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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

26 Août 2011

La gauche est-elle à La Rochelle?

Posée comme cela, la question peut sembler idiote.

Mais quand on observe un résidu du service public de l'information (oui, j'assume, j'ai regardé France 2!), la réponse ne fait aucun doute : la gauche est aujourd'hui à La Rochelle puisqu'il s'y tient... l'université d'été du PS.

Fidèle à son devoir de vérité, ce bloc-note se doit donc de vous l'annoncer : la gauche est plus à l'Est !

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Plus à l'Est! Cherchez plus l'Est, vous-dis-je...

Bon, il y a néanmoins quelques abscences regrettables, (ici par exemple : M'PEP - Lettre du M'PEP aux dirigeants du Front de gauche) mais en attendant des jours meilleurs, voici le programme :

Vous trouverez ci-dessous, les informations concernant le "Remue-Méninges", coorganisé par l'ensemble des formations du Front de Gauche qui se tient ce week-end à St Martin d'Hères.

 
Source :

Le Remue-méninges à gauche, c'est parti ! | PLACE AU PEUPLE ...

Vendredi 26 août de 14h30 à 16h30

Le modèle du foot-spectacle est-il l'avenir du sport français?

Avec des syndicalistes SNEP FSU, Jean-François Davoust, chargé du dossier sport à la CGT, ( http://www.cgt.fr/  )Jean-Paul Krumbholz, Secrétaire général du SNAPS UNSA, Patrick Braouezec, député (FASE http://lafederation.org /), William Gasparini (Sociologue du sport, professeur à l’université de Strasbourg), une représentante de "femmes solidaire" et de l'appel "à la Télé pas de filles hors-jeu ", Catherine Louveau (professeure Paris XI Orsay, chercheuse), Eric Coquerel (SN du PG  http://www.lepartidegauche.fr/  )

Victimes des banques, unissons-nous !

Avec Christophe Faverjon (porte-parole de collectivités victimes des crédits toxiques), Alain Bousquet (avocat spécialisé), Jean-Claude Branchereau (CGT Banques), animé par Guillaume Etiévant (président de la commisison économie du PG)

Internet : si tout était gratuit, quelle économie de la création?

Avec Maxime Rouquet (Président du Parti Pirate  http://partipirate.org/ ), Label Fair Play, Danièle Boursier (Creative Commons http://fr.creativecommons.org/  ), Pierre Cattan (5e étage productions), Agnès Tricoire (sous réserves), un syndicaliste ayant participé aux discussions sur les droits numériques et la BD

Faut-il faire la guerre aux journalistes ?

Avec Denis Sieffert (Politis  http://www.politis.fr/  ), Edwy Plenel (Médiapart  http://www.mediapart.fr/  ), Dominique Pradalié (Secrétaire Générale du SNJ http://www.snj.fr/ ), François Delapierre (PG), Nordine Nabili (Bondy Blog  http://yahoo.bondyblog.fr /)

Contre le fatalisme, vive le protectionnisme !
Atelier organisé par Fakir   http://www.fakirpresse.info  Eh oui,  DSK : pourquoi on n'en veut pas ?   c’est eux !):   

Avec François Ruffin, Morvan Burel (Sud douanes  http://www.solidaires.org/ ), animé par Laurence Sauvage

Situations de handicap, dépendance et autonomie

Avec Karim Felissi (FNATH  http://www.fnath.org/ ) et Vincent Assante

Le féminisme peut-il devenir politiquement correct ?

Avec Magali de Haas (Osez le féminisme  http://www.osezlefeminisme.fr/ ), Josette Trat (sociologue), Clémentine Autain (FASE, co-directrice de Regards  http://www.regards.fr/ ), Thomas Lancelot (Mixcité http://www.mix-cite.org/  )

La Françafrique aujourd’hui

Avec Nicolas Sersiron (Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde http://www.cadtm.org/  ), Thomas Borrel (Survie  http://survie.org/ ), animé par Danielle Obono

Les leviers pour une Ecole de la transformation sociale, écologique et démocratique

Avec François Cocq (PG), Bernard Calabuig (FASE) et José Tovar (PCF  http://www.pcf.fr/), auteurs de « Faites chauffer l'Ecole » (Syllepse 2011), Roland Hubert, co-secrétaire général du SNES-FSU, Bertrand Geay, sociologue de l'éducation, professeur à l'Université de Picardie, Mathieu Glayman, parent d'élève et animateur de la lutte d'Epinay-sur-Seine, Dominique Nussard, trésorière de la FCPE (http://www.fcpe.asso.fr/ )

Atelier pratique : L'éducation populaire : c'est quoi, pourquoi, comment l'incarner dans nos pratiques ?

Projection de la conférence gesticulée de Franck Lepage, de la scop d'éducation populaire Le pavé, "incultures 1 : l'éducation populaire, Monsieur, ils n'en n'ont pas voulu..." et débat avec des militants de l'éducation populaire et de la désobéissance civile autour du thème des pratiques militantes incluantes

http://www.scoplepave.org/

Vendredi 26 août de 17h00 à 19h00

Quelles voies pour le plein emploi ?
Atelier organisé par Contretemps

Avec Michel Husson (économiste), Stéphanie Treillet (économiste, Convergences et alternative), Yves Dimicolli (économiste et dirigeant de la commission économie du PCF), animé par Louis-Marie Barnier (sociologue, syndicaliste)

Peut-on combattre la corruption sans affronter l’oligarchie ?

Avec Monique et Michel Pinçon Charlot (sociologues), Olivier Toscer (journaliste), Eric Alt (magistrat), animé par François Delapierre

Comment la télé publique peut-elle être différente des autres ?

Avec Marc Endeweld, auteur de « France Télévisions Off The Record, Histoires secrètes d'une télé publique sous influences » et Jean-François Téaldi (grand reporter et Responsable de la Commission médias au PCF)

Quelles politiques publiques pour l''économie sociale et solidaire?

Avec Jean-Louis Laville, chercheur en sociologie au CNAM, fondateur de l'Université populaire et citoyenne, Martine Billard, présidente du PG, Didier Minot, président de RECIT (Réseau des écoles de citoyens, et animateur du Collectif des associations citoyennes), Zinn-Din Boukkenaïssi, délégué national du CNLRQ (réseau national des régies de quartier), Guillaume Chocteau, délégué général de Ressources solidaires, Michel Rohart, directeur de l'UR SCOP Rhône-Alpes, Olivier Azam, réalisateur audiovisuel (SCOP Les Mutins de Pangée), animé par François Longérinas (secrétaire national du PG)

La gauche et les mouvements sociaux face à la crise européenne
Atelier organisé par Transform, revue et réseau européen

Avec Walter Baier, Autriche, coordinateur de Transform!, Elisabeth Gauthier, Espaces Marx, Transform !, Gerassimos Moschonas, politologue, université du Panthéon, spécialiste de la social-démocratie européenne, Christophe Ventura (SN du PG), Michel Rousseau (Euromarches), animation Céline Meneses

Où va la droite ?

Avec François Calaret (GU), Matthias Tavel (PG), Edwy Plenel, Maya Surduts (CNDF)l

Créer c’est travailler. l’artiste, un travailleur

Avec Alain Hayot, délégué national à la Culture du PCF, Valérie de Saint-Do, rédactrice en chef Revue Cassandre/Horschamp, Jean-Michel Grémillet, directeur de théâtre, président de la commission culture du PG, François Clavier, comédien, Danièle Attala, spécialiste des arts plastiques

Réforme de la représentativité syndicale : vers une nouvelle « démocratie sociale » ?

Avec Karel Yon, sociologue, auteur avec Sophie Béroud d’une recherche menée auprès d’une douzaine d’entreprises tout au long de l’année 2010

Atelier argumentaire : déconstruire les préjugés racistes

Animé par Rokhaya Diallo, les Indivisibles

Vendredi soir :

21h : séance plénière d'accueil, suivie de :

Création de la pièce de théâtre de Frédéric Lordon, « D’un retournement l’autre »

Projection du Film de Perret « De mémoire d’ouvriers »

Initiative internationale : Dégage ! retour sur les révolutions arabes

Avec Yasmina Mabrouk (mouvement du 20 février, Maroc), Tahar Kalfoune (universitaire algérien), Cherif Ferjani (militant tunisien), Khattar Abou Diab (politologue), Aymen Belhadj (militant étudiant tunisien),
Salame Kiele (écrivain, militant palestinien réfugié en Syrie), Françoise Clément (économiste, spécialiste de l'Egypte), animé par Alain Billon et Francis Sitel, présidé par Marie-Christine Vergiat

Samedi 27 août de 10h00 à 12h00

Utopie et engagement

Avec Michelle Riot-Sarcey, historienne, atelier animé par Aigline de Causans

Comment sauver l’hôpital public ?

Avec André Grimaldi, professeur de médecine, Françoise Nay, présidente de la coordination de défense des hôpitaux et maternités de proximité, Vladimir Nieddu de Sud Santé sociaux, animé par Catherine Jouanneau

Pour une transition écologique et sociale de l’agriculture, créons 500 000 emplois agricoles

Avec Jean-Christophe Kroll, économiste et professeur à l'ENESAD et Jean Mouzat, président du MODEF et Angélique Berthollier, paysanne travaillant en AMAP, vice-présidente de l'Alliance Paysans-Ecologistes-Consommateurs de Rhône-Alpes, animé par Laurent Levard

Construire la gratuité économiquement, écologiquement et politiquement
Atelier organisé par le Sarkophage  http://www.lesarkophage.com/

Avec Paul Ariès, directeur du Sarkophage, Baptiste Mylondo, Jean-Louis Sagot-Duvauroux, auteur de « Pour la gratuité », Corinne Morel-Darleux (SN du PG), Gabriel Amard (président des Lacs de l'Essonne)

Syndicalisme et politique

Avec Roger Martelli (historien, co-directeur de Regards), Jean-François Tealdi (CGT) et Eric Beynel (membre du secrétariat natioanal de Solidaires), animé par Yann Cochin et Jean-Claude Mamet

La famille, une valeur de droite?  Politiques familiales et nouvelles parentalités"

Avec Jean-Charles Lallemand, Clémentine Autain, Pascale Le Néouannic, Delphine Beauvois, Nicolas Gougain, porte-parole de l'inter-LGBT, Marion Gret, membre du CA de l'APGL (association des parents et futurs parents gays et lesbiens)

L’euro est-il réformable ?

Avec Michel Husson, Stéphanie Treillet et Jacques Généreux (économistes)

Rompre avec les logiques actuelles des politiques migratoires en France et en Europe

Avec Richard Noyon de RESF,  Mody Sacko du mouvement de grève des travailleuses et travailleurs sans papier, Tarek Ben Hiba de la FTCR sur la question des migrants tunisiens, Jérome Martinez de la Cimade et Mylène Stambouli de la LDH, co-animé par Isabelle Lorand (PCF) et Danielle Simonnet (PG)

Le service public pour un autre partage des richesses

Avec Jean-Michel Drevon (syndicaliste), Bernard Defaix (Convergence pour la sauvegarde et le développement des Services Publics), Pascale Le Néouannic (SN du PG) et Magali Escot (responsable services publics du PG)

Sous-traitance et privatisation du nucléaire : on ne bricole pas avec le nucléaire

Avec Anne Debregeas (syndicaliste EDF), Michelle Ernis (GU), Philippe Billard (syndicaliste CGT, salarié d’un sous-traitant dans le nucléaire)

Atelier pratique : construire des Assemblées citoyennes du Front de Gauche, ouvertes et dynamiques

Comment créer des Assemblées citoyennes du Front de gauche ? Comment rassembler les conditions pour que le plus grand nombre y participe ? Comment animer les réunions de façon à garantir l'implication de ce plus grand nombre ? Comment impliquer les participants, leur donner envie de revenir ? Comment éviter les prises de pouvoir implicites (érudits, grandes gueules, hommes…) ?
Animé par Tifen Ducharne

Samedi 27 août de 14h30 à 16h30

Quelle gestion publique de l’eau ?

Avec Gabriel Amard, président de la régie Eau des Lacs de l’Essonne, auteur de ''L'eau n'a pas de prix, vive la régie publique'', Odile de Korner responsable des commissions thématiques Aqua publica europea ,ancienne directrice de Eau de Paris, Eric Grasset Président de la régie des eaux de Grenoble, Jean-Luc Touly syndicaliste Eau et conseiller régional Ile de France, Michel Partage Président de E.A.U conseiller général du Var, Gérard Piel conseiller régional PACA, en charge de l'espace public régional de l'eau, Danielle Mitterrand

Précarité : tous menacés ?

Avec Paula Gil, initiatrice de la manifestation de 400 000 personnes contre la précarité au Portugal, Pierre Concialdi, chercheur, auteur de « non à la précarité », Leila Chaibi, L’appel et la pioche, Pierre Cours-Salies (sociologue, FASE), Fatiha Chalal, déléguée syndicale centrale CGT de Carrefour Market

Comprendre et lutter contre le Fn de Marine Le Pen

Avec Armand Creus (GU), Baptiste Talbot (secrétaire général de la Fédération CGT des services publics), Luz Mora (syndicaliste membre de VISA) et Christiane Chombeau (journaliste), animé par Alexis Corbière (secrétaire national du PG)

Comment garantir les libertés sur le net ?

Avec Benjamin Bayart, expert en télécommunications, président de la fédération FDN, plus ancien fournisseur d’accès à internet, Axel Simon (Quadrature du net), Tangui Morlier, président d’APRIL, animé par Sophie Duvauchelle

La justice, une arme contre les pauvres ?

Avec Evelyne Sire-Marin (magistrate), Gilles Sainati (magistrat), Céline Curt (avocate); Xavier Lameyre (magistrat), animé par Hélène Franco

Mai 1981 : 30 ans après, quel bilan raisonné ?

Avec Francis Sitel (dirigeant de la LCR en 81), Michel Duffour (dirigeant du PCF en 81) et Alain Billon (élu député PS en 1981)

Quelles politiques de coopération ?

Avec Gus Massiah et Emmanuel Poilane (Fondation France Libertés)

Quelles marges de manœuvre pour une politique de rupture dans le cadre de la mondialisation ?

