institutions ont exigé des conditionnalités : une austérité généralisée pour que le maximum de richesses produites dans le pays aille aux remboursements des banques créditrices.

Annoncer un défaut est un acte politique extrêmement fort, et l’on comprend que des gouvernements hésitent à prendre des mesures aussi radicales sortant des chemins balisés du néolibéralisme. Les conséquences, en effet, sont importantes.

Premièrement, les marchés financiers, les forces politiques de droite et même une partie de la gauche, le grand patronat, la Commission européenne, les gouvernements de l’Union, le FMI, les grands médias, hurleront à la mort contre une telle décision. Ils menaceront, feront pression, lanceront des campagnes d’intimidation et d’affolement de la population comme on l’observe une nouvelle fois en mai 2012… Face à une telle tempête, un gouvernement de gauche devra se préparer et conserver son sang froid, garder le cap et s’assurer à tout moment du soutien du peuple. Toutes ces questions doivent être étudiées avant une éventuelle victoire électorale pour préparer les citoyens, une fois la victoire acquise, à faire front. Les forces de gauche doivent être préparées longtemps à l’avance à un défaut qui rend inéluctable la sortie de la zone euro, pour ne pas être prises au dépourvu et contraintes à l’improvisation.

Un défaut a une seconde conséquence : l’exclusion de fait des marchés financiers, c’est-à-dire la perte de la faculté de leur emprunter. C’est logique et c’était d’ailleurs déjà le cas fin 2010 pour la Grèce qui ne peut plus emprunter sur les marchés financiers depuis cette date. On ne voit pas pourquoi les créanciers (banques…) continueraient à prêter encore de l’argent à un État qui ne les rembourse pas.

Une fois le défaut annoncé, les paiements d’intérêts et les remboursements du capital interrompus, un gouvernement qui prendrait cette décision devrait engager le processus de restructuration de sa dette.

Un dispositif de gestion du stock de la dette publique (les emprunts déjà émis qui restent à rembourser) et des flux de dettes à venir (les futurs emprunts) devra être mis en place. Un gouvernement de gauche doit prendre l’engagement de rembourser les petits porteurs qui ont prêté de l’argent à l’État en lui achetant des obligations. Beaucoup de personnes modestes ou des classes moyennes, dans un pays comme la France mais aussi ailleurs, achètent des obligations d’État car elles sont un bon placement, normalement sans risque, dont l’usage est « moral » puisque réputé servir l’intérêt général. Pourquoi les pénaliser en ne les remboursant pas ? Pourquoi en faire les adversaires d’un gouvernement de gauche alors que ce dernier est censé, au contraire, représenter leurs intérêts ? En même temps, parmi les personnes physiques détentrices d’obligations d’État, comment identifier les personnes modestes et des classes moyennes qu’il faut rembourser intégralement et celles qui ont d’importants portefeuilles d’obligations pour lesquelles le remboursement ne devra pas être automatique ? Pour y voir clair, le remboursement du capital prêté à l’État par ces ménages peut se faire sur présentation de l’avis d’imposition. Les personnes peu ou moyennement imposables (ou non imposables) seraient totalement remboursées. Les personnes situées dans la tranche marginale de l’impôt sur le revenu verraient leurs remboursements réduits ou même supprimés dans certains cas selon un barème à déterminer. La situation des personnes physiques doit donc être examinée au cas par cas dans le cadre d’une politique de réduction des inégalités.

En revanche, les personnes morales comme les Hedge Funds, les banques, les fonds de pension et autres fonds qui détiennent des obligations d’État, pourront voir leurs remboursements réduits, reportés dans le temps ou même annulés, selon leur rôle dans la spéculation. Même chose pour le versement des intérêts annuels qui, de toute façon, seront annulés ou fortement réduits.

Bien évidemment, ces remboursements du capital et paiements des intérêts se feront en monnaie nationale (drachme, francs, etc.) et non en euros. On pourra se demander pourquoi rembourser les investisseurs institutionnels et autres personnes morales – pour celles qui le seront - en monnaies nationales puisque ces monnaies ne seront pas convertibles (voir plus loin). Que vont-ils en faire ? Ils devront acheter des biens et services produits dans les pays concernés pour les aider à rétablir leur balance des paiements. Précisons que ces remboursements peuvent être effectués par la banque centrale, au moyen de la création monétaire.

L’impossibilité d’emprunter aux marchés financiers conduira les pays qui font défaut à recourir à trois types de mesures pour garantir la continuité du financement de la trésorerie de l’État et des investissements publics : s’appuyer sur leur épargne nationale ; imposer aux banques et compagnies d’assurance l’achat obligatoire de titres d’État ; recourir aux avances sans intérêt et parfois non remboursables de leur banque centrale. Tout ceci, bien évidemment, est rigoureusement impossible dans le cadre de l’euro et de l’Union européenne (voir plus loin).

  •  5.- Reprendre en main la politique monétaire

Pour parvenir à mettre en œuvre une politique d’abandon de l’austérité, de plein-emploi, de redémarrage des services publics, de reconstruction de la protection sociale et de mutation écologique du mode de production, le contrôle de la banque centrale par le gouvernement est indispensable. Les nouveaux gouvernements auront besoin de s’attaquer au cœur du système et de reprendre en main la politique monétaire en redonnant à la banque centrale les pouvoirs que les représentants des classes dirigeantes lui avaient ôtés. La nationalisation complète des banques et du secteur financier, ainsi que des compagnies d’assurance, sera engagée, complétant le dispositif de remise en ordre de l’économie et de démantèlement des marchés financiers.

Dans le système capitaliste, la monnaie est à l’économie ce que le sang est au corps humain. On appelle politique monétaire les mesures prises par les banques centrales concernant les conditions du financement de l’économie : niveau des taux d’intérêt (le loyer de l’argent), création de nouvelles quantités de monnaie, parités de change avec les autres monnaies, prêts gratuits à l’État, avances remboursables ou non, achats de titres d’État à un faible taux d’intérêt, contrôle du système bancaire et financier, financement direct d’organisations productives ou de services, gestion d’un fonds de réserve pour les changes, préteur en dernier ressort…

Pour s’assurer que le capitalisme disposera des moyens de son financement et préservera la rentabilité du capital en bloquant l’inflation quelles que soient les gouvernements, les banques centrales ont été rendues indépendantes du pouvoir politique à partir de la révolution conservatrice néolibérale du tournant des années 1970 et 1980. Elles ont alors été confiées à des mains sûres : des agents des marchés financiers. Les politiciens de droite, avec l’accord enthousiaste de nombreux socio-démocrates, ont verrouillé le système monétaire pour qu’il ne serve qu’aux intérêts des marchés financiers. C’est la raison de la création de la Banque centrale européenne. On ne peut mieux dire que le prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, pour dénoncer l’indépendance des banques centrales : « la banque centrale indépendante se voit donner un mandat pour servir un certain groupe d’intérêts. Il s’agit d’une sorte de verrouillage, soit par Constitution, soit par traité. [par exemple le traité de Lisbonne] On cadenasse certaines politiques économiques pour servir les intérêts de quelques groupes au détriment d’autres  » (Le Monde, 27 février 2004).

Aucune véritable politique de gauche ne sera possible si la Banque centrale européenne reste dans les mains des représentants des marchés financiers. Des lois devront être votées dans chaque pays pour mettre fin à l’indépendance de la banque centrale et leur donner un statut d’autonomie. Renoncer à l’indépendance des banques centrales ne signifie pas pour autant les rendre totalement dépendantes du gouvernement. Car celui-ci pourrait avoir tendance à laisser filer la création monétaire au-delà de ce qui est nécessaire.

