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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

Articles avec #brn catégorie

26 Mai 2015

Commémorer le 29 mai 2005

10 ans déjà !

Il y a dix ans, les Français ont voté NON au Traité Constitutionnel Européen.

Leur vote a ensuite été bafoué lorsque le Parlement a validé le Traité de Lisbonne, jumeau du précédent.

Depuis lors, chaque année, nous commémorons cet évènement par des rassemblements partout en France. Bien sûr vous le savez déjà, mais il est bon de rappeler les évènements vu le nombre d’obligations de chacun.

Le vendredi 29 mai à 18h30, à Paris, ce sera, comme les autres années, dans le jardin des Tuileries en face du 228 rue de Rivoli à côté de la plaque qui commémore la naissance de la République en 1792. Métro Concorde ou Tuileries

Venez et venez nombreux !

Commémorer oui, mais pas seulement...

Donc, si l'on suit bien, commémorer le 29 mai 2005, cela ne se passe pas qu'à Paris le 29 mai ...

Publié par Frédéric Maurin à 21:09pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #29 mai 2005 , #29 mai 2015 , #ruptures , #bastille République Nations , #BRN , #ue , #prcf

10 Avril 2015

29 mai 2015 : la Rupture(s) approche

29 mai 2015 : la Rupture(s) approche

Dans le cadre du lancement de Ruptures, la rédaction de BRN a réalisé un reportage vidéo sur le thème « la C G T et l'Europe et l' Union Européenne ».

Elle est allée à la rencontre de plusieurs syndicalistes, aux analyses différentes, voire contradictoires, afin de mieux comprendre, dix ans après le Non au référendum, la relation entre ce syndicat et l'intégration européenne ; elle a également interrogé l’économiste Jacques SAPIR sur l’euro.

Parmi les thèmes abordés dans les entretiens : UE et reculs sociaux, la Constitution européenne dix ans après la victoire du Non, les débats internes, la monnaie unique, les services publics, la Confédération européenne des syndicats…

N'hésitez pas à faire connaître largement cette vidéo...

Voilà, voilà...

Publié par Frédéric Maurin à 21:44pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #cgt , #Union européenne , #CES , #austérité , #bastille République Nations , #BRN , #ruptures

5 Mars 2015

29 mai 2015 : pour une presse de Ruptures

Abonnez-vous, sinon voila ce qui arrive...
Abonnez-vous, sinon voila ce qui arrive...

Depuis décembre 2000, Bastille-République-Nations (BRN) propose informations et analyses sous un jour "progressiste et radicalement eurocritique", comme il se définit.

A compter du 29 mai 2015, BRN deviendra le magazine Ruptures, un titre qui ne pouvait évidemment (me) laisser indifférent.

Remarquez, sous le nom de BRN, cela méritait déjà toute notre attention. En étant nécessairement réducteur, on peut remarquer qu'on y parlait dejà grec et même Plan B, bien avant l'effet Syriza.
On savait également s'y adresser aux syndicalistes sans entonner l'hymne à la joie de l'austérité: Adresse aux syndicalistes

Le site de lancement de Ruptures promet la même chose... mais en mieux:

"Ruptures restera fidèle à l’esprit fondateur de BRN : d’abord de l’information qu’on ne trouve pas ailleurs ; ensuite une rupture assumée avec la "bien-pensance" sur laquelle s’appuie l’ordre dominant ; enfin, une ligne éditoriale organisée autour de la reconquête du progrès sous toutes ses formes."

Ouille, cela va pas être tranquille, çà !
On peut même penser qu'il s'agira d'un outil important pour contrecarrer la guerre idéologique et sortir des médias de m....

A ce titre, comme il ne s'agit ni d'un sac à pub ni de la danseuse d'un groupe financier, il faudra effectivement s'y abonner

-> -> ->

Publié par Frédéric Maurin à 22:14pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #BRN , #bastille République Nations , #Union européenne , #ue , #euro , #démocratie , #gauche , #presse libre , #souveraineté nationale , #ruptures

22 Février 2015

Sur le front de l'émancipation populaire...