Avec Michel Husson, Jacques Généreux (économistes) et Pascal Franchet (vice-président du CADTM France), animé par Stéphanie Treillet

Molex : la lutte par ceux qui l’ont menée
Atelier organisé par Arcane 17

Animé par Marie-Pierre Vieu (éditrice, conseillère régionale, dirigeante PCF)

De l'hébergement d'urgence au logement durable : états des lieux, actions et perspectives

Avec Jean-Baptiste Eyraud (DAL), Annabelle Quillet (Groupement Pour la défense du travail Social), Margaux Leduc (Jeudi Noir) animé par Maël Gopfert et Romain BIessy

Atelier pratique : Animer une campagne populaire, partout et pour toutes et tous

Faire campagne dans une zone rurale ou un quartier populaire, oui mais comment ? Localement, on ne rencontre que des problèmes globaux. Quels sont les points particuliers du programme à décliner et comment ? Quelles sont les luttes dans lesquelles renforcer notre implication ? Quels sont tous les réseaux avec lesquels se mettre en relation ? Comment assurer la visibilité de nos orientations, donner envie de nous rejoindre ? Comment mettre de l'humour dans notre campagne, exister sur la toile et dans les médias et se construire sur le terrain ?
Animé par Danielle Simonnet (SN du PG)

Samedi 27 août de 17h00 à 19h00

Le travail peut-il tuer ?

Avec Dominique Huez, médecin du travail, association Santé et Médecine du Travail, Pierre Nicolas, CGT Renault Guyancourt, Ivan du Roy, journaliste, auteur d’Orange Stressée, journaliste à Bastamag, Eric Beynel, porte-parole de Solidaires, Martine Billard, présidente du PG

Qui menace la paix ?

Avec Alain Joxe, spécialiste de géopolitique, auteur de « l’Empire du chaos », Raquel Garrido, avocate, secrétaire nationale du PG, Janette Habel, universitaire, Denis Sieffert (Politis)

Les femmes face à la crise

Avec Christiane Marty (Attac), Stéphanie Treillet (économiste, Convergences et alternative), Josée Pépin (collectif Tenon), Maya Surduts (CNDF), une représentante de Femmes égalité

La pensée critique aujourd’hui

Avec Razmig Keucheyan, François Cusset, Roger Martelli, Jacques Généreux, Christophe Ventura, animé par Clémentine Autain

La démondialisation ?
Atelier organisé par Mémoire des Luttes

Avec Bernard Cassen, Gus Massiah et Nicolas Béniès

Désir individuel et conscience collective
Atelier organisé par Omos

Avec Pierre Zarka et Bénédicte Goussault

La Palestine aujourd'hui: quelle solidarité internationale?

Avec des extraits du Film Iron Wall, Laurence Pache (PG, participante de la flottille pour Gaza), Jean-Claude Lefort (président de l'AFPS, député honoraire PCF)

Résistances sociales et engagement politique
Atelier organisé par Espaces-Marx

Avec Patrice Cohen Seat (PCF, Espaces Marx), Evelyne Sire-Marin (Copernic) et Francis Sitel (GU), animé par Karel Yon

La science fait-elle société ?

Avec Lionel Larque, animateur national des Petits débrouillards, Elisa Martin (PG), Rachid El Guerdjouma, vice-président d'université (sous réserves), Béatrice Janiaud (Fondation Sciences citoyennes)

Samedi 22h: soirée festive avec les Barbarins Fourchus

Dimanche 28 août à 10h:
Séance de clôture "nos réponses face la crise" avec les responsables des formations du Front de Gauche et conclusion par le candidat commun à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon

Publié par Frédéric Maurin à 19:54pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

23 Août 2011

L'Euro-Deutschmark ?

... la monnaie d'une Europe de plus en plus "germano-centrée" pour reprendre l'expression de Chevènement ?

Source:

http://www.chevenement.fr/La-France-est-elle-finie_a1027.html

L’euro est un deutschemark déguisé

 

Source :

http://www.m-pep.org/spip.php?article2340

La guerre économique est un élément majeur de l’ordre économique néolibéral. Elle fait rage et peu de forces politiques songent à y mettre fin. L’Allemagne est à la pointe de cette guerre au sein de l’espace européen. Elle profite de la dilution des souverainetés nationales des États voisins dans les traités européens pour développer la sienne et asseoir sa domination économique.

Premier constat : les programmes du Front national, de l’UMP et du Parti socialiste, ne rompent aucunement avec cette dynamique infernale. Bien au contraire, fascinée par le vainqueur du moment, l’Allemagne, ils prétendent relever l’économie française en s’inspirant de son agressivité. La « compétitivité » de la France reste pour eux un objectif pour pouvoir « conquérir » des marchés dans d’autres pays.

Second constat : même lorsqu’ils prétendent remettre quelques barrières douanières - étant donné les dégâts provoqués par 30 ans de dérégulation - ils n’envisagent pas un instant d’en établir avec l’Allemagne. Pourtant, la France a un important déficit commercial avec cette nation dont la position économique est favorisée par les traités européens.

La domination exportatrice allemande

En 2010, la France connaissait un déficit de sa balance commerciale de 67 milliards d’euros. Sur cette somme, il faut compter 27 milliards de pétrole brut, 12 milliards de gaz et 10 milliards de produits du raffinage du pétrole, soit 49 milliards d’euros quasiment incompressibles. En 2009, l’Allemagne avait 28 milliards d’excédents commerciaux avec la France. C’est-à-dire un quart du déficit.

L’Allemagne pratique le dumping social

D’où vient cette domination allemande dans ses échanges commerciaux avec la France ? La politique des dirigeants allemands repose sur deux piliers :

  • le premier est la déflation salariale, c’est-à-dire l’écrasement des salaires des travailleurs allemands. Les salaires des ouvriers ont été bloqués pendant dix ans et leurs acquis sociaux ont été rognés de toute part, dans le but de baisser les prix des produits. Cette politique a fortement contribué à appauvrir la classe ouvrière et à la précariser : durant cette période, les augmentations nominales de salaires ont été de 27 % en moyenne dans l’ensemble de la zone euro contre 7 % en Allemagne.

  • le deuxième pilier est la stratégie des entreprises allemandes (soutenue par les gouvernements successifs) consistant à développer l’importation de biens intermédiaires bon marché en provenance des PECO (pays d’Europe centrale et orientale), zone traditionnelle d’influence de l’Allemagne. Il s’agit de pays à bas salaires et à monnaie faible. Ainsi, près de 50% des exportations allemandes comprennent une quote-part de valeur ajoutée étrangère. Pour preuve, si l’Allemagne est en excédent de 28 milliards d’euros avec la France, elle est en déficit avec la Hongrie (2,1 milliards), la République tchèque (1,9), la Slovaquie (0,8) ! L’Allemagne est également en déficit avec la Russie (4,5 milliards) et la Chine (19,4). Elle n’est en excédent qu’avec le Brésil (0,1) et l’Inde (3). Au total, 43% des exportations allemandes se dirigent vers la zone euro grâce à ce tour de passe-passe. Cela constitue ni plus ni moins qu’une délocalisation massive de sa production.

Ce constat est également établi par la Banque de France (rapport n°73, mai-juin 2008) : « L’Allemagne a fortement augmenté la part de ses importations de biens intermédiaires (pièces et composants des biens d’équipement, pièces et composants pour équipements de transport, fournitures industrielles manufacturées) dans les pays à bas coûts, particulièrement dans les PECO. Elle a ainsi bénéficié d’un gain de compétitivité-coût qui pourrait expliquer une part de sa superperformance exportatrice depuis 2000 par rapport, notamment, à la France. »

En définitive, la déflation salariale et les délocalisations allemandes sont équivalentes à une dévaluation déguisée et unilatérale de l’euro pour l’Allemagne. Depuis l’avènement de la monnaie unique, il n’est plus possible de dévaluer dans un seul pays de manière directe pour gagner en compétitivité. La pression sur les salaires et les délocalisations deviennent la variable d’ajustement. Il est cependant presque impossible pour les pays les moins riches de la zone euro (notamment les pays du sud de l’Europe) de faire comme l’Allemagne, car les salaires et les protections sociales sont déjà moindres. Ces pays voient donc leur balance commerciale devenir gravement déficitaires. Ce déficit creuse la dette des États... on connaît la suite.

L’Allemagne est le principal bénéficiaire du fonctionnement actuel de l’Union européenne

Au début de la construction de l’Union européenne, tous les pays n’étaient pas sur un pied d’égalité. L’Allemagne dominait légèrement l’économie européenne. Même s’il est vrai que sa balance commerciale avec la France était à peu près à l’équilibre, elle disposait d’un tissu industriel plus solide. Cette situation s’explique en partie par l’Histoire industrielle de ce pays, depuis les débuts de l’ère industrielle, mais également parce que la République fédérale d’Allemagne (RFA) a joué le rôle de vitrine économique du modèle capitaliste pendant la Guerre froide. Elle avait bénéficié à ce titre d’importants capitaux américains et internationaux. Par ailleurs, ayant perdu la guerre, il lui avait été interdit de se remilitariser, ce qui signifie que d’importants crédits ont pu profiter à l’investissement dans l’appareil productif, alors que dans les autres pays l’arsenal militaire a absorbé d’importants moyens. Notons au passage que les mêmes conditions avaient été faites au Japon, l’autre grand perdant de la Seconde Guerre mondiale, avec les mêmes effets puisque son économie a été très forte à l’échelle planétaire pendant des décennies.

Cette position dominante a permis à l’Allemagne d’imposer les fondamentaux de l’Union européenne et de mettre les États au service de cette politique. La construction européenne s’est donc faite sur le modèle allemand. La Banque centrale européenne (BCE) est en réalité la Bundesbank et l’euro est le deutschemark.

  • La BCE pratique la politique de l’euro fort car l’Allemagne a besoin d’un euro fort pour pratiquer ses délocalisations/importations avec des pays dont les monnaies sont moins fortes et les salaires plus bas (elle fait fabriquer dans des pays à monnaie faible et vend dans la zone euro, monnaie forte). La politique de la monnaie forte était déjà celle du deutschemark. L’Allemagne avait déjà imposé à la Communauté économique européenne (CEE) une politique de monnaies fortes (« serpent monétaire européen » dans les années 80 et 90). Cette logique, appliquée aveuglément en France par les socialistes convertis aux thèses néolibérales, avait conduit à la politique du « franc fort » dans les années 90 (qui s’était traduite par la poussée un chômage).

  • La politique de la BCE repose sur le dogme de la chasse à l’inflation (et donc des « dettes »). Ce principe est une « tradition » allemande. Il a été institué suite au traumatisme qu’a connu ce pays dans les années 30. Bien entendu, pour que le taux de chômage n’explose pas, ce principe n’était tenable qu’à la condition que le pays soit commercialement très agressif. Pour un pays en situation de domination économique, avoir une monnaie forte revient donc à exporter son chômage (les excédents commerciaux créent de l’emploi dans le pays excédentaire et créent du chômage dans les pays déficitaires).

Les délocalisations allemandes profitent-elles aux PECO ?

Dans la période 2004-2008, les grands industriels allemands ont massivement investi en Slovaquie, pays dans lequel le salaire moyen était de 600€ et où le taux de chômage (15%) garantissait le maintien de ce bas niveau de rémunération. Des industriels français et coréens avaient également investi. Mais en 2009, le pays est passé à l’euro. Depuis, ces investisseurs sont partis voir ailleurs : la production a baissé de 27% (et de 47% dans l’automobile). Même régime pour la République Tchèque, les investisseurs sont partis en Roumanie, en Turquie et au Maroc. Pourtant, après passage à l’euro, le coût du travail dans ce pays reste trois fois inférieur à celui de l’Allemagne. Les bénéfices qu’il retire des investissements allemands sont donc très relatifs. La Slovaquie n’est donc pas près de devenir un concurrent de l’Allemagne dans la compétition économique ! Cependant, les pays qui souffrent le plus de la politique allemande sont les États méditerranéens.

L’Union européenne, un projet germano-centré

La domination allemande s’est construite avec l’Union européenne et parallèlement à elle. Le projet européen des années 90 se prétendait coopératif et solidaire, garant de la paix et de la prospérité. Mais il excluait d’emblée les pays méditerranéens de l’Europe.

« PIGS » est un acronyme formé par les mots Portugal, Ireland, Greece et Spain. Il signifie « cochons » et désigne - dans le délicat vocabulaire des leaders allemands - les pays de l’Europe du Sud. Cette désignation n’a pas seulement un rapport avec le niveau économique de ces pays. En effet, alors que l’Allemagne n’a jamais voulu des pays méditerranéens dans la zone euro, elle a milité pour l’extension de la zone euro vers l’Europe centrale et l’Europe de l’est, des pays dont les économies sont également éloignées du niveau allemand. Comment expliquer cette stratégie ?

Avec la réunification, dans les années 90, l’Allemagne était un jeune État plurinational ; un État « pluriel ». Il regroupait des régions dont les différences étaient plus marquées qu’entre les provinces françaises. En effet, la France est une nation séculaire alors que les tentatives de Reich allemand ont échoué et ont retardé l’intégration nationale.

Le projet allemand pour l’Europe, au moment de la création de l’espace économique européen, devait lui apporter des réponses en termes de cohérence territoriale. Un tel projet avait besoin d’un élément structurant. Une Europe à caractère fédéraliste répondait à ce besoin de cohérence et la monnaie unique en était l’élément structurant. La monnaie unique était clairement une demande allemande.

Mais dans l’esprit des dirigeants allemands, l’espace d’intégration devait correspondre à l’espace historique de la Germanie comprenant l’Allemagne, la France, le Benelux et les pays d’Europe centrale. C’est en effet pour cet espace qu’avait été conçu l’Euro... on le voit bien aujourd’hui que surviennent les crises grecques, espagnoles, et portugaises. « Pas les pays du Club-Med ! » s’était exclamé en son temps le ministre allemand des finances. C’est Romano Prodi, alors président du Conseil, qui avait beaucoup insisté pour faire inclure l’Italie dans la zone euro. En effet, l’Italie risquait la déstabilisation et l’éclatement car le nord est depuis toujours tenté de se rapprocher de la zone d’influence allemande et de se débarrasser du reste. Cette brèche a ensuite permis aux autres pays méditerranéens d’entrer.