Les pays qui quitteront la zone euro pourront alors retrouver le monopole de la création de leur monnaie, soustraire cette activité essentielle des griffes des banques privées, et finalement recouvrer leur indépendance et leur souveraineté monétaires. Pour compléter le dispositif, il faudra faire abroger, en France et ses équivalents dans les autres pays, la loi de 1973 qui a obligé la Banque de France a abandonner son monopole de création monétaire (scripturale) en le transférant aux banques privées. Deux outils de politique monétaire devront être réactivés : l’encadrement du crédit et la sélectivité du crédit.

L’encadrement du crédit

Il consiste, pour un gouvernement, à déterminer le volume de crédits que les banques devront distribuer, en d’en confier le contrôle à la banque centrale. C’est un dispositif très simple, très efficace et aux effets immédiats, qui permet d’éviter la politique d’argent cher et la restriction du crédit aux agents économiques. Chaque banque se voit allouer une enveloppe de crédits, les parts de marché sont ainsi gelées, la concurrence entre les banques change de nature. La course au gigantisme et à la rentabilité des fonds propres pour rémunérer les actionnaires, au détriment de la sécurité des fonds déposés par les épargnants et le financement de l’économie, sont stoppés net. Comme le seront aussi les opérations spéculatives à effet de levier. Ce système, supprimé en France en 1985 par le socialiste Pierre Bérégovoy, ministre des Finances, doit être rétabli et étendu à tous les pays qui sortiront de la zone euro.

Sélectivité du crédit

Jusqu’en 1986, avant que le même ministre des Finances Pierre Bérégovoy supprime cet instrument, le gouvernement français pouvait donner des instructions aux banques concernant le niveau des taux d’intérêt à accorder à tel ou tel secteur de l’économie (à partir d’une orientation définie par le Parlement). Les banques étaient ainsi le relai obligé des politiques publiques pour soutenir des branches économiques particulières en leur accordant des taux d’intérêt plus bas qu’aux autres. Parfois même ces taux d’intérêt étaient bonifiés.

Prenons l’exemple des délocalisations. Certaines entreprises privées s’endettent aujourd’hui pour placer leurs fonds ailleurs, notamment pour financer leur délocalisation. En France, en 2009, ce phénomène a représenté 150 milliards d’euros. L’encadrement du crédit et sa sélectivité empêcheront définitivement ces opérations sans aucune difficulté technique : c’est très simple à faire.

Prenons un second exemple, celui des prêts accordés par les banques aux Hedge Funds, aux opérations de LBO’s et de fusions et acquisitions. Toutes ces opérations ont pour point commun d’être uniquement à vocation spéculative, sans aucun rapport avec le développement harmonieux de l’économie. Les banques, complices de ces opérations par les prêts qu’elles leurs accordent, ne pourront plus agir en sens contraire de l’intérêt général. Ces prêts seront purement et simplement interdits, la pompe à finance sera arrêtée, les spéculateurs seront asphyxiés.

 6.- Nationaliser les banques et les compagnies d’assurance

Le rôle des banques est de financer l’économie. Elles le font de moins en moins, préférant spéculer. C’est pourquoi le financement de l’économie ne doit plus être confié au marché et qu’il faut nationaliser tout le système bancaire. Intégralement. Cela permettra aussi d’affaiblir les positions de la classe dirigeante. Les conditions optimales seront alors créées pour démanteler les marchés financiers, et non simplement les réguler.

Les banques et autres institutions financières ont pris beaucoup trop de poids dans l’économie et même dans la politique. Elles sont responsables de nombreuses crises à répétition qui secouent le monde depuis une trentaine d’années. Les banquiers gagnent trop d’argent, gavés notamment de bonus et de stock-options. Ils ne pensent plus qu’à leur enrichissement personnel et ruinent les déposants et les économies qu’ils sont censés financer. Imbus d’eux-mêmes, gonflés de leur suffisance, ils ont fait preuve d’une incompétence qui les disqualifie et incite à les renvoyer dans les agences de quartier pour en tenir les guichets.

Il faut le répéter, les banques ont un rôle de service public : garantir les dépôts des épargnants et non les ruiner, assurer le financement de l’économie et non l’assécher.

L’arrivée au pouvoir d’une coalition politique vraiment de gauche, ayant annoncé son intention de nationaliser les banques et les compagnies d’assurance, provoquera un mouvement de panique à la Bourse. Tout le monde voudra vendre les titres des banques et des compagnies d’assurance. C’est excellent ! C’est ce qu’il faut ! Le prix de ces titres s’écroulera. Ce sera le moment que devra choisir un fonds public d’intervention pour ramasser les titres de ces établissements au prix le plus bas possible. Les actionnaires des banques, coresponsables de la crise, seront ainsi justement sanctionnés. Par le marché lui-même ! Les salariés de ces entreprises victimes de la propagande qui les avait incités à acheter des actions de leur banque seront, quant à eux, remboursés. Pour acheter ces actions, la Banque de France donnera les fonds à l’État, par création monétaire, comme le fait la Banque centrale américaine. C’est tout simple.

 7.- Sortir de la zone euro, revenir à la monnaie nationale qui ne sera pas convertible

Dans un régime démocratique, le pouvoir de battre monnaie doit être confié aux élus du peuple. Car battre monnaie signifie la possibilité de définir une politique monétaire qui servira à financer la politique économique. Comment la gauche – quel que soit le pays - pourrait-elle accepter la dictature monétaire exercée actuellement par les marchés financiers qui, en rendant indépendante les Banques centrales des pouvoirs publics, les ont retirées des mains du peuple ? Refuser de sortir de la zone euro, c’est refuser de redonner le pouvoir monétaire au peuple. Est-ce une politique de gauche ?

La monnaie et la politique monétaire font partie d’un ensemble plus vaste qui est la politique économique. On trouve aussi, dans la politique économique générale, la politique fiscale, celle du commerce international, la politique industrielle, la politique budgétaire, etc. Une politique économique, dans toutes ses composantes, ne peut pas être neutre, c’est-à-dire ni de gauche ni de droite. Pour une raison très simple : toute politique économique a deux conséquences principales, l’une sur l’environnement et l’autre sur le partage des richesses. Les conséquences de la politique économique sur l’environnement dépendront des choix implicites ou explicites faits par un gouvernement, par exemple en matière de commerce international. Si l’un des objectifs de cette politique économique est de développer le commerce international, la conséquence immédiate sera la dégradation de l’environnement par l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. La seconde grande conséquence d’une politique économique concerne le partage de la richesse produite. Là aussi, de manière implicite ou explicite, il y a toujours un choix qui est fait entre le travail et le capital. Soit la politique économique va conduire à un encadrement raisonnable des revenus et de l’accumulation du capital pour favoriser le travail, soit elle se fixera une priorité inverse pour favoriser le capital.

On comprend, dès lors, que le partage d’une monnaie unique entre plusieurs pays doit résulter d’un accord profond sur la politique économique et le choix de société qu’elle traduit. Or, dès le départ, la zone euro a réuni des pays aux caractéristiques économiques et aux projets politiques très différents. Les écarts se sont ensuite creusés du fait des politiques menées qui ont été non seulement divergentes mais contradictoires. Ainsi les dirigeants allemands – d’abord les socio-démocrates alliés aux Verts, puis les conservateurs avec madame Merkel – ont mené la même politique économique visant la priorité aux exportations dans la zone euro et la déflation salariale. Ils ont déshabillé Pierre (les autres pays de la zone euro) pour habiller Paul (la classe dirigeante allemande).