On commencera avec une bonne nouvelle, peut-être provisoire:

L'austérité rejetée par les électeurs grecs

Source : Bastille-République-Nations

C’était la chronique d’une victoire annoncée. Dès la clôture du scrutin du 25 janvier, destiné à renouveler le parlement grec, le mouvement SYRIZA confirmait la première place que les sondeurs lui prédisaient depuis des semaines. Ce mouvement, qui est en fait une fédération de partis et de groupes souvent classés « gauche radicale », peut même se prévaloir d’un succès plus large qu’espéré : avec 36,3% des suffrages, il devance de plus de 8 points le parti conduit par le premier ministre sortant, Nouvelle Démocratie (ND, droite), qui récolte 27,8% des voix. ND conserve cependant l’essentiel de ses électeurs.de juin 2012 (29,7%)

Car le triomphe de SYRIZA est d’abord dû à l’effondrement du partenaire minoritaire de la coalition sortante : avec 4,6%, le Parti socialiste (PASOK) divise son score de juin 2012 (12,3%) par trois, et même par dix si on se réfère à son succès de 2009. Il est vrai que l’ancien premier ministre George Papandréou (toujours président de l’Internationale socialiste) avait fait dissidence en créant son propre groupe. Celui-ci manque cependant son entrée au Parlement, en n’obtenant que 2,6%.

 

Le parti néonazi Aube dorée, dont le président et plusieurs députés sont en prison, recule légèrement de 6,9% (en juin 2012) à 6,3%, mais conserve sa troisième place. Il est talonné de peu d’une part par un nouveau parti positionné au centre, To Potami, créé lors des élections européennes, qui se revendique « pro-européen » et libéral, et qui obtient 5,7% des suffrages ; et d’autre part par le Parti communiste (KKE), qui, avec 5,6% des voix, remonte la pente par rapport à son score de juin 2012 (4,5%). Le KKE est le seul parti représenté au parlement qui demande explicitement la sortie de l’euro, et de l’Union européenne.

Enfin, le mouvement des « Grecs indépendants » (ANEL) s’établit à 4,7%, un résultat certes inférieur aux 7,5% obtenus il y a deux ans, mais qui va sans doute lui permettre de jouer un rôle clé. L’ANEL est issu d’une scission d’avec la ND, lorsqu’en 2012, certaines personnalités de ce parti de droite refusèrent de cautionner les plans d’austérité dictés par Bruxelles et ladite Troïka (trio des créanciers : Commission européenne, BCE, FMI). Souvent décrit comme « nationaliste », l’ANEL peut être comparé à ce que fut en France le RPF que créa Charles Pasqua lorsque ce dernier rompit avec le RPR en 1999.

Tous les observateurs s’accordent sur un constat : les résultats du 25 janvier traduisent un rejet massif des plans d’austérité imposés depuis 2010 par Bruxelles, et mis en œuvre par le gouvernement ND-PASOK depuis 2012. C’est autour de ce thème que SYRIZA a bâti toute sa campagne. Et c’est sur cette base que devrait être constitué sous peu un nouveau gouvernement, dirigé par le leader de ce mouvement, Alexis Tsipras.

Certes, avec 149 députés sur 300, Syriza manque d’un cheveu la majorité absolue. Mais dès le lendemain du scrutin, l’ANEL, fort de ses 13 sièges, se profilait comme partenaire pour une future coalition gouvernementale. Malgré leurs différences politiques, les deux partis s’accordent pour refuser la poursuite des plans imposés par la Troïka.

 

Rapidement déchanter

Pour autant, les électeurs qui ont voté pour une rupture avec les politiques d’austérité draconienne pourraient rapidement déchanter. Certes, de premières mesures seront probablement prises par le futur gouvernement pour répondre aux urgences sociales des plus déshérités : octroi de bons d'électricité ou de logement, accès gratuit aux soins, aux transports en commun…

Mais SYRIZA – du moins la majorité de ses composantes – a toujours refusé que quitter la zone euro. Une position qui ne manquera pas de compromettre la réalisation des deux autres piliers du programme de ce parti : d’une part, une suspension (moratoire) des échéances immédiates de remboursement de la dette qui plombe terriblement le budget du pays ; d’autre part, à moyen terme, la renégociation de la charge globale de celle-ci. M. Tsipras avait du reste distingué entre les crédits dus au FMI, qu’il s’est engagé à rembourser, et ceux vis-à-vis de la BCE et des Etats européens, pour lesquels il espère une baisse de taux et un allongement des échéances.

La plupart des observateurs ont du reste noté qu’au fur et à mesure de la campagne, M. Tsipras a assoupli ses positions. Au point qu’un banquier français, cité par Le Monde (25/01/15), pouvait remarquer : « en vérité, l'opposition entre SYRIZA et la Troïka est moins frontale qu'il n'y paraît ». Certes, la veille du scrutin, le futur chef du gouvernement proclamait fièrement : « lundi, nous en aurons fini avec les ordres venus de l'étranger ». Mais dès la nuit suivante, le ton avait changé puisqu’il plaidait pour que soient trouvées des compromis « justes et praticables ».