L’Allemagne ne coopère pas avec les autres nations européennes

Les choses ont beaucoup évolué depuis les années 90. Aujourd’hui, 70% de la population allemande estime que l’avenir de l’Allemagne ne passe pas par l’Europe. L’Allemagne se considère comme une grande puissance mondiale émergente et souhaite profiter de l’évolution du rôle économique de l’Asie. Elle souhaite également retrouver son tropisme historique vers l’est. Elle se rêve en « grande Suisse » ou en « petite Chine ». Elle ne porte plus guère d’intérêt à la géographie de ses voisins. Par exemple, elle a fait un revirement radical dans sa politique énergétique sans prendre en compte les intérêts de l’ensemble des pays européens, uniquement pour des raisons de politique intérieure. Lors de la crise en Libye, le pays a fait un choix en accord avec le comportement des partenaires économiques avec lesquels il a les échanges les plus dynamiques. Bref, l’Allemagne n’est pas en crise et n’a pas l’intention de continuer à payer les dettes des autres pays, elle souhaite que ces derniers quittent la zone euro. Du projet européen il ne reste finalement que ce qui peut servir de marchepied à ses nouveaux projets : le libre-échange.

L’Allemagne - contrairement à la France - n’a pas abandonné sa souveraineté

Dans quel contexte idéologique le projet d’Union européenne a-t-il germé en Allemagne tout aux long des décennies d’après-guerre ? Les Allemands ont une explication des causes de la Seconde Guerre mondiale qui est différente de la notre. Ils estiment que cette guerre est le produit des égoïsmes nationaux. Cette explication n’est pas acceptable car tous les pays n’ont pas eu une attitude belliqueuse à ce moment là. L’idée qui ressortait de cette conclusion (erronée) était donc qu’il fallait une Europe qui soit la plus fédérale possible de manière à garantir la paix. Un fédéralisme reposant sur l’affaiblissement des nations et la dilution de leur souveraineté. Cette vision des choses a clairement remis en cause le principe de l’État-nation, invention française et héritage de la Révolution de 1789. La France a donc renoncé peu à peu à sa souveraineté au nom de l’Europe.

Cependant, et paradoxalement, l’Allemagne n’en a pas fait de même ! En 2010, le tribunal constitutionnel de Karlsruhe, garant de la souveraineté allemande, a réaffirmé expressément la souveraineté allemande. Il a souligné dans l’un de ses arrêts qu’il n’y a pas de peuple européen, donc, par conséquent, pas de démocratie européenne possible puisque pas de souveraineté pouvant supplanter la souveraineté allemande.

Les dirigeants français, qui ont besoin de la crédibilité économique allemande à l’échelle internationale, ont donc dilapidé la souveraineté nationale dans le cadre de traités de libre-échange et de libéralisation. En effet, tels étaient les souhaits des marchés et des gouvernements allemands successifs navigant en fonction de leurs orientations. Le libre-échange implique, en théorie, que les pays renoncent à une partie importante de leur souveraineté. Mais les États dominants n’ont pas besoin de s’appliquer ce qu’ils exigent des autres (cf. les États-Unis) !

Pour des mesures protectionnistes au niveau national

Contrairement à ce qu’il prétend être, le projet d’Union européenne n’est pas un projet solidaire et coopératif à l’échelle du continent. Le tissu industriel français a grandement souffert du dumping allemand, mais aussi et surtout de la « stratégie » des leaders français dans la construction de l’Union européenne.

Comment modifier le rapport de force de manière à rétablir une concurrence moins faussée avec l’Allemagne ? On le voit bien, un protectionnisme purement « européen », tel qu’il est prôné par certains, serait inefficace puisque l’Allemagne fait du dumping social au sein même de l’Union européenne. Ainsi, même le discours du Front national, qui se prétend radical, perd toute sa crédibilité car il assure l’impunité de la politique agressive des dirigeants allemands en refusant toute mesure protectionniste avec ce pays.

D’autre part, toute mesure protectionniste doit avoir un caractère universaliste. Le M’PEP est solidaire des travailleurs allemands dans leurs luttes contre la casse sociale. Son combat les rejoint car le creusement des inégalités dans ce pays est – comme dans le notre – le résultat de la guerre économique néolibérale et de la captation des richesses par une partie de la population au détriment de l’autre.

La protection de l’économie nationale ne doit-elle viser qu’à rendre la France plus agressive dans la guerre économique ? La France doit-elle s’inspirer de la politique allemande ? Seule une logique nationaliste et pro-capitaliste peut défendre cette option. C’est celle défendue par le Front national (nous reviendrons sur cet aspect des choses dans une prochaine lettre d’information). Pour la vraie gauche, le modèle allemand devrait être un anti-modèle. Les mesures protectionnistes préconisées par le M’PEP ont – au contraire - un caractère internationaliste. Elles se veulent l’antithèse de la mondialisation en prônant la construction d’un nouvel ordre économique basé sur la solidarité et la coopération. Elles s’appuient sur la charte de La Havane qui vise à rétablir l’équilibre des balances des paiements de chaque pays.

Sources :

  • Jacques Nikonoff, « Sortons de l’euro », Mille et une nuits, 2011.

  • Marie-France Garaud dans l’émission de télévision sur France 3 « Ce soir ou jamais  » du 13 décembre 2010.

  • Jacqueline Hénard, « Que pense l’Allemagne ? », Kommunal-U.Schul-Vlg, juin 2011.

  • Conférence « Que faire de l’Union européenne », organisée par le M’PEP le 11 juin 2011.

  • M’PEP, « Verbatim de la confrontation Le Pen - Nikonoff sur France 2  », juillet 2011.

Publié par Frédéric Maurin à 00:10am - Voir le commentaire ()
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22 Août 2011

Enfin ! L'OTAN libère un peuple de son dictateur !

  Le titre, c'est évidemment du second degré. Ce qui importe, c'est d'ajouter au choc des photos, le poids des mots... Frappe en Libye : l'alibi humanitaire...

Malheureusement, il a tiré trop à droite :

sarkozy_kadhafi.jpg

Mais peut-on sérieusement reprocher à l'OTAN de tirer trop à droite ?

L'histoire étant écrite par les vainqueurs... on lui trouvera des circonstances atténuantes, voire même un alibi : Frappe en Libye : l'alibi humanitaire...

Publié par Frédéric Maurin à 19:23pm - Voir le commentaire ()
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6 Août 2011

Devoirs de vacances

 

 

Après avoir répondu à ces questions :   A qui profite la dette publique?   et, plus difficile Faut-il sauver l'euro ? ...il s’agira de préparer la rentrée.

Et la rentrée, c’est évidemment la fête de l’Humanité, la dernière avant les élections présidentielles, cette petite « fenêtre de tir » pour rompre avec l’Union pour une Minorité de Privilégiés.

3 jours de fête en zone libérée du sarkozysme avec, ceci explique cela, une programmation musicale qui vaut à elle-seule le détour (et qui coûte le modeste investissement de 20 euros l'entrée!).

Jugez-en par vous même :

Joan Baez,Yannick Noah, Sum 41, Bernard Lavilliers, The Ting Tings, Gaëtan Roussel, Patrice, Nolwenn Leroy, Soprano, Les Percussions de Radio France, Fat Freddy's Drop, Souad Massi sur la Grande Scène. No one is innocent, Cyril Mokaiesh, HK et les Saltimbanks, Dick Annegarn et la Compagnie Pietragalla sur la scène Zebrock. Christophe Alévêque à l'Agora de l'Humanité.

Retouvez le programme ici : http://humanite.fr/fete_huma avec cette petite mise en bouche :

 

 

 

 

Joan Baez, un grand nom de la protest song :

Here's to you, Nicolas and Bart
Rest forever here in our hearts
The last and final moment is yours
That agony is your triumph

 

(la justice américaine a décidément une grande histoire!)

Allez une dernière...au hasard :

 

 

 

 

 

 

 

Chose étant dite, la fête de l'Humanité, c'est bien plus qu'une fête ... si l'on en croit ce texte publié ici : http://www.pcf-smh.fr/

 Dans 9 mois les élections présidentielles… Voilà déjà 4 ans que le système fait tout pour persuader qu’un changement ne peut provenir que de ce choix de personne. Le quinquennat, fruit de l’accord Chirac-Jospin de 2000, a aggravé ce travers institutionnel de la 5ème République en subordonnant les législatives aux présidentielles.

L’enfermement de la perspective sur 2012 a déjà bloqué l’alternative politique portée par le mouvement populaire.

Un rapport de force considérable s’est manifesté pour faire reculer Woerth lors de l’immense lutte pour stopper le contre-réforme des retraites. Mais tout a été reporté sur 2012. Au nom de l’unité, on n’a pas voulu se démarquer radicalement des positions de ceux (PS et cie) qui acceptent l’allongement de la durée de cotisation ou la casse des régimes spéciaux.

Comment rassembler ensuite dans l’action pour la retraite à 60 ans ?

A la fin, on a pu lire ainsi que la contestation sociale se serait heurtée à l’intransigeance de « l’hyperprésident ». Alors que des millions de personnes étaient dans la rue avec le soutien de 70% de la population ! A leur façon, les autocollants consternants du PG (« Casse-toi pov’con ! ») ont aussi contribué à détourner la perspective vers 2012. L’analyse de l’échec du mouvement pour les retraites reste essentielle.

Retraites: pour une opération "Tu l'as votée, tu vas le payer"

 

Dans les mois qui viennent, la campagne électorale va écraser encore davantage toute la vie publique et le mouvement social. Le jeu de rôles des partis finit de se mettre en place.

 

Que faire du Président des riches ?


BIEN SUR, IL FAUDRA BATTRE SARKOZY.

Sa réélection donnerait le signal au capital qu’il peut tout se permettre en France.

Mais pour cela, « l’unité » et le vote « utile » vont se porter sur le PS, dont l’essentiel des positions économiques et sociales sont de la même inspiration. Le petit jeu des primaires accentue encore la personnalisation, la dépolitisation des enjeux. Il ne peut pas faire oublier que Hollande, Aubry, comme l’ex-patron du FMI, partagent le même programme : même objectif d’austérité, même adhésion inconditionnelle à l’UE, à l’euro…

Faut-il sauver l'euro ?

Le système a complété le piège électoral en ravivant l’extrême-droite.

Vive le Front National !

Le FN de Marine Le Pen a pour fonction d’étouffer le débat politique, de caricaturer et de diaboliser certaines positions comme la remise en cause de l’euro.

Dans cette situation, communistes, que faire ?

Continuons à donner, même à contre-courant, la priorité au mouvement populaire, aux luttes qui continuent de se développer (Carrefour, PSA, aviation…) !

Contribuons à faire battre la droite et l’extrême-droite sans laisser planer d’illusions sur un changement véritable avec le PS !

Un mois avant d’être élu, le PS grec promettait des augmentations de salaires de 5%...

Appel à l'exclusion de DSK du Parti Socialiste

Continuons à mettre en avant les propositions sur lesquelles les luttes peuvent converger, notamment de rupture avec l’UE du capital : (re) nationalisations, retour aux monopoles publics, refus de l’application des directives et traité européens ; abrogation de la loi Bachelot, restauration intégrale du financement de la Sécurité sociale par la cotisation sociale ; augmentation du SMIC à 1600 euros net avec le rétablissement d’une échelle mobile des salaires et la reconnaissance des qualifications. Etc.

Il ne s’agit pas pour nous de multiplier comme JL. Mélenchon les surenchères électorales gratuites : « si je suis élu » mais de souligner les ruptures essentielles.

Nous vivons une période d’aiguisement, partout en Europe, en Afrique du Nord, de l’affrontement de classe.

Nous sommes tous des Tunisiens !

Rien n’est prévisible. Le peuple va avoir besoin d’un Parti communiste fort.

La Fête de l’Humanité sera l’occasion pour nous de répondre présents.

http://humanite.fr/fete_huma

Publié par Frédéric Maurin à 09:25am - Voir le commentaire ()
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2 Août 2011

A qui profite la dette publique?

 

la réponse à cette question se trouve dans l'article de Bernard Cassen, en deuxième partie.

Capital

Quant à savoir quand est-ce qu'on le bouffe, Ignacio Ramonet y répond en conclusion de ce texte :

Source : Mémoire des luttes (medelu.org) . Ce qui nous ne dispensera pas de prolonger notre abonnement au Monde Diplomatique pour retrouver ces deux journalistes...et bien d'autres.

 

Les europhiles les plus béats le répètent à l’envi : si nous ne disposions pas de l’euro, disent-ils, les conséquences de la crise seraient bien pires. Ils divinisent un euro "fort et protecteur". C’est leur doctrine. Ils la défendent fanatiquement. Mais il faudrait expliquer aux Grecs (et aux Irlandais, aux Portugais, aux Espagnols, aux Italiens et à tant d’autres citoyens européens frappés par les politiques d’austérité) ce que seraient des "conséquences bien pires"... Socialement, la situation n’est-elle pas déjà insupportable ? Ne sent-on pas monter, au sein de l’eurozone, une hostilité de plus en plus radicale à l’égard de la monnaie unique et de l’Union européenne (UE) elle-même ?

Les citoyens indignés contre la situation actuelle ne manquent pas d’arguments. Car l’euro, monnaie de 17 États et de leurs 330 millions d’habitants, est en effet un instrument au service d’un objectif précis : la consolidation des dogmes [1] sur lesquels est fondée l’UE. Ces dogmes - que le Pacte de stabilité (1997) ratifie et que la Banque centrale européenne (BCE) sanctionne - sont au nombre de trois : stabilité des prix, équilibre budgétaire et renforcement de la concurrence. Nulle préoccupation sociale, aucun engagement à réduire le chômage, zéro volonté de garantir la croissance et, bien entendu, pas le moindre désir de défendre l’Etat providence. Bien au contraire.