Le premier pays qui sortira de la zone euro, provoquera, il faut l’espérer, un effet d’entraînement. Sur le plan politique, des partis, des syndicats, des mouvements divers pourront vérifier par l’expérience que cette première sortie de la zone euro n’a pas provoqué le déluge qui terrorisait certains (si cette sortie de la zone euro se fait par la gauche en appliquant les mesures proposées dans cette étude). Les pays concernés, revenus à l’air libre, pourront diminuer leur taux de chômage et faire repartir leur système de protection sociale en annulant toutes les directives européennes et lois nationales qui l’avaient démantelé. La gauche reprendra de la vigueur en Europe, les forces d’extrême droite reculeront. Des coalitions de la vraie gauche se formeront, pouvant devenir majoritaires face aux partis sociaux-démocrates, travaillistes et socialistes.

Le non-remboursement de leur dette publique privera les pays concernés, pour longtemps, de l’accès aux marchés financiers afin d’emprunter. Est-ce un mal ? Dès lors, comment trouver les fonds nécessaires au fonctionnement de la société ? Il n’existe, pour y parvenir, aucune véritable solution dans le cadre de la zone euro. Rompre avec les marchés financiers, comme on l’entend dire parfois à gauche, ne peut s’imaginer qu’en dehors du cadre de la zone euro, car cette monnaie est partie intégrante des marchés financiers et ne peut en être disjointe. Avec la monnaie unique et les traités européens, le financement des dépenses publiques hors marchés financiers est impossible.

Il est loin d’être certain que l’épargne nationale, selon les pays, soit suffisante pour répondre aux besoins de financement sans importations de capitaux. La Grèce, par exemple, est l’un des pays de l’UE ayant le taux d’épargne le plus faible (8% du PIB, contre 19% en 2008 pour la France). Pour un PIB de 239 milliards d’euros en 2008, l’épargne grecque représentait 19 milliards d’euros, alors qu’en 2010, la Grèce avait besoin d’emprunter 54 milliards d’euros. Par ailleurs, la dette publique étant de 133% du PIB à l’époque, soit 315 milliards d’euros pour un PIB de 237 milliards d’euros en 2009, il faudrait à ce pays 16 années pour rembourser sa dette (sans compter les intérêts !), à condition d’y consacrer chaque année la totalité de son épargne nationale. On voit que ni le financement des investissements par l’épargne nationale, ni le remboursement de la dette ne sont possibles en Grèce dans les années qui viennent. Il faut nécessairement de la création monétaire, ou alors l’austérité frappera ce pays pendant au moins vingt ou trente ans. C’est ce choix qui a été fait sans remord par le gouvernement « socialiste » grec, avec le soutien de l’Union européenne et du FMI.

En revanche, la situation est différente en France où le taux d’épargne était de 19% du PIB en 2008, soit 370 milliards d’euros pour un PIB de 1 950 milliards d’euros. Les emprunts d’État à moyen et long terme, en 2010, étaient estimés à 188 milliards d’euros. Quant à la dette publique, elle était à 78% du PIB fin 2009 (1 489 milliards d’euros). Ainsi, pour la rembourser à partir de la seule épargne nationale, il faudrait seulement 4 années à la France. Il ne s’agit là que d’un exemple pour montrer les véritables proportions du problème. Dans la réalité, toute l’épargne ne peut aller aux emprunts d’État, il faut qu’une partie de l’épargne soit disponible pour financer le logement, la production agricole et industrielle.

On peut conclure que les pays à faible taux d’épargne ont un intérêt encore plus marqué de sortir de la zone euro, alors que ceux disposant d’un certain niveau d’épargne ont des marges de manœuvres plus importantes.

Par la loi, le gouvernement grec ou n’importe quel autre gouvernement, peut imposer aux banques et compagnies d’assurances, y compris étrangères installées sur leur territoire, d’acheter un pourcentage convenu des émissions obligataires de l’État, à un taux d’intérêt très bas fixé par le gouvernement et non par le marché. Le marché secondaire sera fermé : les détenteurs de ces obligations ne pourront pas les vendre et devront les garder jusqu’à leur terme, sauf cas particulier. Elles joueront notamment le rôle de réserves obligatoires.

Organiser la conversion des euros en monnaie nationale le jour et l’heure convenus

Ceux qui ont vécu le passage des monnaies nationales à l’euro se rappelleront sans doute qu’il s’est très bien passé (sauf les augmentations des prix à la consommation). Il n’existe aucune raison pour que le mouvement inverse, le passage de l’euro aux monnaies nationales, se déroule mal. Les actions suivantes devront être engagées :

  • Les salaires et revenus de transfert seront versés en drachmes (ou en francs).

  • L’État paiera ses fournisseurs en drachmes (ou en francs).

  • Les dépôts bancaires seront convertis en drachmes (ou en francs).

  • Les titres seront valorisés en drachmes (ou en francs).

  • Les bilans des entreprises et des institutions financières seront immédiatement convertis en drachmes (ou en francs).

  • Les personnes physiques pourront convertir leurs euros en drachmes (ou en francs) dans les banques. Ces conversions seront l’occasion d’un examen de la situation fiscale des personnes physiques et morales, particulièrement dans les pays à faible organisation et pression fiscales. Le montant des sommes converties devra être en adéquation avec la profession des intéressés et leurs revenus déclarés, le chiffre d’affaires pour les entreprises…

  • L’euro sera interdit dans les transactions courantes. Il faudra préciser si une période de double monnaie est nécessaire pendant la phase de transition.

Il faut que la gauche fixe une perspective d’espoir. C’est la détermination et la précision avec lesquelles elle évoquera la nécessité de la sortie de la zone euro, comme première étape incontournable pour construire une autre Europe, qui peut dédramatiser, acclimater les esprits à cette idée, rendre cette orientation en quelque sorte banale, en dominer les différents aspects, qu’ils soient politiques, psychologiques, sociaux, médiatiques, financiers, monétaires, techniques…

Annoncer la non-convertibilité de la monnaie nationale

Une monnaie est dite convertible lorsqu’elle peut être achetée et vendue sans restriction contre une autre monnaie. C’est le libre-échange de la monnaie, sous-ensemble de la libre circulation des capitaux. Une monnaie peut être déclarée non convertible dans d’autres monnaies à la suite de décisions gouvernementales.

Les pays qui sortiront de la zone euro, du moins dans un premier temps, devront choisir la non convertibilité totale. Cela ne signifie pas empêcher le tourisme ou le commerce international comme une propagande grossière le laisse parfois entendre. Les résidents de ces pays voulant voyager à l’étranger pourront évidemment disposer des devises nécessaires, quel que soit le pays de leur destination. Même chose pour les touristes étrangers venant dans les pays qui ne seront plus dans la zone euro et qui pourront disposer des monnaies locales dont ils auront besoin, comme aujourd’hui lorsqu’on se rend par exemple en Angleterre. Même chose encore pour les entreprises des pays sortis de la zone euro qui voudront importer en payant dans la monnaie du pays exportateur, qui disposeront des devises nécessaires. En revanche, les opérations financières purement spéculatives seront privées de devises.

 8.- Contrôler les changes et les mouvements de capitaux

La France, pour ne prendre que cet exemple, a connu le contrôle des changes entre 1939 et 1967. Aucune devise étrangère ne pouvait être vendue ou achetée sans l’intermédiaire d’un fonds de stabilisation des changes géré par la Banque de France. Rétabli en 1968, il a été définitivement supprimé en 1989 alors que Pierre Bérégovoy (PS) était ministre des Finances, après avoir été assoupli à partir de 1984 quand le ministre des Finances était Jacques Delors (PS). Pendant les périodes de contrôle des changes, il n’y avait pas de crises… Il faut donc remettre en place le contrôle des changes et des mouvements de capitaux.

Le contrôle des changes est une décision prise par un gouvernement pour réglementer l’achat et la vente de monnaies étrangères par ses ressortissants (personnes physiques ou morales) et de sa monnaie nationale par des non-résidents. Lié à la non-conversion de la monnaie, le contrôle des changes consiste à autoriser une opération de change à condition qu’elle corresponde à une réalité économique (l’achat d’une machine, de marchandises, le tourisme…). Ces mesures répondent à plusieurs objectifs.