A l’occasion de la crise actuelle, les gens commencent à comprendre que les normes de l’UE ainsi que celles de l’euro ont été deux attrapoires pour les faire entrer dans un piège néolibéral dont l’issue n’est guère aisée. Ils se retrouvent désormais prisonniers des marchés, comme l’ont explicitement voulu les dirigeants politiques (de droite et de gauche) qui, depuis trois décennies, bâtissent l’UE. Ces politiques ont systématiquement organisé l’impuissance des Etats dans le dessein d’accorder davantage d’espace et de marge de manœuvre aux marchés et aux spéculateurs.

C’est d’ailleurs dans cet esprit (et sous la pression de l’Allemagne) que la BCE a été déclarée "totalement indépendante" des gouvernements [2]. Ce qui signifie que, contrairement à ce que son nom indique, la BCE n’est pas une Banque centrale, et qu’elle se retrouve en dehors du périmètre de la démocratie. Afin que ni les citoyens, ni les gouvernements élus ne puissent modifier ses options libérales.

Ces caractéristiques (impuissance des dirigeants politiques, indépendance de la BCE) sont en partie responsables de l’incapacité européenne à résoudre le drame de la dette grecque. L’autre raison est que, sous son apparente unité, l’UE (et dans ce cas précis la zone euro) se trouve profondément divisée en deux camps presque irréconciliables. D’un côté : l’Allemagne et son aire d’influence (Benelux, Autriche et Finlande) ; de l’autre : la France, l’Italie, l’Espagne, l’Irlande, le Portugal et la Grèce.

L’origine de la dette grecque (comme celle de la dette des autres pays "périphériques") est bien connue. Lorsque la Grèce fut admise au sein de la zone euro [3], les institutions financières et les investisseurs internationaux considérèrent immédiatement que ce petit Etat présentait, malgré son évidente fragilité et ses ressources limitées, toutes les garanties pour recevoir des crédits massifs et bon marché. Une pluie de propositions de financement à des taux ridicules s’abattit sur Athènes. Formulées, en particulier, par des banques allemandes et françaises qui poussèrent les gouvernements grecs à s’endetter à faible coût et à long terme pour acheter notamment du matériel militaire allemand et français... [4]

Lorsque la crise financière (dite "des subprimes") éclate en 2008, elle s’étend rapidement à l’ensemble du secteur bancaire européen. Les établissements financiers manquent très vite de liquidités et réduisent drastiquement le crédit. Ce qui menace d’asphyxier l’ensemble de l’économie. Pour éviter cela, les Etats décident d’aider massivement les banques. Et parviennent à les sauver. Mais pour ce faire, ils ont dû emprunter auprès des marchés internationaux (puisque la BCE leur refuse tout prêt). C’est alors qu’interviennent les agences de notation ; elles sanctionnent l’endettement excessif des Etats (réalisé pour sauver les banques !)... Immédiatement, les taux d’intérêt des crédits aux Etats les plus endettés explosent... Commence alors la phase actuelle de la crise.

La dette grecque est insignifiante en elle même si l’on se souvient que le PIB de la Grèce représente moins de 3% de celui de la zone euro. Techniquement, le problème aurait pu être réglé il y a plus d’un an sans difficulté. Mais le gouvernement conservateur allemand, qui faisait face alors à des élections locales difficiles (et finalement perdues), estima qu’il ne serait pas moralement juste que les Grecs, accusés de "corruption" et de "laxisme", s’en tirent si facilement. Il fallait donc les punir afin que leur mauvais exemple ne soit pas imité.

Une aide trop rapide à Athènes, déclara Angela Merkel, "aurait un effet négatif, d’autres pays en difficulté pourraient cesser de faire des efforts" [5]. Cette attitude explique pourquoi, avec l’aide de ses alliés, Berlin ne cessa de tergiverser à propos de l’aide à Athènes. Laissant filer les mois. Délai dont profitèrent les marchés, alléchés par le désaccord européen, pour attaquer la Grèce. Finalement, Berlin finit par accepter un premier (et incomplet) plan d’aide, à une condition : que le Fonds monétaire international (FMI) y soit associé. Pourquoi ? Pour deux raisons. D’abord, parce que les institutions européennes ne disposent pas d’un bourreau suffisamment sévère pour intimider les Etats. Et ensuite parce que, depuis quarante ans, la spécialité du FMI consiste à exiger des pays endettés la mise en place de politiques antisociales. Ses recettes (appliquées sans pitié en Amérique latine dans les années 1970 et 1980) sont toujours les mêmes : hausse des taxes à la consommation, réductions brutales des budgets publics, strict contrôle des salaires, privatisations massives... [6]

Le gouvernement Papandreu fut donc contraint d’accepter un féroce plan d’ajustement, refusé par les citoyens révoltés. Mais, aux yeux des marchés, le mal était fait. Car cette affaire démontrait, une fois encore, une évidence : le rythme de la politique européenne est trop lent, alors que celui des marchés est immédiat. Les spéculateurs comprirent que l’Union européenne restait un géant sans cerveau politique, et que l’euro n’était qu’une "monnaie forte" à structure faible (il n’y a pas d’exemple dans l’histoire, d’une monnaie qui ne soit pas encadrée par une autorité politique). Les marchés attaquèrent alors l’Irlande, et devant une réaction européenne derechef lente et maladroite, ils raflèrent à nouveau la mise. Puis ils attaquèrent le Portugal, et idem. Ils attaquèrent ensuite l’Espagne et l’Italie, et les gouvernements de ces pays s’empressèrent eux-mêmes de s’auto-infliger les impopulaires recettes du FMI...

Dans toute l’Europe se répand ainsi la "doctrine de l’austérité expansive", que ses propagandistes présentent comme une sorte d’élixir économique universel, alors qu’il provoque partout de terribles désastres sociaux. Pis, ces politiques de rigueur aggravent la crise, elles étouffent les entreprises de toutes tailles en renchérissant le crédit, et enterrent toute perspective de récupération rapide de l’économie. Elles entrainent les Etats dans une spirale d’autodestruction, leurs recettes se réduisent, la croissance stagne, le chômage augmente, les nocives agences de notation baissent la note de confiance, les intérêts de la dette souveraine s’élèvent, la situation générale empire et les pays redemandent de l’aide... [7] Aussi bien la Grèce que l’Irlande et le Portugal - les trois seuls Etats aidés par l’UE (par le biais notamment du Fonds européen de stabilisation financière) et par le FMI - ont été précipités dans ce tragique toboggan par ceux que Paul Krugman appelle les "fanatiques de la douleur" [8].

Le Pacte de l’euro, proposé en mars dernier, aggrave les choses. Car il s’agit, en réalité, d’un tour de vis supplémentaire pour renforcer la rigueur. Il prévoit plus de "compétitivité", encore des réductions des dépenses publiques, de nouvelles mesures de "discipline fiscale", et pénalise surtout - et encore une fois - les salariés. Il menace aussi de sanctionner les Etats qui ne respecteraient pas le Pacte de stabilité [9]. Et propose même la mise sous tutelle de la dette publique, c’est-à-dire une limitation de la souveraineté. "Les pays européens doivent être moins libres d’émettre de la dette", a affirmé, par exemple, Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire de la BCE. Certains eurocrates vont plus loin, ils proposent que tout gouvernement n’ayant pas respecté le Pacte de stabilité se voit retirer la responsabilité de diriger ses propres finances publiques...

Tout ceci est absurde et néfaste. Il en résulte une société européenne appauvrie au profit des banques, des grandes entreprises et de la spéculation internationale. Pour l’instant, les protestations légitimes des citoyens européens visent leurs propres gouvernants, marionnettes dociles des marchés. Quand se décideront-ils à concentrer leur colère contre le vrai responsable, c’est-à-dire le système qui n’est autre que l’Union européenne elle-même ?

Faut-il sauver l'euro ?

 

La dette publique, une aubaine pour les riches



par Bernard Cassen

 

Dans la sphère financière comme dans les autres, ce sont les dirigeants politiques et les médias qui, par un tri sélectif des données factuelles disponibles, les font accéder au statut de « problèmes ». Dans le même temps, ils en délimitent unilatéralement par avance les « solutions ». La question de la dette publique constitue un cas d’école de cette manière de trancher un débat sans qu’il ait eu lieu.

Premier volet de la manipulation : dans une atmosphère confinant à la panique, cette question est érigée en sujet de préoccupation quasi obsessionnel. C’est le cas depuis mai 2010 dans l’Union européenne (UE) avec la mise en place du Fonds européen de stabilité financière ; c’est aussi le cas depuis peu aux Etats-Unis. Deuxième volet : dans la zone euro, une solution d’une simplicité biblique est mise en avant. Elle consiste à affirmer que, pour résorber les déficits, il faut tailler massivement dans les dépenses publiques et privatiser tout ce qui peut l’être. Et cela quelles que soient par ailleurs les divergences entre gouvernements de l’UE, et entre certains d’entre eux (Allemagne, Pays-Bas) et la Banque centrale européenne (BCE) sur la nécessité ou non d’une « restructuration » - c’est-à-dire d’une annulation au moins partielle - des dettes souveraines ou d’une mise à contribution des banques qui ont réalisé des bénéfices colossaux grâce à la spéculation sur ces dettes.

Le simple bon sens enseigne pourtant qu’un déficit représente seulement la différence entre des recettes et des dépenses. Cette différence peut certes être comblée par la diminution des dépenses, mais elle peut l’être tout autant par un accroissement des recettes fiscales. Or cette solution n’est jamais évoquée qu’à la marge car elle remettrait en question les politiques néolibérales menées depuis trois décennies par les gouvernements, qu’ils se réclament de la droite ou de la gauche. Ces politiques ont abouti à diminuer la part des revenus du travail dans la richesse produite et à augmenter d’autant les revenus du capital. En d’autres termes, à creuser les inégalités partout dans le monde.

De 1982 à 2005, la part des 1 % les plus riches dans l’ensemble des revenus est passée de 8, 4 % à 18, 3 % aux Etats-Unis, et de 6,9 % à 14, 3 % au Royaume-Uni. Dans la zone euro, les chiffres sont moins spectaculaires, mais néanmoins significatifs : de 9,4 % à 11, 1 % en Allemagne ; de 7, 1 % à 8, 2 % en France [1]. Ce formidable transfert de la richesse au profit de ceux qui étaient déjà des privilégiés s’est opéré par la baisse constante de l’imposition des hauts revenus et des bénéfices des entreprises, d’ailleurs souvent camouflés dans des paradis fiscaux. Les déficits budgétaires entraînés par l’insuffisance délibérée de ces recettes fiscales permettent aux plus riches de gagner sur les deux tableaux : d’un côté, ils paient moins d’impôts, et, de l’autre, grâce aux économies qu’ils réalisent ainsi, ils peuvent acquérir des titres de la dette publique dont les intérêts sont payés par le contribuable.

Les déficits publics pourraient facilement être comblés par une série de mesures simples : taxation des revenus du capital à la même hauteur que celle des revenus du travail ; lutte sérieuse contre la fraude fiscale ; taxation de toutes les transactions financières ; interdiction des flux financiers avec les paradis fiscaux, taxation des produits et services en provenance des pays ne respectant pas des normes sociales et environnementales minimales. On peut toujours rêver d’un Sommet européen qui prendrait ces décisions…

Publié par Frédéric Maurin à 21:28pm - Voir le commentaire ()
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21 Juillet 2011

Faut-il sauver l'euro ?

Bonne question. Pour les médias aux ordres, la réponse ne fait aucun doute, c'est Oui.

Comme cela a toujours était Oui. OUI à la parenthèse libérale de 1983, à l'acte unique de 1986, à la dérégulation, à Maastricht en 1992, au traité capitaliste européen en 2005, à la rigueur sans fin ici et ailleurs... tant que la rigueur et la modération salariale touche les prolos et pas les détenteurs d'actifs financiers, c'est Oui, Oui et Oui.

Personne ne vous dira le contraîre (sauf le Front National, mais on y reviendra...). Or, si l'on se donne pour but de rompre avec l'Union pour une Minorité de Privilégiés (aile gauche comprise, celle qui va nous noyer sous des faux débats lors d'élections justement nommées "primaires"), la réponse est moins évidente.

Il serait même malhonnête de vouloir y répondre sans mettre sur la place publique les analyses suivantes. Et comme vous êtes des gens honnêtes, vous allez y contribuer... C'est d'autant plus intéressant que le sujet sera soigneusement évité lors des prochaines échéances électorales.

A moins que...à moins qu'on s'y mettent.

Coupez la télé et tenez bon.     

Bienvenue sur le site de Bastille-République-Nations

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Source : Bienvenue sur le site de Bastille-République-Nations

« Avec l'euro, un marché commun doté d'une monnaie unique a vu le jour, créant ainsi prospérité et richesse pour nous tous ». C’est ce qu’affirme un texte (1) signé par 48 des plus grands patrons français et allemands. « Les entreprises européennes profitent de ce développement », précisent les signataires, levant ainsi toute ambigüité sur le « nous ». C’est en effet incontestable. Pour la France, une étude publiée le 22 juin note ainsi que les entreprises du CAC 40 ont vu leurs profits bondir de 74,1% entre 2009 et 2010. Et le cru 2011 ne devrait pas décevoir.

 

Les auteurs de l’appel poursuivent : « le retour à une situation financière stable coûtera de nombreux milliards d'euros, mais l'Union européenne et notre monnaie commune en valent la peine. Nous devons convaincre nos concitoyens de cela ».

 

Ce n’est pas gagné. En Grèce, l’euro et sa gouvernance portent les souffrances populaires, et conséquemment les mobilisations, à un niveau sans précédent. Le Portugal pourrait suivre. En Italie le mois dernier, puis en Espagne avec l’émergence des « Indignés » (plusieurs centaines de milliers de manifestants le 15 juin), la colère prend de l’ampleur. Et même les pays hors zone euro, mais soumis à la gouvernance made in Bruxelles, ne sont pas en reste : le 16 juin, la République tchèque a connu son plus grand mouvement de grève depuis la seconde guerre mondiale (aucun train, aucun métro). Au Royaume-Uni, des syndicats préparent pour l’automne des grèves dans la fonction publique qui pourraient être historiques.

 

Si la pression populaire ne se manifeste pas dans la rue, elle s’exprime dans les urnes. Et quand les forces classées à gauche sont impliquées dans la défense et illustration de l’euro, ce sont souvent les mouvements étiquetés « populistes » qui remportent la mise. Ainsi, les succès électoraux spectaculaires des « Vrais Finlandais », ainsi que de la formation de Geert Wilders (aux Pays-Bas), traduisent notamment un rejet de la camisole européenne. Cela n’est pas sans influence : Helsinki et La Haye ont été les capitales qui ont soutenu Berlin sur le thème : « il faut faire contribuer les créanciers privés ». Les dirigeants allemands sont quant à eux pris dans ce dilemme : sauver l’euro à tout prix, mais sans pouvoir ignorer l’« euroscepticisme » qui se répand outre-Rhin.

 

A la Commission européenne comme à la BCE, on n’ignore rien des ces périls qui montent. La tentation de la fuite en avant se confirme. Jean-Claude Trichet, recevant le 2 juin le prix Charlemagne, a saisi l’occasion pour lancer un ballon d’essai : « serait-ce trop audacieux, (…) avec un marché unique, une monnaie unique et une banque centrale unique, d'envisager un ministre des Finances de l'Union ? ». Un ministre, a-t-il précisé, qui prendrait directement en main les politiques économiques des Etats déviants.

 

Plus les résistances sont fortes, plus les euroligarques dénient ouvertement les souverainetés populaires. Jusqu’à quand ?

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Source : http://www.ideologie-europeenne.fr/

Pour justifier son existence, l'Union Européenne avait besoin de donner d'elle une image autre que celle d'une machine de guerre au service du capital.

L'Idéologie Européenne devait donc se construire et se développer parallèlement à l'Union Européenne. Au fur et à mesure de l'approfondissement des conséquences sociales de l'intégration, les couches de peinture bleue ont dû se faire plus épaisses, jusqu'à atteindre le stade de la niaiserie actuelle. Nous nous devons de les combattre sans relâche, là où chacun est le plus utile.

Cependant, nous ne pouvons perdre de vue que ce combat ne peut s'inscrire que dans un autre, bien plus ample : celui de la lutte contre le système capitaliste en général, dont l'Union Européenne n'est qu'un des engrenages.

La rédaction collective de ce livre a été guidée par quatre idées directrices :

Identifier les conséquences réelles de la construction européenne.

Où l'on verra qu'en fait de construction, il s'agit essentiellement d'un démantèlement de la capacité de résistance des peuples face à la domination du capitalisme mondialisé.

Retracer la généalogie de l'Europe en tant que mythe politique et culturel.

Où l'on constatera le parallélisme entre les défaites et reniements du mouvement ouvrier et l'hégémonie croissante de l'Idéologie Européenne comme échappatoire commode dans tout discours sur le progrès social.

Face aux impasses théoriques de l'altermondialisme

Tenter de comprendre dans quelle logique impérialiste l'Europe s'inscrit.

Faire la critique totale de l'Idéologie Européenne.

Où l'on comprendra les enjeux de classe qui percent derrière le rêve européen. La destruction des Etats correspond à la stratégie du capital de l'après-guerre. Son pendant philosophique est la destruction de la raison et de la notion de progrès.

 

9782755506013-V

Enfin, à la question de savoir s'il faut sauver l'Euro et pourquoi, il serait grave de tenter une réponse sans avoir lu le Sortons de l'Euro dont l'entretien qui suit donne un aperçu. 

« Bouclier » censé protéger de la spéculation, la monnaie unique était le moyen quasi miraculeux de terrasser toutes les difficultés : inflation, chômage, récessions… La crise de l’euro et de l’Union européenne, qui a éclaté fin 2009, a balayé ces croyances. Nos dirigeants s’acharnent cependant, en dépit du constat d’échec flagrant, à faire perdurer le mythe de sa monnaie « protectrice ».
La crise de l’euro traduit d’abord une fragmentation de l’Europe et de la zone euro. Le mythe de l’unité a vécu, le couple franco-allemand connaît un divorce de fait : la gestion de la monnaie s’est faite au détriment des intérêts de la France, mais aussi de la majorité de ses partenaires de la zone euro. Seuls les dirigeants allemands ont tiré profit de l’euro fort, ont engrangé les excédents commerciaux réalisés en grande partie sur les autres pays européens. Désormais, ils déséquilibrent dangereusement l’économie européenne, accentue la situation d’endettement publique des pays de l’Europe du Sud… et n’entendent pas montrer la moindre solidarité. La stratégie économique allemande est très néfaste. Est-il possible de se voiler la face plus longtemps ? De la droite à la gauche, il s’est fait en France un consensus qui accepte l’ordre monétaire néolibéral incarné par l’euro.
Le désordre économique ne va pas s’arrêter. Il faut prendre les devants, affronter les graves difficultés européennes et sortir à temps de l’euro.
L’euro interdit de véritables politiques sociales, industrielles et le plein-emploi. Il faut sortir de l’euro. Au plus vite ! 

POUR SORTIR LES PEUPLES EUROPÉENS DE LA CRISE, FAUT-IL SORTIR DE L’EURO ?

JACQUES NIKONOFF
Porte-parole du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

DENIS DURAND
Membre du Conseil national du Parti communiste français (PCF).


 

JACQUES NIKONOFF.

Attention aux amalgames ! Il y a une sortie de gauche de l’euro et une de droite, comme il y avait un « non » de droite et un « non » de gauche lors du référendum de 1992 sur le traité de Maastricht et de 2005 sur le projet de traité constitutionnel européen. La sortie de gauche de l’euro est la suite logique de ces « non » de gauche de 1992 et de 2005 à ces traités qui visaient à sanctuariser les politiques libérales.

Certains objectent un « effet désastreux d’une forte dévaluation sur le niveau de vie des travailleurs en cas de sortie de l’euro. Il ne faut pas se laisser impressionner par la campagne d’affolement de la population menée par la droite, le patronat et le PS en reprenant leurs arguments ! Pourquoi faut-il sortir de l’euro et dévaluer le franc, la drachme, etc. ? Parce que, pour la plupart des pays de la zone euro – sauf l’Allemagne -, l’euro est surévalué.

Cet euro « fort » signifie qu’actuellement 1 euro vaut 1,40 à 1,45 dollar alors que le taux d’équilibre est de 1 euro = 1,15 dollar. Cela entraîne une baisse des exportations, l’aggravation du déficit commercial, les délocalisations (automobile, aéronautique…), la pression sur les salaires. Inversement, les prix des marchandises venant des pays hors zone euro sont moins élevés à qualité égale que les mêmes produits fabriqués en zone euro. Les consommateurs préfèrent alors acheter les produits importés, moins chers.

 

Donc, là aussi, encouragement aux délocalisations et au chômage. Si on veut mettre un terme à la surévaluation de l’euro, au chômage et à l’écrasement des salaires, il faut donc sortir de l’euro.


DENIS DURAND.

Face à cette question, il y a trois positions. Celle qui est majoritaire, soutenue par les forces les plus proches du pouvoir, est favorable à la poursuite de l’euro tel qu’il est et a été conçu et mis en place depuis maintenant 20 ans.

Le choix de la monnaie unique était destiné à instaurer des politiques destinées à satisfaire les marchés financiers. Elles ont eu pour résultats une faible croissance dans la zone euro depuis les années 1990, la montée du chômage et de la précarité, l’aggravation de l’emprise du capital allemand sur l’ensemble de la zone, et actuellement, une crise extrêmement aiguë des finances publiques dans la zone euro.

 

Face à cela, une partie de la gauche socialiste propose de continuer et estime que si l’on a cette crise, c’est parce qu’on n’est pas allé assez loin dans le fédéralisme européen. C’est une fuite en avant pour mieux satisfaire les marchés financiers et qui passe par des politiques d’austérité.

 

Première voie manifestement à rejeter.

La deuxième voie, c’est celle de Jacques Nikonoff.

La troisième, c’est celle du PCF, que je préconise.

 

C’est considérer qu’il n’y a pas de formule magique pour sortir de la crise, et de la crise de l’euro en particulier. On ne peut surmonter la crise du capitalisme financiarisé dans lequel nous sommes sans lutter pour changer aussi l’Europe.

La politique de l’euro cher a effectivement des aspects destructeurs sur l’industrie et l’emploi. Mais renverser cette politique exige une solidarité à l’échelle européenne face aux marchés financiers et face à l’hégémonie américaine.

Ce sont les États-Unis qui ont délibérément provoqué une politique de création massive de dollars, pour faire baisser le dollar et répondre aux intérêts du capital américain. Le Japon, la Chine, les pays émergent ont réagi en refusant cette baisse du dollar : la hausse de l’euro a servi de variable d’ajustement.

Pour en sortir, il faut changer l’euro et sa place dans le système monétaire international, et pour cela organiser une alliance entre l’Union européenne et les pays émergents afin d’imposer un autre système monétaire international, avec une monnaie commune mondiale qui ne soit pas au service d’une puissance dominante, comme l’est le dollar aujourd’hui.

 

Si la solidarité entre Européens éclate au profit d’un repli sur une politique monétaire nationale, on perd un atout considérable dans cet affrontement avec l’hégémonie monétaire américaine. Il faut donc non seulement refuser l’euro tel qu’il est, mais se battre pour le changer.


JACQUES NIKONOFF.

Je suis d’ accord sur le bilan mais j’en tire des conséquences différentes. Il existe des mesures connues et efficaces pour sortir de la crise. Les expliquer à la population permettra de dégager des perspectives de luttes. Pour la gauche et le PCF en particulier, il ya un problème d’articulation entre le court, le moyen et le long terme ; entre le niveau national, européen et international. Il faut mieux articuler tout cela.

Agir dans un pays isolé serait-il une illusion ?

Il est possible d’agir vite à l’échelle nationale, sans pour autant méconnaître le niveau européen. Il ne faut pas donner l’impression aux électeurs qu’on ne peut rien faire alors qu’ils ont voté pour nous. Ce serait alimenter le pessimisme. Il est évidemment souhaitable de parvenir à un nouveau système monétaire européen et international. Mais comment ? Il faudrait en effet mettre d’accord les 27 pays de l’UE sur une conception de gauche de la politique économique et monétaire.

Ce n’est pas pour demain !

Est-il possible d’obtenir un accord politique de gauche sur les questions monétaires avec les gouvernements de droite ou sociaux-écolo-libéraux de Berlusconi, Merkel, Cameron et les faux socialistes méditerranéens ?

La transformation de l’Union européenne, on peut continuer à y rêver et à lutter pour elle. Mais, encore une fois, pour changer le traité de Lisbonne, il faut l’unanimité des 27. Il ne peut pas y avoir de consensus droite-gauche au niveau européen. Cela voudrait dire qu’à l’échelle nationale on est prêts à gouverner avec la droite.

Il faut articuler la perspective de transformer le traité de Lisbonne mais dans le long terme - avec des politiques unilatérales de court terme sur le plan national, comme la sortie de l’euro. La surévaluation de l’euro est structurelle, elle est inhérente à l’euro lui-même. L’euro est surévalué par construction, notamment parce qu’il a été conçu pour concurrencer le dollar comme monnaie de réserve. Et dans ce que j’entends, j’ai l’impression qu’il y aurait une sorte d’accord avec cet objectif initial.

 

Mais moi, je ne suis pas d’accord avec cet objectif. Oui, il faut dédollariser l’économie mondiale, mais pas en concurrençant le dollar en faisant de l’euro un petit dollar Le but de l’euro était de favoriser l’attractivité des capitaux. Pour cela, la BCE a proposé des taux d’intérêt supérieurs à ceux de la zone dollar, ce qui a fait monter l’euro et a déprimé la croissance économique.

D’autre part, le soubassement théorique qui a servi à la fondation de l’euro, c’est la théorie ultralibérale dite des « marchés efficients ». Pour elle, la liberté totale de circulation des capitaux devait permettre aux marchés de choisir les projets les plus rentables. On a vu le résultat !

L’euro a été le vecteur de cette stratégie. Il a été créé pour accompagner la dérégulation financière et faciliter la circulation des capitaux. La dernière raison de la surévaluation de l’euro est la politique des dirigeants allemands, qui ont besoin d’un euro fort. C’est Gerhard Schroeder qui a introduit une stratégie de confrontation, de guerre commerciale au sein même de l’Union européenne, contrairement à l’esprit supposé de la construction européenne. Il a dévalué les salaires des travailleurs allemands pour gagner en compétitivité et soutenir les exportations.

Ces mêmes dirigeants ont délocalisé massivement dans les pays d’Europe centrale et orientale. D’où leur insistance pour l’élargissement de l’Union européenne. Le but était de se tailler une zone dans laquelle il y avait une main-d’œuvre qualifiée et une monnaie faible et dans laquelle il serait possible de faire produire à bas coût pour ensuite exporter dans la zone euro, à monnaie forte (43% des exportations allemandes !).


DENIS DURAND.

La crise financière de 2007-2008 a révélé l’absolue nécessité de réorienter radicalement l’utilisation des moyens financiers. Mais comment y parvient-on ? En ayant d’autres objectifs que ceux de la rentabilité maximale, en privilégiant des objectifs sociaux qui peuvent se traduire par de nouveaux critères de gestion dans les entreprises et de nouveaux critères d’attribution des crédits.

L’expérience historique a montré qu’il ne suffit pas d’intervenir au niveau gouvernemental. Il faut conquérir des pouvoirs à tous les niveaux. Et c’est là que l’on a une articulation. Les banques et les banques centrales ont ce pouvoir spécial, sans équivalent, de créer de la monnaie et de l’affecter aux financements des projets, des investissements qu’elles choisissent

On peut s’attaquer à ce pouvoir dès le niveau local. Des milliers de PME et des entreprises plus grandes ont des projets et ne peuvent pas les réaliser parce que les banques leur refusent des crédits.