D’une part, il s’agit d’empêcher les achats excessifs de monnaies étrangères, essentiellement par les banques et institutions financières, qui peuvent contribuer à la dépréciation de la monnaie nationale et aggraver le déficit de la balance des paiements (si la monnaie est convertible). D’autre part, il s’agit d’entraver les importations de produits susceptibles de concurrencer l’industrie nationale, et de réserver les achats avec des devises étrangères au règlement des importations jugées les plus utiles et les plus urgentes (biens d’équipement, matières premières par exemple). Un tel objectif va dans le sens de la relocalisation des productions industrielles et agricoles. Enfin, cela sert à empêcher l’évasion des capitaux et des revenus taxables. Là encore, il ne s’agit en aucun cas de pénaliser les petits acheteurs de devises tels que les touristes, qui bénéficieront de quotas de devises largement suffisants pour leurs dépenses touristiques.

Aujourd’hui, l’immense majorité des achats de devises ne sert ni à acheter des biens et des services, ni à acheter des titres financiers, mais à acheter d’autres devises dans le but exclusif de spéculer.

 9.- Dévaluer

Dévaluer une monnaie signifie baisser la parité officielle de cette monnaie par rapport à une autre monnaie. Une fois sortis de la zone euro, les pays qui auront décidé de reprendre leur destin en main devront généralement dévaluer leur monnaie par rapport aux autres. C’est particulièrement vrai pour les pays connaissant un déficit commercial. La raison est très simple : les dirigeants allemands ont provoqué des déficits commerciaux chez leurs voisins. Pour revenir à l’équilibre commercial vis-à-vis de l’Allemagne, il faut favoriser les exportations des pays européens en Allemagne et décourager les importations allemandes dans ces pays. Même chose pour les exportations dans les zones dollar et yen, puisque l’euro était surévalué (fort).

L’intérêt pour la Grèce de la dévaluation de la drachme concerne surtout le tourisme. Actuellement, alors que la Turquie possède une monnaie qui connait régulièrement des dévaluations qui attirent les touristes, la Grèce est bloquée par l’euro. Les voyagistes évoquent d’ailleurs « la dévaluation constante de la livre » turque au point qu’il est illusoire d’en préciser le cours car elle peut baisser pendant le séjour.

En Argentine et en Russie, les dévaluations ont été de 60-70% après l’annonce de leur défaut de paiement. Mais il est vrai que la Grèce n’a pas les mêmes capacités d’exportation que ces deux pays. En Islande, trois ans après la crise, la croissance économique est repartie, les créations d’emplois se multiplient, l’émigration des jeunes a cessé, le commerce extérieur est redevenu positif. Il a fallu, pour y parvenir, dévaluer la monnaie de 50%. Pourquoi pas en Grèce, qui est un pays beaucoup plus grand que l’Islande ?

Des taux de change fixes

Un taux de change fixe signifie qu’il est constant par rapport à une monnaie de référence (principalement le dollar US ou l’euro), ou à un panier de monnaies, par décision de l’État qui émet cette monnaie. Le taux ne peut être modifié que par une dévaluation ou une réévaluation décidée par cet État.

Dans le cadre d’un taux de change fixe, un gouvernement peut décider de déprécier sa monnaie par rapport à une autre et de modifier le taux de change. La baisse de la valeur de la monnaie nationale provoque une hausse du prix des importations et une baisse du prix des exportations.

Le but serait de rééquilibrer les balances des paiements déficitaires, du fait, en particulier, de l’agressivité de la politique des dirigeants allemands et du choix de la BCE de l’euro fort. Le retour aux monnaies nationales implique un taux fixe (la monnaie nationale n’étant par ailleurs pas convertible).

Au moment de l’entrée de la Grèce dans l’euro, le taux de conversion était de 1 EUR = 340,750 GRD. Pour la France, le taux de conversion était de 1 EUR = 6,55957 FFR. Faut-il revenir à ces taux ? Ce serait compliquer les choses, provoquant, comme au passage à l’euro, une perte de repères de la population, favorable à l’augmentation des prix. Le plus simple serait de convertir 1 pour 1, c’est-à-dire 1 euro pour 1 franc et 1 euro pour 1 drachme.

 10.- Démanteler les marchés financiers

Il faut déclarer la guerre à la finance. Personne ne sera surpris si un gouvernement vraiment de gauche arrivant au pouvoir met en œuvre ce principe. Les nuisances de la finance dérégulée, depuis la fin des accords de Bretton Woods en 1971 qui ont mis un terme aux taux de change fixes, sont désormais suffisamment connues pour faire un bilan : il est négatif sur tous les plans. Nous n’en sommes plus à l’époque des interrogations et tergiversations sur le rôle de la finance de marché. Nous sommes au moment où il faut se débarrasser de la finance. On peut y parvenir aisément en démantelant les marchés financiers et en instaurant, pour y contribuer, le contrôle des changes et des mouvements de capitaux à partir d’initiatives nationales.

Un système financier est nécessaire à toute société. S’il est correctement conçu et organisé, il doit permettre aux agents économiques en surplus d’épargne (les ménages) de prêter aux agents économiques en besoin d’épargne (les entreprises, l’État, les services publics…). Il ne faut toutefois pas confondre système financier et marchés financiers. Le système financier doit avoir un simple rôle d’intermédiaire au service de l’intérêt général et ne pas se transformer en marché financier spéculatif n’agissant que pour les profits d’intérêts privés. Or c’est bien ce qu’est devenu aujourd’hui le système financier sous l’effet de la révolution conservatrice. Totalement dérégulé, il n’est plus qu’un vaste champ de manœuvres pour ses opérateurs. Les réguler ne suffit plus, ce serait totalement inadapté à la situation actuelle, il faut les démanteler.

La fermeture du marché obligataire

Dans le programme de gauche qui est ici proposé, il y aura toujours des émissions d’obligations d’État. Toutefois, les pays sortis de la zone euro ne se financeront plus sur le marché obligataire qui sera fermé, il n’y aura plus ni marché primaire, ni marché secondaire. Les États continueront à émettre des obligations, mais elles ne pourront être souscrites que par les ménages, dans le cadre d’un plafond pour éviter la constitution de rentes par les plus fortunés ; par les banques et compagnies d’assurances, dans le cadre d’un quota obligatoire d’achats ou de leurs provisions et réserves (emprunts forcés) ; et enfin par la banque centrale.

Le marché secondaire étant fermé, les obligations souscrites ne pourront être revendues, sauf exceptions, particulièrement pour les personnes physiques, et seulement à l’État. Les entreprises et les collectivités locales ne pourront plus émettre d’obligations, elles devront revenir au financement classique par prêt bancaire. Il n’y aura donc plus de marché obligataire.

Organiser le dépérissement de la Bourse jusqu’à sa fermeture

Le financement des entreprises par le mécanisme boursier (plutôt que par l’emprunt bancaire) n’est absolument pas nécessaire pour leurs investissements. Il est même de plus en plus néfaste pour les entreprises elles-mêmes. Les actionnaires pompent désormais davantage de capitaux des entreprises qu’ils ne leur en apportent. Sans parler des scandales à répétition qui ont fait des marchés boursiers des espaces de fraude et de corruption généralisé.

De plus, la « dictature » de l’actionnariat impose aux entrepreneurs des orientations qui non seulement ont des conséquences sociales et environnementales dévastatrices, mais ne tiennent même pas compte de la pérennité de l’entreprise, devenue une marchandise comme une autre, achetable puis jetable. Sans parler de l’utilité réelle des productions pour le pays d’implantation, souvent contestable.