On peut dans des centaines de bassins d’emploi développer des luttes avec les salariés, les élus, les habitants, avec des alliances entre différentes couches sociales, pour imposer la réalisation de ces projets qui se traduisent par le développement local, des territoires, de l’emploi, l’élévation des qualifications de la main-d’œuvre, la recherche, la protection de l’environnement.

Il faut mettre en cause le comportement des banques par ces luttes. Puis, une fois que ce rapport de forces est créé, il faut le traduire dans les institutions. Par exemple, les régions peuvent décider aujourd’hui d’arrêter de distribuer des subventions aux entreprises, petites et grandes, et choisir de peser sur le comportement des banques, avec des techniques telles que la sélectivité dans l’attribution des garanties d’emprunt ou des bonifications d’emprunt. C’est ce que nous proposons avec la création de fonds régionaux pour l’emploi et la formation, qui seraient pilotés par les conseils régionaux avec la participation des syndicats, des élus locaux, et les acteurs économiques, publics et privés.

Pour cela, on a besoin d’alliés dans le système bancaire : un pôle financier public avec des banques qui obéissent à d’autres critères que les banques privées. Un pôle financier public, c’est un réseau d’institutions financières qui utilisent leur pouvoir de création monétaire en fonction d’autres critères et en liaison avec les luttes des salariés.

 

Ce pôle financier aurait pour but de peser sur le comportement de l’ensemble du système financier pour obtenir une réorientation des crédits à l’échelle nationale. Il faut créer une force composée de banques renationalisées, en liaison avec les puissantes banques mutualistes, avec la Caisse des dépôts, la Banque de France, Oseo, le Trésor public.

Si on a un projet qui est soutenu au niveau local et au niveau national, on peut se tourner vers la Banque centrale européenne (BCE) pour lui dire : qu’est-ce que vous attendez pour favoriser ces projets-là et pour arrêter de refinancer les prêts que la Société générale ou Goldman Sachs font aux spéculateurs ?

 

On construira ainsi petit à petit le rapport de forces qui fera que, dans l’ensemble de l’Europe, des majorités se constitueront dans les opinions pour exiger une modification des traités, une transformation du statut de la BCE, pour la mettre sous le contrôle des parlements nationaux, du Parlement européen, et faire en sorte qu’elle poursuive d’autres objectifs que ceux qui lui sont actuellement fixés par les traités.


JACQUES NIKONOFF.

Je suis d’accord mais ce sont des vœux pieux. Car c’est incompatible avec le traité de Lisbonne et avec l’euro. Imaginons que d’autres pays ne souhaitent pas changer le statut de la BCE, ce qui est une hypothèse fondée et d’ailleurs la plus probable.

Quel est le plan B ?

On attend que tout le monde se mette d’accord ?

Je crois que c’est la faille de la politique de la gauche de gauche. Elle n’articule pas les différents échelons et les différentes temporalités. Il est évident que les Allemands refuseront d’utiliser l’outil monétaire, parce que dans leur culture il y a un tabou.

 

Dans ce cas-là, que fait-on ?

On dit aux Français que l’on a essayé mais que les dirigeants allemands ne veulent pas ? C’est la raison pour laquelle il faut sortir de l’euro de manière unilatérale. Il n’y aura pas d’atteinte au niveau de vie des travailleurs si on prend trois mesures.

 

Première mesure : rétablir l’échelle mobile des salaires et des prix.

 

Deuxième mesure : faire entrer la France dans le SUCRE (Système unitaire de compensation régionale de paiement), la monnaie commune de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA). Il y a là une formule alternative à l’ordre néolibéral mondial très intéressante.

La France pourrait diversifier ses sources d’approvisionnement, notamment en pétrole, ce qui la protégerait des conséquences de la dévaluation pour l’importation de matières premières.

 

Et troisième mesure : mettre en œuvre de manière unilatérale la charte de La Havane de 1948. Il faut mettre un terme au libre-échange : c’est la guerre commerciale de tous contre tous, c’est la mise en concurrence des travailleurs à l’échelle planétaire. Pour mettre en place un autre système, on ne peut pas compter sur l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui est l’un des piliers de l’ordre néolibéral mondial, au même titre que l’OTAN, le FMI, la Banque mondiale et l’Union européenne.

Il faut donc sortir de l’OMC. Un gouvernement vraiment de gauche devrait proposer à tous les autres pays des accords bilatéraux de coopération commerciale. Et construire ainsi, progressivement, à côté de l’OMC, une autre alliance avec les pays qui veulent coopérer et non pas se faire la guerre commerciale.

La charte de La Havane repose sur la recherche de l’équilibre des échanges (balance des paiements). Des mesures protectionnistes n’interviendraient que pour rétablir l’équilibre. Beaucoup de pays accepteront. Il est probable que certains refuseront ces accords, les plus excédentaires comme la Chine et l’Allemagne.

 

L’affrontement politique, idéologique et commercial semble inévitable avec ces pays, et il faudra instaurer des quotas et des droits de douane. C’est la condition pour réindustriaIiser, pour permettre de relocaliser en France, progressivement, un certain nombre d’industries : textile, ameublement, mécanique, machine-outil, chaussure...


DENIS DURAND.

Je pense que c’est se tromper d’adversaire que de se placer dans la perspective d’un affrontement avec la Chine et d’autres pays émergents. Le système monétaire international et le système commercial international sont des systèmes hiérarchisés autour d’une puissance hégémonique, avec New York comme point d’impulsion majeur de l’ensemble des marchés financiers internationaux.

Je ne crois pas que nos amis latino-américains attendent en priorité que la France adopte le SUCRE. Il faut coopérer avec eux, bien sûr. Et nous allier avec eux pour faire reculer la domination monétaire, commerciale, culturelle, politique, militaire des États-Unis. Ce que nous disent les Latino-Américains, c’est surtout ne faites pas éclater l’euro !

 

Cela nous a coûté trop cher d’être en ordre dispersé face aux États-Unis. Ne revenez pas à une situation de guerre commerciale et de guerre monétaire, avec des dévaluations compétitives. Il n’est pas utopique de dire qu’il faut développer des luttes sociales et politiques pour faire reculer le pouvoir des banques centrales et des marchés financiers.

 

Je pense que cela ne ferait pas plaisir à ceux qui mènent ces luttes... Y compris dans le système financier lui-même. En 2003, par exemple, les salariés de la Banque de France avec les élus locaux ont mis en échec un projet de fermeture des succursales départementales. Jean-Claude Trichet, gouverneur à l’époque, a dû signer un contrat de service public avec le gouvernement.

 

Quand la crise a frappé l’économie française, en particulier les PME, en2008-2009, on s’est rendu compte que les interventions pour éviter l’effondrement du tissu industriel dans les régions passaient par le médiateur du crédit, qui obligeait les banques à adoucir leurs critères de prêts aux PME, à travers l’intervention des succursales de la Banque de France. La crise, elle-même, a eu des effets sur la BCE. Elle a dû procéder à des achats massifs de titres de l’État grec et d’autres pays, alors qu’il y a encore 2 ou 3 ans, cela aurait semblé un sacrilège envers les traités européens.


JACQUES NIKONOFF.

Je n’ai pas dit que nos amis de l’ALBA attendaient la France.

C’est l’inverse ! La coopération avec l’ALBA, notamment avec le Venezuela pour le pétrole, est un moyen de diversifier les sources d’approvisionnement de la France, de manière à alimenter la dédollarisation,limiter l’augmentation des prix du pétrole, économiser des devises.

 

Deuxièmement, il ne s’agit pas du tout d’opposer les peuples.

L’UE, l’OMC, le FMI, la Banque mondiale, ce n’est pas l’union des peuples, c’est l’union des classes dirigeantes contre les peuples.

 

Ce à quoi nous appelons, nous, au M’PEP, c’est à la solidarité des peuples contre leurs classes dirigeantes et contre l’ordre mondial néolibéral de domination et d’aliénation, incarné sur notre continent par l’Union européenne.

 

Mais attention de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier en matière revendicative en considérant que la seule chose possible est un changement des statuts de la BCE. Je crois qu’il faut émettre l’hypothèse que ça prendra du temps, et qu’en attendant il faut avancer. Il faut donc envisager des mesures nationales unilatérales.

Sur quoi le PS a-t-il abdiqué en 1983 ?

Sur la question monétaire, en refusant de sortir du Système monétaire européen, et sur le libre-échange en refusant de réfléchir à un système s’inspirant de la charte de La Havane, de coopération internationale.

On en est au même point, 30 ans après.

Si la gauche radicale ne bouge pas sur la question monétaire et sur la question du libre-échange, le résultat sera le même : l’échec.

On l’a tous dit en 2005 : on ne peut pas mener de politique de gauche dans le cadre du traité de Lisbonne. Il faut en tirer toutes les conséquences : ça veut dire désobéir à l’Union européenne. Il faut donc sortir de l’euro et de l’Union européenne.

 

La souveraineté sur la politique monétaire est primordiale. C’est pour cela que les classes dirigeantes ont toujours gardé la main sur cet instrument décisif. Il faut la restituer au peuple, par l’intermédiaire de ses représentants, le Parlement, et cela ne peut se faire qu’au niveau national.


DENIS DURAND.

La gauche est traversée par deux courants.

Une conception que je considère comme dépassée, qui consiste à faire essentiellement confiance à l’État pour déterminer les évolutions économiques et sociales.

Et l’autre qui mesure à quel point il faut aller bien au-delà de l’étatisme, qui a eu ses vicissitudes au XXe siècle, pour développer une prise de pouvoir partout où se prennent des décisions importantes : dans les entreprises, dans les banques, dans les territoires. Et bien sur aux niveaux national, européen et mondial.

Le pouvoir sur l’argent, sur la monnaie est effectivement déterminant pour pouvoir financer des projets et des investissements. Il faut le reconquérir.

On ne le retrouvera pas avec un gouvernement européen, comme le proposent certains à gauche. Mais pas non plus en s’en tenant au niveau national.

 

Il faut se battre dès le niveau local, régional, celui des bassins d’emploi et des entreprises, jusqu’au niveau mondial pour conquérir de nouveaux pouvoirs. Et en ayant en tête une cohérence d’objectifs sociaux, d’efficacité économique et écologique.

Et je crois que c’est cette cohérence qui peut donner au Front de gauche la capacité d’être écouté par des citoyens en attente d’une alternative.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR DOMINIQUE SICOT
AVEC JEAN-PIERRE CHAMPlAT


LEXIQUE

 

ALBA
Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique, lancée en avril 2005 par Cuba et le Venezuela pour contrer la zone de libre-échange des Amériques voulue par les États-Unis. S’y sont ensuite associés la Bolivie, le Nicaragua, la Dominique, le Honduras (sorti en 2010), Saint-Vincent-et-Les-Grenadines,Antigua-et-Barbuda et l’Équateur.

 

Banque centrale européenne (BCE)
Créée en 1998, elle est la banque centrale de l’Union européenne. Indépendante des politiques, elle a pour principale mission de contenir l’inflation de la zone euro dans la limite de 2% par an.

 

Charte de La Havane
Elle prévoyait une Organisation internationale du commerce intégrée à l’Organisation des Nations unies (ONU). Signée le 24 mars 1948, elle n’a pas été ratifiée parles États-Unis.
Fondée sur la coopération et non la concurrence, elle visait l’équilibre des balances de paiements entre pays, le plein-emploi et l’adoption de normes équitables.

 

Organisation mondiale du commerce (OMC)
Née le 1 er janvier 1995, elle remplace le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) de 1947. Son objectif : la libéralisation du commerce mondial.

 

SUCRE
Abréviation de Système unitaire de compensation régionale. C’est la monnaie commune de l’ALBA adoptée en avril 2009. 

Traité constitutionnel européen
Projet de constitution pour l’Europe. Il a été adopté le 19 juin 2004 par les chefs d’État et de gouvernement des 25 pays alors membres de l’Union européenne, mais il n’a pas été ratifié. En France, il a été rejeté par référendum le 29 mai 2005 (54,68 de « non »).

 

Traité de Lisbonne
Signé le 13 décembre 2007 par les 27 chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne. Il modifie les traités de Rome (1957) et de Maastricht (1992) et entérine l’essentiel des dispositions du projet de traité constitutionnel qui avait été rejeté par référendum en France et aux Pays-Bas.

 

Traité de Maastricht
Signé en 1992, il lançait notamment l’Union économique et monétaire qui devait aboutir à la création de la monnaie unique, l’euro. En France, la ratification a été autorisée après un référendum (51,04 de « oui »).

Publié par Frédéric Maurin à 06:33am - Voir le commentaire ()
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19 Juillet 2011

L'exaspération qui vient

Source : http://www.brn-presse.fr/

 

6 mai. Les fonctionnaires portugais, aux premières loges des mesures d’austérité européennes, débrayent massivement. 6 mai toujours : l’Italie connaît une grève générale accompagnée d’impressionnantes manifestations. 11 mai : les Grecs descendent à leur tour dans la rue à l’occasion d’une nouvelle journée de lutte contre les plans dévastateurs imposés par l’UE (et le FMI). Pour les grands médias français, il s’agit de non-événements : au mieux une phrase ici, une brève là, s’en font l’écho. Seule la mobilisation des jeunes Espagnols a fugacement réussi à crever l’écran, tant la forme d’action a pris de court les forces établies, à commencer par les syndicats. Sans doute ces derniers étaient-ils trop occupés à négocier le recul de l’âge de la retraite pour assurer une « paix sociale » visant à complaire aux « marchés ».

 

Cette discrétion est impressionnante. Craint-on une prise de conscience croissante des citoyens quant à la responsabilité de Bruxelles ? Si de tels mouvements avaient touché la Biélorussie, secoué le Venezuela, ou paralysé l’Iran, on imagine sans peine les reporters envoyés en mission pour louer en direct la colère populaire et annoncer la fin de régimes « autistes ».