La relation entre l’entreprise et ses actionnaires est inversée : ce ne sont plus les actionnaires qui financent l’entreprise, c’est l’entreprise qui finance ses actionnaires. Ces derniers sont des prédateurs qu’il faut empêcher de nuire. Une des racines les plus profondes de la crise du capitalisme contemporain se trouve dans le système boursier. Pour l’avenir lui-même des entreprises, qui doivent être considérées comme des organisations productives fabriquant des biens et des services utiles, il faut organiser le dépérissement de la Bourse. Et libérer les entreprises de leurs actionnaires.

En brisant les marchés financiers sur son territoire, un gouvernement de gauche donnera un signal universel.

 

Publié par Frédéric Maurin à 09:40am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #Union européenne

1 Juin 2012

Tout est bon dans le Lordon !

Désolé pour le titre, c'est les premières chaleurs estivales.

En réalité, cela s'appelle "Front national : mêmes causes, mêmes effets..." et cela vient d'ici : http://blog.mondediplo.net/

Cela vient du Diplo et, on ne le répète plus : "Les ressources offertes par ce site ne peuvent exister sans le soutien financier de nos lecteurs, qui s’abonnent au journal ou qui l’achètent en kiosques. Abonnez-vous

C'est aussi une réponse à cette question : A quoi sert le Front National?

Front national : mêmes causes, mêmes effets...

167 commentaires

mercredi 2 mai 2012, par Frédéric Lordon

Dans une parfaite prescience de ce qu’est notre condition actuelle, Rousseau ne cachait pas être effaré qu’on puisse appeler « démocratie » un système qui donne la parole au peuple une fois tous les cinq ans pour le renvoyer à la passivité et à l’inexistence politique tout le reste du temps. Il vaut donc mieux ne pas louper l’ouverture de la fenêtre quinquennale ! — coup de chance c’est maintenant… comme en témoignent les cris d’horreur des médias redécouvrant qu’il existe un électorat d’extrême droite, peut-être même qu’il existe un électorat tout court, redécouverte il est vrai facilitée chaque fois que l’électorat en question les contredit. A quelque chose malheur est bon et, au milieu de si nombreux motifs d’accablement, le spectacle de la volaille éditocratique courant en tous sens dans un nuage de plumes pourrait presque être divertissant — s’il n’était destiné à finir aussi brutalement, et inutilement, qu’il a commencé : passé le second tour des législatives, « l’électorat » retournera aussitôt au néant dont, idéalement, il n’aurait jamais dû sortir.

Vaticinations ordinaires

Dans cette agitation intellectuelle sans lendemain où la sociologie spontanée le dispute à la prophétie historique, on est à peu près sûr d’engranger quelques perles, à l’image d’une longue tradition de vaticinations post-électorales dont il est tout de même utile de rappeler quelques-uns des plus remarquables accomplissements (à l’usage d’une corporation qui aurait sans doute élu le signe zodiacal du poisson rouge s’il avait existé). En 1988, persuadés d’avoir enfin rencontré la fin de l’histoire conforme à leur vœu, François Furet, Jacques Julliard, et Pierre Rosanvallon nous annoncent l’avènement définitif de la « République du centre » [1], entendre de la raison gestionnaire, celle dont on fait les cercles, nécessairement centriste car enfin débarrassée des embardées intempestives de l’« idéologie ». En tout cas la chose est certaine : l’affrontement bipolaire est mort et bien mort.

En 2002, avec un Front national (FN) au second tour de la présidentielle, la république du centre, légèrement sonnée, n’a pas trop compris ce qui lui est arrivé. Comme en 1995 (15 % déjà tout de même), mais en plus appuyé, l’extrême droite impose son irréductible mystère puisqu’elle a la propriété, dans le même mouvement, et de plonger le commentariat dans une insondable perplexité et de se poser (à chaque fois !) comme une aberration impossible à rattacher à l’ordre des causes ordinaires. Que la république du centre et ses puissants effets d’indifférenciation politique aient pu en être l’origine ne traverse évidemment pas un instant l’esprit des vaticinateurs. Les percées successives de l’extrême droite sont donc vouées à prendre l’étrange statut oxymorique d’une « exception récurrente » : à chaque fois uniques et incompréhensibles dans leur singularité même… mais faisant régulièrement retour ! Le commentaire autorisé à tendances prophétiques reprend heureusement tous ses droits, et surtout ses aises, lorsque le FN se fait oublier et avec lui l’encombrante « exception » sur laquelle on renâclait tout de même à prononcer la fin de l’histoire. Sous ce rapport, la présidentielle de 2007 est un millésime de première qualité puisque on nous y annonce simultanément et la résolution définitive du problème de l’extrême droite en France (« siphonnée ») et – « république du centre » RIP – l’avènement d’un sain bipartisme à l’anglo-saxonne (probablement « sain » parce qu’à l’anglo-saxonne) ne laissant plus face à face que les deux partis de gouvernement sérieux (à quelques pulvérisations latérales près ; quant aux 18,5% (!) de François Bayrou ils sont déclarés quantité négligeable, preuve supplémentaire que la république du centre mange pour de bon les pissenlits par la racine).

2012, patatras ! FN à 18% et solide quadripartisme : tout est par terre…

Le paradoxe de 2007 tient sans doute au fait qu’on n’aura rarement tiré conclusions si définitives à l’occasion d’un scrutin pour le coup si peu ordinaire — et alors même que (à moins que ce ne soit parce que) il a été lu, après celui de 2002, comme faisant heureusement retour à « l’ordre des choses ». En vérité 2007 et 2012 ne peuvent être analysés séparément, et le second est comme le reflet monstrueux du premier. Car on peut au moins mettre au compte du Sarkozy de 2007 d’avoir compris qu’il y avait matière à attraper l’électorat du FN aussi par la question sociale et d’avoir délibérément monté une stratégie électorale en conséquence, notamment : revalorisation salariale (« le président du pouvoir d’achat », sans doute accommodé à la manière de droite dans les escroqueries du « travailler plus pour gagner plus » — il est en effet d’une logique élémentaire de gagner plus si l’on travaille plus… — mais peu importe, c’est « pouvoir d’achat » qui, comme prévu, a été entendu) ; et puis, déjà, prise de distance d’avec l’Europe de la concurrence et déclarations d’empathie pour la France du « non » au Traité constitutionnel européen (TCE) de 2005.

On se souviendra pourtant surtout de la désinvolture rigolarde avec laquelle la « présidence du pouvoir d’achat » a été liquidée au détour d’une conférence de presse en 2008 ; quant à la « confrontation » avec l’Europe, l’alignement sans discussion sur le modèle allemand de l’austérité généralisée, la célébration du triple-A, le sacrifice des retraites en son nom, et la déclaration de mobilisation nationale pour le conserver (avant de le perdre) la font entrer sans coup férir dans les annales des reniements « fondateurs », à l’image du « tournant » de 1983 ou de l’enterrement de la « fracture sociale » d’octobre 1995.

Il faut avoir peu de sens commun pour s’étonner qu’à ce degré de trahison, l’électorat frontiste, un instant attiré par une offre politique mainstream qui semblait prêter attention à ses revendications sociales ait si violemment fait retour à ses positions de départ, avec en prime l’intention écumante de faire la peau au menteur. Et il en faut encore moins pour ne pas remettre l’événement dans la série longue qui lui donne toute sa signification politique — au prix, il est vrai, d’attenter aux vérités que la « république du centre » (électoralement morte mais encore bien vivante dans les têtes de l’oligarchie politique-éditocratique) avait en son temps rêvé de figer pour l’éternité : la mondialisation et l’Europe libérales.

Portant à toutes les erreurs d’analyse ceux qui étaient trop disposés à prendre leur désir pour la réalité, l’« anomalie » du scrutin de 2007 demande donc bien plutôt à être reconsidérée comme une occurrence de plus d’une régularité politique de longue période — mais celle-là même qu’aucune des certifiées élites ne voudra admettre, ni seulement voir. Car sans discontinuer depuis 1995, le corps social, quoique se dispersant entre des offres politiques variées, n’a pas cessé de manifester son désaccord profond avec le néolibéralisme de la mondialisation et de l’Europe Maastricht-Lisbonne ; et avec la même constance, le duopole de gouvernement, solidement d’accord, par delà ses différences secondes, sur le maintien de ce parti fondamental, n’a pas cessé d’opposer une fin de non-recevoir à ce dissentiment populaire. La montée du FN n’est pas autre chose que le cumul en longue période de ces échecs répétés de la représentation, le produit endogène des alternances sans alternative qui pousse, assez logiquement, les électeurs à aller chercher autre chose, et même quoi que ce soit, au risque que ce soit n’importe quoi.

Granitique continuité de la vie politique française

La séquence historique devrait pourtant être suffisamment éloquente pour qu’on y prête attention. 1993 et l’élection d’Edouard Balladur seront le chant du cygne du néolibéralisme période « comme dans du beurre ». Jacques Chirac ne gagne en 1995 que d’avoir, ou de feindre avoir compris et les dégâts de cette politique et le désaveu où elle est tombée — mais d’une compréhension manifestement insuffisante pour joindre le geste à la parole. La « fracture sociale » est la première réponse politique à cette colère sociale et significativement elle rafle la mise, quoique avec déjà Le Pen père à 15 %… avant d’être abandonnée en rase campagne sous la pression, non pas des « événements » ou des « contraintes extérieures », mais de l’obstination de la classe préceptrice, technocrates de cabinets indifférenciés, éditorialistes commis et experts de service, qui, confits dans leur propre satisfaction matérielle, sont à cent lieues de concevoir qu’une partie croissante de la population ne partage pas leur félicité, et plaident sans relâche pour la perpétuation de ce monde qui leur va si bien — c’est-à-dire pour l’adaptation au cadre des contraintes, plutôt qu’à sa transformation. Le retour de manivelle ne se fera pas attendre bien longtemps. La « fracture sociale » classée sans suite fin octobre, le plus grand mouvement social depuis 1968 commence fin novembre. Et le faux rebouteux est renvoyé à l’inauguration des chrysantèmes en 1997.

Intrat Lionel Jospin, élu non seulement par la disgrâce de Chirac (Alain Juppé) mais aussi pour avoir tenu le discours susceptible de rencontrer les attentes populaires, à savoir : arrêt des privatisations, notamment celle de France Télécom, et engagement solennel à ne valider le Traité d’Amsterdam qu’à satisfaction de trois conditions catégoriques (l’instauration d’un gouvernement économique pour contrebalancer le pouvoir de la BCE, une orientation de politique monétaire qui écarte les aberrations de « l’euro fort », et une réorientation des traités économiques dans le sens de la croissance). Comme on sait France Télécom finira privatisée — le bilan du gouvernement Jospin en cette matière surpassant même celui de son prédécesseur Balladur. Quant aux trois conditions sine qua non, il ne faudra pas quinze jours pour qu’elles soient abandonnées à quelques oblats rhétoriques qui n’engagent à rien, le « pacte de stabilité » devenant « pacte de stabilité et de croissance », avec les mirifiques effets que l’on sait. Ajoutons pour la route le refus de s’opposer à la fermeture de Vilvoorde, l’aveu déconfit de ce que « l’Etat ne peut pas tout », en particulier pas sauver les LU, le grassouillet régime fiscal des stock-options (Strauss-Kahn), la conversion de la gauche-de-gouvernement au reaganisme de la baisse des impôts (Laurent Fabius), la signature (quinze jours avant le premier tour de 2002 — quel talent !) des accords européens de Barcelone ouvrant à la concurrence les services publics de l’énergie, des transports et du courrier, et il s’en trouve encore pour s’étonner rétrospectivement que Jospin se soit fait sortir, et surtout de s’être retrouvés avec le FN au second tour…

Et revoilà Chirac ! Mais assisté de tous les bien-placés qui, FN oublié depuis le lendemain de sa réélection, font bloc pour défendre le TCE en 2005. Trois fois déjà le corps social a protesté contre la continuité du duopole néolibéral, mais c’est probablement qu’il n’a pas bien compris. On va donc lui réexpliquer. Par chance la ratification du TCE offre une occasion sans équivalent de pédagogie à l’usage du peuple enfant, PS et UMP unis pour la défense des choses vraiment importantes — on se souvient de cette fameuse « une » de Paris Match conjoignant… François Hollande et Nicolas Sarkozy, en un raccourci politique saisissant de toute l’époque. Le succès est total. Expérience de pensée : soit une hypothétique élection présidentielle en décembre 2005, quel aurait pu être le score du Front national ? Vous direz quels arguments permettent de prévoir ou non sa présence au second tour et tenterez d’évaluer le nombre de manifestants lycéens et le format de titraille des « unes » antifascistes de Libération propres à éviter l’élection pour de bon de son candidat.

Arrive Sarkozy 2007… On connaît la suite : simulacre de compréhension du rejet de la population à l’endroit du néolibéralisme européen, construction d’une position politique syncrétique en campagne mais contradictoire (et intenable) en régime, résolution violente de la contradiction par reniement express, à la fois par la force des inclinations de classe — le président des riches peut à la rigueur dire certaines choses... mais certainement pas les faire — et par l’obstination de l’oligarchie dirigeante, élites économiques, administratives et médiatiques confondues. 2012, sanction, celle de Sarkozy en particulier, mais plus généralement — la cinquième d’affilée tout de même ! — d’une « démocratie représentative » qui ne représente plus rien.

Le FN, produit endogène des alternances sans alternative

On ne reconnaît pourtant jamais si bien la surdité politique qu’à son empressement à certifier qu’elle a « bien entendu le message » et que « les Français ont envoyé un signal fort ». Il faut croire que la force adéquate du « signal », désormais, ne devrait pas viser en dessous du coup de fourche pour que « le message soit entendu » pour de bon. En attendant, de secousse en secousse, le FN fait sa pelote, et toujours pour les mêmes raisons, celles de la protestation antilibérale constamment réaffirmée, et du déni qui lui est constamment opposé. Il faut donc vraiment des œillères pour ne pas voir, ou ne pas vouloir voir, la régularité granitique qui conduit la vie électorale française : quand l’orthodoxie néolibérale pressure les salaires, dégrade les conditions de travail, précarise à mort ou jette au chômage, quand elle détruit les services publics, abandonne les territoires par restriction financière, menace la sécu et ampute les retraites, toute proposition de rupture reçoit l’assentiment, toute trahison grossit le ressentiment, tout abandon du terrain nourrit le Front national [2].

La vie politique française est donc bien moins compliquée que ne voudraient le faire croire les experts à tirer dans les coins qui se sont fait une spécialité de l’évitement des questions de fond, et notamment de celle qui (les) fâche : la question de la mondialisation, et de son incarnation européenne — à l’image de l’inénarrable Bernard Guetta qui, après les baffes successives du TCE, des scrutins désastreux et de la crise européenne sans fond en est toujours à trouver insensé qu’on puisse faire « de l’Union européenne le cheval de Troie de la mondialisation [3] ». Aussi vont-ils répétant que tout projet de transformation de cet ordre social n’est que « repli sur soi »... Le libre-échange et la finance déréglementée nous détruisent, mais toute tentative d’échapper à la destruction commet la faute morale du « repli sur soi ». Le corps social devrait donc avoir l’heur de se laisser détruire avec grâce — et l’on s’étonne qu’une part croissante de l’électorat prenne le mors aux dents ! Conformément en effet à un enchaînement très semblable à celui que Karl Polanyi avait décrit à propos des années 1920-1940, le (néo)libéralisme, entre inégalités, relégation des pauvres et déréliction individualiste, détruit la société [4]. Très logiquement, et de la même manière qu’alors, le corps social lutte pour résister à sa propre destruction, quitte à s’emparer des pires moyens, parce que toutes autres solutions épuisées, ce sont les seuls, et qu’aux désespérés quelque chose vaut toujours mieux que rien.