 

Mais le silence médiatique n’empêche pas l’exaspération de monter. Nul, peut-être, n’a encore véritablement pris la mesure de cette dernière. Et quand elle ne s’exprime pas dans la rue, elle éclate dans les urnes, à travers la percée de partis à tort ou à raison classés à l’extrême-droite (Hongrie, Pays-Bas, Danemark, Autriche…). Il y a quelques semaines, les Finlandais ont propulsé sur le devant de la scène une formation qui exige l’arrêt des transferts financiers visant non à « sauver » les Grecs ou les Portugais, mais à garantir les intérêts des créanciers internationaux et la survie de l’euro. En France même, Marine Le Pen empoche avec le sourire les conséquences tant de la brutalité de la mondialisation que du refus de la « gauche » d’évoquer la responsabilité de l’UE : des sociaux-libéraux aux altermondialistes, on continue à ahaner les psaumes d’une improbable « Europe sociale », sans remettre en cause ni l’existence de l’euro, ni le principe de l’ouverture des frontières (Schengen).

 

L’exaspération pourrait bien être encore attisée par le pédigrée des oligarques qui ont inventé et pris le contrôle de la gouvernance mondiale. Pour succéder au directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Bruxelles soutient Christine Lagarde, dont un des avantages comparatifs est d’avoir fait carrière à la tête du plus grand cabinet d’avocats d’affaires américain. Un CV comparable à celui de Mario Draghi, l’Italien qui devrait prendre la suite de Jean-Claude Trichet à la Banque centrale européenne en octobre. M. Trichet avait inauguré ses fonctions à Francfort en déclarant (en anglais) « je ne suis pas un Français », signifiant ainsi à quel point la référence à un ancrage national était honnie. M. Draghi, diplômé du MIT, et ancien numéro deux de la banque d’affaires américaine Goldmann Sachs, ne manquera pas de surenchérir.

 

Pour diriger le FMI, on eût pu tout aussi bien choisir Alassane Ouattara si ce dernier n’avait pas été installé par la grâce des commandos français à la présidence de la Côte d’Ivoire (après une élection pour le moins douteuse), son pays d’origine qu’il connaît moins bien que les moquettes du Fonds. Et si les « rebelles » de Benghazi devaient finalement conquérir Tripoli à force de « frappes » otaniennes, Mahmoud Jibril peut exciper d’états de service justifiant sa cooptation au sein des cette toute petite caste mondialisée, totalement « hors sol », qui entend régenter la planète entière. Ses membres sont, au fond(s), unis par leur objectif commun le plus essentiel : se débarrasser du cadre des états-nations, ultime obstacle au règne millénaire du libre marché et du libre-échange.

 

Jamais sans doute, dans l’histoire de l’humanité, on n’aura réuni autant d’arrogance et de connivence. Mais peut-être aussi autant d’inconscience, face à la rumeur des peuples qui enfle.

 

PIERRE LÉVY

Publié par Frédéric Maurin à 22:41pm - Voir le commentaire ()
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30 Mars 2011

Frappe en Libye : l'alibi humanitaire...

Cela me démangeait.

Je n'avais pas osé. .

Heureusement, BRN l'a fait :

 

Sarkozy, dégage !

 

« Il s’agit d’une très lourde responsabilité, mais nous ne pouvons pas laisser Sarkozy et sa clique martyriser son peuple », vient de déclarer le colonel Kadhafi, en annonçant qu’il saisissait le Conseil de sécurité, et préparait l’aviation libyenne en vue d’imposer une zone d’exclusion aérienne au dessus de l’Hexagone.

 

A l’appui de ses propos, le Guide libyen a cité la récente mobilisation populaire qui, des mois durant, a mobilisé des millions de Français contre la réforme des retraites. « En refusant d’entendre les revendications, et en y opposant un refus criminel, le tyran de Paris a perdu toute légitimité », a poursuivi le colonel. Ce dernier a également évoqué le Non au référendum de 2005 que le maître de l’Elysée a bafoué « en faisant approuver par un parlement aux ordres » un nouveau traité, copie conforme du texte rejeté, a rappelé Mouammar Kadhafi.

 

A Tripoli, on confie que la montée en puissance de Marine Le Pen, que les élections cantonales viennent de confirmer, devrait inquiéter toute la communauté internationale. « Il faut garder en tête les leçons de l’Histoire, rappelle un proche du pouvoir : une telle ascension électorale serait lourde de périls pour la démocratie française ». Ainsi, soulignent des proches du Guide, il serait clairement possible d’invoquer la « responsabilité de protéger », innovation onusienne permettant à la communauté internationale d’intervenir dans les affaires d’un pays, y compris militairement, pour conjurer un péril grave et imminent.

 

« Où serait l’honneur de la Libye si nous laissions faire sans réagir ? », a pour sa part martelé le ministre des Affaires étrangères libyen, récemment revenu au premier plan après une querelle tribale qui l’avait tenu un temps éloigné du pouvoir.

 

Mouammar Kadhafi a cependant confirmé que son pays n’en appelait nullement à une croisade arabe contre un pays européen. Et pour écarter une telle interprétation, il a précisé agir « à la demande de l’Union européenne », et avoir déjà obtenu l’accord opérationnel de trois ou quatre des Etats parmi les plus importants de l’Union européenne, dont la Slovénie et Malte. Les dirigeants libyens sont cependant conscients des limites posées par Bruxelles : pas question d’opération au sol de soldats de la Jamahiriya – faute de quoi « l’opinion européenne pourrait rapidement se retourner » a averti Catherine Ashton, Haut-Représentant de l’UE.

 

Officiellement, le colonel Kadhafi se défend de vouloir renverser le président français. Mais, il y a quelques jours déjà, sous la pression d’un intellectuel intégriste unanimement respecté, il avait reçu sous sa tente deux représentants incontestables de l’opposition populaire française – MM. Borloo et Morin. Les ayant adoubés comme représentants officiels de la France libre, il les a chargés d’annoncer eux-mêmes que Tripoli était prêt à des frappes ciblées contre des objectifs stratégiques situés dans l’Hexagone.

 

De même que l’opposition libyenne a loué l’initiative de son vieil ennemi Kadhafi, la presse – connue pour être prompte à s’aligner derrière la politique du Guide, une situation inimaginable en Occident – a unanimement salué le courage politique du colonel, certains journaux critiquant cependant la lenteur à agir de ce dernier, dont le satrape français n’a pas manqué de tirer profit. Nul n’a en revanche évoqué le coût de l’opération, alors même que les enseignants libyens manifestaient dans les grandes villes du pays pour dénoncer l’austérité imposée à l’éducation. Il est vrai que la Libye doit respecter le pacte de stabilité mis sur pied par la Ligue arabe. Mais quand il s’agit de placer la force militaire en ordre de bataille, nul ne songe à évoquer les restrictions touchant l’éducation, la santé, le travail, le logement et autres domaines secondaires. Il est vrai que la Libye a pris de l’avance : elle est classée premier pays d’Afrique selon l’indice de développement humain (1).

 

La disproportion des forces devrait laisser peu de chances aux milices de Sarkozy, lui-même retranché dans son bunker élyséen. Signe de l’allégresse qui s’est répandue comme une traînée de poudre, des drapeaux libyens ont été agités dans le quartier populaire de Saint-Germain des prés.

 

Il reste à souhaiter que le Conseil de sécurité donne enfin son feu vert, sans s’encombrer de la Charte des Nations-Unies, vieux texte désuet fondé sur la non-ingérence dans les affaires de chaque pays-membre. Si les partisans de la souveraineté réussissaient à bloquer l’action de la communauté internationale, ils porteraient, devant l’histoire, l’immense responsabilité d’avoir laissé le peuple français dans les griffes de l’homme du Fouquet’s.

 

Cela signifierait que seuls les pays pauvres ou modestes – l’Irak, la Yougoslavie… – peuvent bénéficier de la sollicitude et de la solidarité de la communauté internationale. Et donnerait raison à ceux qui prétendent que l’ingérence, avatar du néo-colonialisme impérial, ne peut être qu’à sens unique.

 

Une assertion absurde et criminelle, qu’on espère voir démentir au plus vite.

 

(1) il s’agit ici de la seule information réelle de cet article (classement hors Djibouti) : http://hdr.undp.org/en/reports/global/hdr2009/chapters/francais//

 

Source : http://www.brn-presse.fr /

 

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A votre place, je m'abonnerais...

http://www.brn-presse.fr /

Publié par Frédéric Maurin à 19:24pm - Voir le commentaire ()
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28 Mars 2011

Vers une conjonction Front National - UMP

C'est possible...après 2012.

C'est l'hypothèse de Jean-Pierre Chevènement, dans la conclusion de cette tribune :

 

Contre Marine Le Pen, la République, la vraie !

La France n’a jamais, dans son histoire, donné de majorité à l’extrême droite. Les républicains ont triomphé des antidreyfusards au début du siècle dernier. De même le régime de Vichy, à la fois produit de la capitulation de juin 1940 et ombre portée du nazisme sur la France, a été balayé quatre ans plus tard par de Gaulle et la Résistance. Cette « loi historique » pourrait-elle être mise en défaut par un Front national « relooké » par Marine Le Pen ?

Le Front national s’est installé dans le paysage politique depuis 1983-1984, au lendemain de l’ouverture à gauche de la fameuse « parenthèse libérale » et au fur et à mesure que s’installait, à la faveur de ce retournement politique et sur la base de l’acte unique, un modèle de développement économique – dérégulation, monnaie forte, financiarisation, désindustrialisation de l’économie, chômage de masse – générateur d’une « fracture sociale » toujours plus profonde. L’extrême droite discréditée depuis la Seconde Guerre mondiale a pu ainsi ethniciser de concert avec la gauche « différentialiste » la question sociale. Elle n’a cependant jamais constitué jusqu’ici une véritable menace. La voie ouverte par Le Pen le 21 avril 2002, avec près de 17 % des suffrages exprimés, est apparue quinze jours plus tard pour ce qu’elle était : une totale impasse politique (18 % des voix).

 

Peut-il en aller autrement à l’avenir ? Les tenants de la « pensée unique » s’avisent avec un mélange de terreur feinte et de délectation secrète de ce que Marine Le Pen chercherait, depuis son discours d’investiture le 16 janvier 2011, à réaliser une sorte de « hold-up idéologique » sur le discours de la gauche républicaine, en reprenant à son compte le thème de l’Etat protecteur. Certes, Philippe Cohen et Laureline Dupont ont donné sans doute par inadvertance quelques verges pour se faire battre dans un reportage publié par Marianne sur un prétendu « cabinet secret » de Marine Le Pen. Mais il est ridicule de dénoncer, comme le fait Ariane Chemin dans le Nouvel Observateur, « les intellos du souverainisme décontaminant la pensée FN », et même odieux d’annoncer le prochain ralliement de Philippe Cohen, dont tout le parcours dit l’inverse, au Front national, en attaquant à travers un mauvais jeu de mots, « Marianne-Le Pen », ou encore de décrire un « cabinet secret » de Mme Le Pen « truffé de personnages qui, pratiquement tous, ont accompagné, à un moment ou à un autre, Jean-Pierre Chevènement dans son parcours politique » (Jean-Michel Aphatie). Pour ma part, je n’en connais aucun, et s’il s’en trouvait un seul, je le désavouerais aussitôt. A bien relire le discours de Marine Le Pen, on retrouverait à ce compte les intonations et même des expressions de François Mitterrand au congrès d’Epinay de juin 1971 (dénonciation de l’« argent roi »). Tout cela fait partie d’un très banal travail de récupération politicien. Si le PS et la droite ont laissé tomber le drapeau de l’indépendance nationale et même d’une conception exigeante de la République, à qui la faute ? Et si le Front national cherche à récupérer cet héritage en déshérence, il faut être idiot pour applaudir et pervers pour renverser les rôles en imputant à la gauche républicaine la responsabilité du hold-up dont elle est victime ! C’est le degré zéro de la réflexion politique.

Il est vrai qu’une nouvelle étape de développement de l’extrême droite se dessine : la fille ne vise pas seulement à faire oublier les outrances du père. Le moment est venu pour elle d’occuper systématiquement, non pas seulement au nom de la nation mais au nom de la République elle-même, le terrain laissé libre à la fois par un PS qui a troqué depuis longtemps le discours social qu’il tenait vis-à-vis des couches populaires contre un discours « sociétal » et par une droite atlantiste et « occidentaliste » qui a abandonné l’héritage universaliste de la nation française.

Le Front national cherche aujourd’hui à exploiter à son profit une situation de crise et de rupture sociale. Il met le doigt là où ça fait mal, au point qu’on finirait par oublier comment il s’est construit à travers la dénonciation, depuis quarante ans, de l’« immigrationnisme » comme étant la source de tous les maux. On chercherait en vain dans le discours de Marine Le Pen l’ombre d’une analyse économique et sociale construite, ou la plus petite esquisse d’une politique visant à surmonter, dans l’intérêt du pays, la crise de l’euro.

Marine Le Pen est certainement une fille très maligne (au double sens du terme), mais elle est incapable de mettre en œuvre une politique de réindustrialisation et d’intégration des immigrés parce que l’idée même du citoyen lui reste étrangère. Quoi qu’il fasse, le Front national restera le parti de l’ethnicité et ne deviendra jamais celui de la citoyenneté. Il suffit de voir Marine Le Pen brandir la menace d’un « nouveau califat » sur le pays : elle nous ramène aux croisades, alors qu’il s’agit seulement de faire appliquer la loi républicaine, la même pour tous.

Marine Le Pen peut sans doute améliorer le score de son père. Si elle est en mesure de faire battre le candidat de la droite au premier tour de 2012, elle n’a pas par elle-même la crédibilité qui lui permettrait de l’emporter. Comme en 2002, un « front républicain » la renverra dans les cordes au second tour.
A vrai dire, ce n’est pas 2012 qui m’inquiète, c’est la suite.

Le Front national n’a évidemment pas changé. Le véritable carburant de l’extrême droite, c’est la crise économique, sociale et politique qui est devant nous. Le « pacte de compétitivité » Merkel-Sarkozy porte en lui la menace d’une terrible régression sociale. Si le PS ne rompt pas avec la politique de supplétif qui a été la sienne quand il a voté le traité de Lisbonne, son candidat pourra bien l’emporter en 2012, mais il offrira un boulevard à la conjonction dès aujourd’hui probable du Front national et d’une droite rejetée dans l’opposition, et cela dès les élections municipales, régionales et départementales de 2014. En s’emparant des leviers de l’action locale, l’extrême droite s’approcherait alors du pouvoir de l’Etat. La France, pour le coup, en sortirait défigurée !