On dira cependant que, cette année, un autre moyen il y en avait un, puisqu’il y avait un Front de gauche (FdG), et qu’il n’a pas empêché les 18 % de Le Pen. Mais c’est que le FN est dans le paysage depuis trente ans, et le FdG depuis trois ! — encore n’a-t-il eu probablement pour bon nombre d’électeurs d’existence réelle pour la première fois que cette année. Or la présence pérenne du FN a eu le temps de produire ces pires effets d’incrustation, aussi bien, dans les classes populaires, la conversion partielle des colères sociales en haines xénophobes, que, dans les classes bourgeoises (petites, et parfois grandes), la libération d’un racisme longtemps tenu à l’isolement par les conventions sociales et la menace de l’indignité, mais jouissant de nouvelles licences quand 15 % à 20 % de la population rejoignent ouvertement l’extrême droite — et qu’il est désormais permis de vivre sa « foi » à l’air libre. C’est tout cela qu’il appartient à un Front de gauche de défaire, et d’en venir à bout dès son premier scrutin présidentiel était à l’évidence trop demander. Ceux qui voyaient Jean-Luc Mélenchon au second tour se sont enivrés tout seuls, aidés le cas échéant de quelques liqueurs sondagières — mais ceci n’était pas raisonnable. Le FdG a fait 6,5 % pour sa première sortie électorale nationale (les européennes de 2009), il fait 11 % à sa deuxième, ce sont des résultats plus qu’encourageants. Mais qui ne doivent pas faire oublier que la construction d’une position électorale est une longue patience.

Une patience d’autant plus longue en l’occurrence qu’à propos des électeurs FN qu’il lui incombe de reconquérir, même la gauche (la vraie gauche) commence à donner des signes de fatigue intellectuelle. En témoignent les refus exaspérés d’entendre seulement dire « la France qui souffre ». Assez de la souffrance sociale ! et retour aux explications simples et vraies : ce sont des salauds de racistes. Dans une parfaite symétrie formelle avec la droite qui, en matière de délinquance, refuse les « excuses sociologiques », d’ailleurs tristement suivie par la (fausse) gauche depuis un sombre colloque de Villepinte en 1997 (à chaque terme socialiste ses abandons…), voilà qu’une partie de la (vraie) gauche, en matière de vote FN, ne veut plus de « l’alibi » de la souffrance sociale. Cette commune erreur, qui consiste à ne pas faire la différence entre deux opérations intellectuelles aussi hétérogènes que expliquer et justifier (et par suite « excuser »), finit inévitablement en le même catastrophique lieu de l’imputation d’essence, seul énoncé demeurant disponible quand on s’est privé de toute analyse par les causes. Les délinquants seront alors la simple figure du mal, n’appelant par conséquent d’autre réponse que la répression. Quant aux électeurs de l’extrême droite, ils sont donc « des salauds », appelant… quoi d’ailleurs ? La colonie lunaire ? Au déplaisir général sans doute, il faudra pourtant faire avec eux.

Le déplaisir, voilà précisément l’affect à laisser à sa place autant que possible quand il est tant soit peu question d’analyse politique. Et jamais peut-être la dégrisante maxime spinoziste n’aura été plus nécessaire, qui appelle à « ne pas rire, ne pas déplorer, non plus détester, mais comprendre ». Sinon la suspension complète du jugement, du moins sa trempe est en l’occurrence d’autant plus requise que, d’un racisme l’autre, la démission à comprendre le racisme tout court a le plus souvent pour terminus le racisme social : affreux, sales et méchants — on imagine sans peine les effets politiques qu’il est permis d’attendre d’un viatique intellectuel de pareille minceur, et l’on notera au passage la symétrie tropologique de ces deux cousins opposés, l’un comme l’autre démarrant du même pas : « à la fin, ça suffit, il faut bien appeler un chat un chat », soit : « les électeurs du FN sont des gros cons » exactement comme « les arabes sont trop nombreux ».

Sauf à des esprits un peu épais et par trop portés aux visions du monde par antinomies, vouloir sortir les électeurs FN de la catégorie « gros cons » n’équivaut donc en rien à les verser dans celle des « gens aimables ». Il s’agit bien plutôt de les soustraire à toutes les catégories (morales) du jugement par sympathie ou par empathie (ou bien antipathie) pour les restituer à la seule compréhension causale — dénuée de toute participation. Il n’y a rien à « admettre », encore moins à « partager » du racisme des racistes, mais tout à comprendre, à plus forte raison pour tous ces cas de racisme qui, ne s’expliquant pas directement par les causes matérielles (retraités niçois ou toulonnais très convenablement argentés par exemple), n’en sont par là que des défis plus urgents à l’analyse.

Hollande, ultime recours ??

Dans l’intervalle, on accordera sans peine qu’il faut de l’estomac pour avaler les « France qui souffre » débitées ad nauseam par Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé et leur clique. Mais d’une part il n’y a aucune raison de céder à une sorte de loi de Gresham par laquelle, de même que la mauvaise monnaie chasse la bonne, les usages hypocrites chasseraient les usages pertinents. Et d’autre part, la question de la sincérité pourrait bien être finalement secondaire — étrange et anachronique reliquat du débat théologique de l’attrition et de la contrition — : si la « démocratie » électorale a un seul avantage c’est peut-être, dans certaines conditions (rares), de forcer les gouvernants à au moins dire des choses que jamais ils ne diraient spontanément, et même, encore au-delà (bien au-delà), de les forcer parfois à les faire. La seule question intéressante est donc moins celle de la sincérité que celle de la jonction du geste à la parole, qui n’est pas une affaire de disposition intérieure mais de rapport de force extérieur !

Il est bien certain, pour l’heure, qu’entre le FN qui rafle la mise, Sarkozy qui court derrière, et le Front de Gauche encore à sa maturation, l’état du rapport de force en question n’est pas exactement un motif de réjouissance. C’est donc le PS de Hollande qui est l’ultime recours — nous voilà propres… Car « l’ultime recours », devenu depuis vingt ans étranger à la souffrance sociale et aux classes qui l’expriment, dénégateur des destructions de la mondialisation et de l’Europe libérale, liquidateur répété de ses propres embryons de promesses progressistes, incarnation jusqu’à la caricature sociologique de l’isolement des gouvernants, ignorant tout des conditions de vie des gouvernés, ce « recours »-là porte à part égale la coresponsabilité historique du désastre politique présent.

C’est bien pourquoi les maigrelets engagements du candidat « socialiste » ne peuvent jouir que d’un crédit très limité, particulièrement sur les questions qui décident de tout : la finance et l’Europe. Confirmant que le socialisme de gouvernement a été historiquement le meilleur ami de la déréglementation financière, François Hollande, sitôt dénoncé « l’ennemi sans visage », s’est empressé d’aller à Londres rassurer la City quant à l’innocuité de ses intentions véritables. On ne s’étonnera donc pas de trouver dans son programme sous le titre ronflant de « Dominer la finance » des propositions à l’état de simples songes, ou d’inoffensives bluettes, à l’image d’une agence de notation publique — problème dont il faut rappeler sans cesse qu’il est totalement périphérique —, ou d’un projet de contrôle des produits dérivés, pourtant crucial mais laissé à l’état de pure évocation, toutes choses d’ailleurs renvoyées à d’improbables initiatives de l’Europe — dont la passivité et l’incapacité à avoir produit la moindre avancée régulatrice sérieuse, cinq ans après le déclenchement de la plus grande crise financière de l’histoire, en disent pourtant assez long sur le degré auquel elle est commise à la financiarisation.