Pour déjouer ce piège infernal, est-il envisageable de faire surgir d’ici à 2012 un candidat qui offre une alternative politique réelle à l’accrochage suicidaire de la France au pacte de Mme Merkel ? Et à défaut qu’aucun candidat socialiste à ce jour n’ait laissé paraître qu’il était capable d’opérer ce virage stratégique, un autre candidat pourra-t-il occuper l’espace allant de Mélenchon à Villepin afin d’offrir à notre pays une perspective crédible de refondation républicaine ? Bref, d’opposer à Marine Le Pen la République, la vraie ?


Source :

http://www.chevenement.fr/Contre-Marine-Le-Pen-la-Republique-la-vraie-_a1104.html


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24 Mars 2011

Austérité, c'est où la sortie ?

Traders n'ayant plus rien à trader, banques nationalisées, marchés financiers désarmés...j'attends avec intérêt l'ouvrage Sortons de l'Euro, vite ! à paraître aux éditions Mille et une nuits.

Mise en bouche avec cet article de l'auteur, Jacques Nikonoff.

(http://www.m-pep.org/)

« Bouclier » censé protéger de la spéculation, la monnaie unique était le moyen quasi miraculeux de terrasser toutes les difficultés : inflation, chômage, récessions… La crise de l’euro et de l’Union européenne, qui a éclaté fin 2009, a balayé ces croyances. Nos dirigeants s’acharnent pourtant à faire perdurer le mythe de sa monnaie « protectrice ».

La crise de l’euro traduit d’abord une fragmentation de l’Europe et de la zone euro. Le couple franco-allemand connaît un divorce de fait : la gestion de la monnaie s’est faite au détriment des intérêts de la France, mais aussi de la majorité de ses partenaires de la zone euro. Seuls les dirigeants allemands ont tiré profit de l’euro fort, ont engrangé les excédents commerciaux réalisés en grande partie sur les autres pays européens. Désormais, ils déséquilibrent dangereusement l’économie européenne, accentuent la situation d’endettement public des pays de l’Europe du Sud… et n’entendent pas montrer la moindre solidarité. La stratégie économique allemande est très néfaste. Est-il possible de se voiler la face plus longtemps ? De la droite à la gauche, il s’est fait en France un consensus qui accepte l’ordre monétaire néolibéral incarné par l’euro.

Le désordre économique ne va pas s’arrêter. Il faut prendre les devants, affronter les graves difficultés européennes et sortir à temps de l’euro.

L’euro interdit de véritables politiques sociales, industrielles et le plein-emploi. Il faut sortir de l’euro. Au plus vite !

JACQUES NIKONOFF est professeur associé à l’Institut d’études européennes de l’université Paris-8. Ancien élève de l’École nationale d’administration, il a été Attaché fi nancier à New York pendant plusieurs années. Porte-parole du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP), ex-président d’Attac, il a été ouvrier soudeur et syndicaliste dans une grande entreprise.

 

Sortons de l’euro, vite !, de Jacques Nikonoff, aux éditions des Mille Et Une Nuits, 19 euros.

 

Capital

 

UN SPECTRE HANTE L’EUROPE : LA SORTIE DE L’EURO !

Une opération d’affolement de la population est en cours sur l’euro. Elle est menée par ceux qui étaient pour le « oui » aux référendums de 1992 et de 2005. Ils utilisent les mêmes arguments fallacieux qu’à l’époque. En 1992, ils disaient que ce serait la « catastrophe » de ne pas voter pour le traité de Maastricht et la monnaie unique. En 2005, ils affirmaient que ce serait l’ « explosion de l’Europe » si on ne votait pas pour le projet de constitution européenne. Aujourd’hui, ils soutiennent que ce serait le « chaos » si un ou plusieurs pays quittaient la zone euro.

Le journal Le Monde (15/12/2010) titre : « L’euro va-t-il tuer l’Europe ? ». Sous-titres : « Qui serait prêt à renoncer à la monnaie unique ? Quels sont les scénarios de sa disparition ? Quels seraient les effets d’un éclatement ? » Il cite The Economist, icône de la pensée unique ultralibérale, qui affirme que « Démanteler l’euro n’est pas impensable, seulement très coûteux ». C’est l’inverse ! C’est l’euro qui est coûteux ! Pour les classes populaires et moyennes ! Car c’est soi-disant pour le « sauver » que l’austérité a été décrétée dans toute l’Europe !
 

Le Monde explique que la sortie de la Grèce et de l’Irlande de l’euro et le retour à leurs monnaies nationales permettrait de les dévaluer. Ces pays pourraient ainsi développer leurs exportations, relancer leur activité économique et réduire leurs déficits publics. Le Monde ajoute cependant que « cette stratégie comporte de graves dangers ».

Le premier serait une « panique bancaire », les déposants grecs et irlandais retireraient leurs euros des banques. Mais qu’en feraient-ils ? Les mettre sous leur matelas ? Dans une lessiveuse ? Dans une banque à l’étranger ? Soyons sérieux ! Un pays qui sortira de l’euro devra rendre sa monnaie non convertible avec les autres, dont l’euro, et restaurer le contrôle des changes. Ceux qui auront retiré leurs euros devront obligatoirement les convertir en drachmes, livres irlandaises, francs français, etc., après autorisation, s’ils veulent continuer à exercer une activité dans leur pays d’origine...

Le Monde imagine un second risque : l’ « écrasement des ménages, des entreprises et des États grecs et irlandais » sous le poids de leurs crédits libellés en euros. Non ! Le retour aux monnaies nationales se fera dans les mêmes conditions que le passage de ces dernières vers l’euro, mais en sens inverse. Ceux qui avaient des crédits ou des titres (actions, obligations…) libellés en livres irlandaises, en drachmes, en francs français, etc., ont vu ces crédits et titres tout simplement convertis en euros. Par un simple jeu d’écriture et en une seule nuit !

Troisième risque que Le Monde met en avant : les banques européennes « possédant des obligations grecques ou irlandaises enregistreraient de lourdes pertes ». Oui, là c’est vrai ! Mais disons-le clairement : tant mieux si les banques qui ont spéculé sur la dette des États de la zone euro réalisent de « lourdes pertes ». Le prix de leurs actions baissera, ce sera le moment pour les États de les racheter (les nationaliser). Les actionnaires des banques, coresponsables de la crise, seront ainsi justement sanctionnés. Les banques centrales des pays concernés (pas la Banque centrale européenne !) donneront les fonds à l’État, par création monétaire, comme le fait la Banque centrale américaine.
 

Le Monde voit un quatrième risque : « un pays qui sort de l’euro risque de perdre énormément en crédibilité vis-à-vis des investisseurs ». Le malheureux journaliste n’a pas compris qu’il faut mettre un terme au financement des États par les marchés financiers. Comment faire ? En fermant le marché obligataire ! Les États ne se financeront plus sur le marché obligataire, mais de trois manières simultanées : en faisant appel à leur épargne nationale ; en imposant des quotas d’achat de titres d’État aux banques et compagnies d’assurance ; en vendant des titres d’État à la banque centrale de chaque pays concerné, sans intérêts à rembourser. Le marché secondaire des obligations sera lui aussi fermé : les ménages ou les banques qui voudront revendre leurs obligations avant l’échéance pourront le faire, dans certaines conditions, mais seulement à l’État. La spéculation sera ainsi totalement et définitivement éradiquée.

Fini le besoin de « rassurer » les marchés financiers en baissant les salaires, les retraites et la protection sociale en général, il n’y aura plus de marché financier obligataire en euros ! Au revoir, les agences de notation, il n’y aura plus rien à noter ! Bye-bye les traders et leurs bonus, il n’y aura plus rien à trader ! Adieu les CDS (Credit Default Swaps), ces produits financiers hyper sophistiqués qui servent à spéculer sur la faillite des États !
 

Le Monde citait Nicolas Sarkozy (19 et 20 décembre) : « Qui peut penser que la France, seule dans le monde d’aujourd’hui, serait plus forte ? ». Retournons-lui la question : qui peut croire que la France « serait plus forte » dans le cadre de la mondialisation néolibérale ? Qui peut croire qu’un monde nouveau, tout simplement humain, adviendra de l’action des piliers de l’ordre néolibéral mondial que sont l’OTAN, le FMI, la Banque mondiale, l’OMC, l’OCDE et l’Union européenne ? C’est en sortant de ces institutions, gardiennes du « monde d’aujourd’hui » dans lequel veut nous enfermer Sarkozy – et non en voulant illusoirement les transformer de l’intérieur – que nous pourrons aller de l’avant. Il faut agir pour la construction d’un nouvel internationalisme. La France, de par son histoire, doit y jouer un grand rôle.

Le 21 décembre, Le Figaro prenait le relais avec un énorme titre en « Une » : « Ce que coûterait à la France un abandon de l’euro ». Sous-titre : « Ce scénario qualifié d’ ‘‘irresponsable’’ par Nicolas Sarkozy serait catastrophique pour le pays ». Diable ! Pour le journal officiel de la droite, la sortie de l’euro aurait pour « résultat inéluctable un alignement par le bas des revenus et du pouvoir d’achat… » Incroyable ! Voilà que la droite défend le pouvoir d’achat ! Mais l’alignement par le bas des salaires, c’est aujourd’hui, avec l’euro ! C’est d’ailleurs notamment pour cette raison que l’euro a été inventé par les classes dirigeantes européennes.

L’un des présupposés « théorique » ayant conduit à la création de l’euro et à sa gestion par une banque centrale européenne « indépendante » se trouve à l’article 120 du traité de Lisbonne : « Les États membres et l’Union agissent dans le respect du principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre, favorisant une allocation efficace des ressources... » L’expression « allocation efficace des ressources » reprend mot pour mot la pseudo théorie ultralibérale de l’ « efficience des marchés financiers ». D’après elle, il est urgent de développer les marchés financiers et de les faire fonctionner sans « entraves », avec le minimum de réglementation. La raison ? Ils seraient (contrairement à l’État) le seul mécanisme d’ « allocation » efficace du capital. Autrement dit, ils seraient capables de distinguer les « bons » projets à financer en évitant les gaspillages de ressources financières. Toutes les politiques menées par l’Union européenne reposent sur ce mythe. C’est pourquoi la « libéralisation » des marchés de capitaux a été organisée au sein de l’UE, par des directives, afin de construire un marché financier mondialement intégré. Du coup, il fallait que l’euro concurrence le dollar. La « construction » européenne a donc été subordonnée à ce but : attirer vers les marchés financiers européens les capitaux libres recherchant à l’échelle de la planète une rentabilité maximale et à très court terme. C’est cet objectif qui explique la poursuite systématique d’une politique de taux de change élevés, appuyée sur des taux d’intérêt supérieurs à ceux des États-Unis. L’euro était le vecteur permettant la libre circulation des capitaux : il n’est pas un « bouclier » anti-spéculation, il attire la spéculation !

Les oligarques européens ont donc fait des marchés obligataires (principalement celui de la dette des États) les « surveillants » des politiques publiques. Le raisonnement est simple : les marchés financiers (surtout le marché obligataire) n’aiment pas les pays trop endettés car ces dettes peuvent les conduire à ne plus pouvoir ou vouloir les rembourser. Pour continuer à acheter la dette des États, les investisseurs (spéculateurs) vont donc demander des taux d’intérêt plus élevés afin de rémunérer leur risque. Conséquence : si les États veulent emprunter à des taux d’intérêt raisonnables, ils devront réduire leur dette (en abaissant les dépenses publiques, principalement les dépenses sociales). La meilleure « discipline » pour contrôler les dépenses publiques (sociales) est donc le « marché », à condition qu’il soit totalement dérégulé, qu’aucune intervention extérieure – en particulier des États – ne vienne perturber son « équilibre spontané ». Dès lors, pour compenser le renchérissement des produits fabriqués dans la zone euro face à leurs concurrents de la zone dollar et des pays émergents (en raison de l’euro « fort »), les entreprises de la zone euro ont été volontairement poussées à exercer une pression sans cesse croissante sur les coûts salariaux et sur l’emploi. Les délocalisations ne trouvent pas d’autre explication. Un gouvernement de gauche ne pourra pas mener une politique pleinement de gauche si la politique monétaire reste de droite. Sortir de l’euro de manière unilatérale est la condition absolument nécessaire, indispensable, urgente pour pouvoir mener une vraie politique de gauche. Mais cette condition n’est pas suffisante. Il faut dans chaque pays, selon les rythmes des mobilisations populaires et des élections, définir un vrai programme de gauche et agir pour une monnaie non plus unique, mais commune.

Des sondages montrent une montée du mécontentement populaire vis-à-vis de l’euro. Entre 29% et 39% des Français interrogés, selon les sondages, veulent quitter l’euro. Entre 42% et 50% des ouvriers ; entre 38% et 48% des employés sont dans le même cas. En juin 2010, un sondage réalisé en Europe par un institut américain faisait apparaitre la réponse « non » à la question « L’euro est-il une bonne chose pour l’économie ? » : France (67%), Portugal (60%), Espagne (56%), Allemagne (55%), Italie (53%)...

Ce sont les milieux populaires – ouvriers, employés, peu ou non diplômés – qui sont les plus nombreux à contester l’euro ou même à vouloir en sortir. C’est l’électorat traditionnel de la gauche ! Attention à ce que la gauche ne décroche pas de son électorat et qu’elle offre ainsi un boulevard aux forces d’extrême droite, nationalistes et xénophobes, qui s’engouffreront dans la brèche !
Sortir de l’euro, c’est sortir de l’ordre monétaire néolibéral. C’est la suite logique des combats de 1992 contre la création de l’euro, et de 2005 contre le projet de constitution européenne. C’est un projet de gauche !

Publié par Frédéric Maurin à 18:59pm - Voir le commentaire ()
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