Plus gros morceau encore, le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), dont le candidat Hollande a promis d’un ton martial mais pas trop tout de même qu’il demanderait la renégociation — et l’on pense inévitablement au sine qua non de Jospin à propos du Traité d’Amsterdam... A tous les niveaux décidément, les mêmes causes entraînent les mêmes effets, avec en plus une aisance croissante dans le reniement, devenu pratique habituelle. Michel Sapin, potentiel ministre de l’économie, s’en va ainsi rassurer le Financial Times et jurer que son candidat « ne dit pas que nous devons renégocier la discipline budgétaire » [5] — au moins c’est clair. Tout l’article du Monde qui relate ces savants ajustements anticipés est de la même édifiante farine : « il faut à ses [François Hollande] yeux compléter le traité en adjoignant à la “règle d’or” un volet “croissance” » — « compléter » qui ne signifie donc pas « retrancher », et « adjoindre » qui veut dire « conserver »... Mais le meilleur tient sans doute à l’énoncé à peine voilé des conditions auxquelles le président Hollande a d’ores et déjà prévu de rendre les armes de bonne grâce : « les socialistes font savoir qu’un pacte non modifié (c’est moi qui souligne), mais accompagné d’un protocole additionnel, et de conclusions du Conseil européen plus substantielles sur la croissance pourrait être acceptable par la France ». « Les socialistes font savoir » que la verroterie avec laquelle on les achète est toujours aussi modique : comme en 1997, des mots suffiront.

Se peut-il que la sortie de Mario Draghi, président de la BCE, appelant à sauver la croissance en train de périr pour de bon sous les plans d’austérité magnifiquement coordonnés, puisse modifier sensiblement la donne ? A l’évidence bon nombre de pays serrent les dents des absurdités de l’austérité en période de crise, et sont visiblement en attente d’une possible coalition (à laquelle la France apporterait une contribution importante) qui permettrait de desserrer la contrainte. Si la chose se produisait, elle devrait cependant moins au volontarisme transformateur de François Hollande qu’à la cristallisation fortuite d’une situation politique nouvelle après l’accumulation d’échecs (le dernier en date étant l’Espagne) et surtout l’ajout à la liste des Pays-Bas, jusqu’ici membre insoupçonnable du hard core triple-A, mais désormais lui aussi hors des clous et condamné à la rigueur.

Que « la chose » se produise reste pourtant très improbable. Car dans un de ces faux-semblants rhétoriques qui est comme la marque de fabrique d’un néolibéralisme devenu illégitime, la « croissance » de Mario Draghi parle de tout ce qu’on veut sauf de ce dont il est vraiment question, à savoir : en finir avec l’aberrante obligation de réduire les déficits à toute force en période de récession, équivalent fonctionnel des contresens que furent les politiques de Hoover en 1929, de Laval en 1935… ou de Brüning en 1931. Bien plutôt il s’agira — il en est en fait déjà question depuis assez longtemps — de « politiques structurelles », c’est-à-dire de quelques pas de plus dans la déréglementation (des services, du marché du travail, etc.), contresens ajouté au contresens car ces politiques ne visent qu’à relancer la croissance par la compétitivité et les exports, ce qui signifie d’une part que leur généralisation les voue à l’inefficacité collective (la compétitivité par la déflation salariale n’est jamais qu’un avantage relatif… qui disparaît comme tel lorsque tout le monde la poursuit), et d’autre part, qu’à supposer même ces politiques efficaces, elles ne produiraient leurs effets au mieux qu’à horizon de plusieurs années — pas vraiment à la hauteur des urgences d’une relance réelle.

De « complément » en « adjonction » en tout cas, le candidat Hollande a déjà fait savoir que le dispositif central du TSCG, à savoir la règle d’or comme mécanisme aveugle de réduction des déficits, n’attirait pas de sa part la moindre critique de fond. Et on l’a moins encore entendu exprimer la moindre protestation à l’idée de l’empire des marchés financiers sur les politiques économiques, ni le premier projet d’y remédier sérieusement. Désormais accoutumé à la verroterie, on peut compter sur lui pour valider les prodigieuses avancées qui verront, à l’occasion de l’un de ces irréparables sommets dont l’Europe a pris l’habitude, « la-croissance » rejoindre en mots toutes les dispositions qui la tuent en fait.

***

On ne saurait que difficilement reprocher aux électeurs du FN d’être incapables de rapporter leurs misères sociales à l’article 63 (liberté de mouvements des capitaux) ou aux articles 123 (interdiction du financement des déficits par la Banque centrale européenne) et 126 (déficits excessifs) du Traité de Lisbonne, ou à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ou au comité de Bâle qui en sont pourtant les causes réelles mais abstraites, et surtout lointaines — à défaut de quoi, comme on sait, la déflection du mécontentement peut élire n’importe quel fait comme cause prochaine (et dernière) : par exemple des Arabes vus à la télé… C’est lorsque ceux à qui il appartiendrait d’établir les connexions réelles des causes et des effets commencent à manquer à leurs devoirs, par la dénégation, ou pire encore par la diversion, que le débat politique prend un mauvais tour. Or, tout autour du peuple abandonné il n’y a plus que cela : précepteurs de la raison social-libérale occupés à nier toute implication de leur monde rêvé dans les infortunes populaires et à exclure même que la question soit posée — des Bernard Guetta —, ou bien, forme évidemment plus pernicieuse, crapules politiques affairées à conforter ces électeurs dans l’idée qu’en effet les Arabes sont le problème et la police la solution. Spectacle à laisser la mâchoire pendante, voilà qu’au beau milieu de la plus grande crise du capitalisme le débat de second tour roule sur le vote des étrangers et la présomption de légitime défense des flics sans qu’aucun des interrogateurs du candidat de droite ne viennent dire le caractère éhonté de sa manœuvre — il est vrai que depuis des décennies les médias n’ont eu de cesse d’escamoter les vrais problèmes et de promouvoir les faux, et eux, ce qui est peut-être pire, sans la moindre intention manœuvrière…

Alors très bien, prolongeons les tendances : un FN resplendissant, une droite désormais accrochée à ses basques, un Front de gauche sans doute sorti des limbes mais au début seulement de son parcours, un PS frappé de stupeur à l’idée qu’on puisse objecter quoi que ce soit de sérieux à l’Europe libérale et à la mondialisation, un chœur de précepteurs éditocratiques-experts obstiné à le conforter dans cette sage restriction (comme en témoigne incidemment le délire haineux dont a fait l’objet la campagne de Mélenchon, engagé à poser les questions qui ne doivent pas être posées)… On cherche la maxime qui, toutes choses égales par ailleurs, permettrait d’éclairer par anticipation la situation politique de 2017. Et facilement on trouve : mêmes causes, mêmes effets. 

Notes

[1] François Furet, Jacques Julliard, Pierre Rosanvallon, La République du centre. La fin de l’exception française, Seuil, 1988.

[2] Lire Claude Julien, « Les fourriers du Front national », Le Monde diplomatique, mars 1996.

[3] Bernard Guetta, « Le crime des nouvelles droites européennes », Libération, 26 avril 2012.

[4] Cf. « Avez-vous lu Polanyi ? », Le Monde diplomatique, janvier 2012.

[5] Philippe Ricard (à Bruxelles), avec Frédéric Lemaître (à Berlin), Sandrine Morel (à Madrid), Philippe Ridet (à Rome) et Alain Salles (à Athènes), « Le débat sur la croissance s’intensifie en Europe », Le Monde, 25 avril 2012.

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Publié par Frédéric Maurin à 07:24am - Voir le commentaire ()
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