 

De fait, en ne remettant pas en cause l’appartenance de la Grèce à la monnaie unique, le futur gouvernement s’enferme objectivement dans une impossibilité de mener une politique rompant avec l’austérité imposée. D’abord pour des raisons juridiques : au-delà même de la tutelle de la Troïka, le pays est tenu par les traités européens qui imposent la rigueur budgétaire. Ensuite pour des raisons économiques : la monnaie unique ne peut survivre que si les orientations économiques des pays membres sont alignées.

 

Enfin pour des raisons politiques : si, par hypothèse, un gouvernement grec réussissait à faire reculer Bruxelles sur ses fondamentaux, cela ne manquerait pas de faire tâche d’huile. Or des élections sont prévues en 2015, notamment au Portugal en octobre, et en Espagne en novembre… On voit mal les dirigeants européens laisser se répandre un tel mauvais exemple.

 

Or, face à un gouvernement qui accepte le carcan européen, Bruxelles dispose des moyens d’imposer ses vues. Avec notamment un bâton : le chantage au non-versement de la dernière tranche du renflouement (lire ci-dessous) ; et le cas échéant une carotte, sous forme d’assouplissements, de toutes façons inévitables, quant aux modalités de remboursement de la dette, ce qui permettrait à M. Tsipras de ne pas perdre la face. D’où la tonalité désormais décontractée de plusieurs dirigeants européens. La chancelière allemande a ainsi affirmé : « nous allons travailler tranquillement » avec le gouvernement grec.

 

Après la chronique de la victoire annoncée, c’est bien celle du renoncement programmé qui se dessine.

A moins, naturellement, que le peuple grec ne décide de se faire entendre dans la rue, une fois les urnes refermées.

...quelques dernières nouvelles,

Le lundi 16 février 2015, la réunion de l’Eurogroupe (ministres des Finances de la zone euro) s’est tenue à Bruxelles. Elle a une nouvelle fois démontré qu’il ne faut rien attendre – sinon le pire – des oligarques européens. Leur attitude méprisante à l’égard du peuple grec devrait convaincre ce dernier que le moment est venu de tirer toutes les leçons de la situation créée depuis la victoire de SYRIZA aux élections législatives il y a trois semaines. Si la Grèce souhaite sortir de la crise, c’est-à-dire aller vers la suppression du chômage et de la précarité, remettre en place un système éducatif et de protection sociale efficace, reconstruire son appareil productif et son agriculture, elle n’aura pas d’autre choix que de sortir de l’euro et de l’Union européenne. Cette nécessité est la même pour tous les autres pays membres de l’Union européenne qui souffrent de l’euro, autrement dit tous les pays sauf l’Allemagne.

Ci-dessous les interventions de plusieurs dirigeants d’organisations qui militent pour la sortie de l’euro et de l’Union européenne. Ils viennent de Grèce, d’Espagne, d’Italie et d’Autriche. Ils expliquent pourquoi leur pays doit sortir de l’euro et de l’Union européenne. Ils étaient les invités du M’PEP lors de son université d’automne à Bordeaux en novembre 2014.

Pour accéder aux vidéos, cliquez ci-dessous :
  • SORTIR DE L’UNION EUROPÉENNE ET DE L’EURO EN ITALIE
    Avec Fabio Frati, Coordinamento Nazionale Sinistra contro l’euro (Coordination nationale de la gauche italienne contre l’euro), Italie.
    http://www.m-pep.org/spip.php?article3867
  • SORTIR DE L’UNION EUROPÉENNE ET DE L’EURO EN AUTRICHE

Avec Wilhelm Langthaler, Commitee Euro exit (Comité Sortie de l’euro), Autriche.
http://www.m-pep.org/spip.php?article389
5

Publié par Frédéric Maurin à 22:12pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #m'pep , #gauche , #euro , #grèce , #espagne , #italie , #Parti Socialiste , #Union européenne , #bastille République Nations , #BRN

14 Décembre 2014

L'Euro, l'autre nom du Deutschemark. Eurostérité?

L'Euro, l'autre nom du Deutschemark. Eurostérité?

S'il n'y a pas de capitalisme idéal, pas plus de ce côté-ci que de l'autre côté du Rhin, force est de reconnaître que l’Allemagne est le principal bénéficiaire du fonctionnement actuel de l’Union européenne.

et l'Euro, la monnaie d'une "Europe de plus en plus germano-centrée" pour reprendre une expression de Chevènement, lue sur son blog.
Une fois de plus devient coutume, la preuve par le M'PEP...pour mieux comprendre l'eurostérité...

L’euro est un deutschemark déguisé

La guerre économique est un élément majeur de l’ordre économique néolibéral. Elle fait rage et peu de forces politiques songent à y mettre fin. L’Allemagne est à la pointe de cette guerre au sein de l’espace européen. Elle profite de la dilution des souverainetés nationales des États voisins dans les traités européens pour développer la sienne et asseoir sa domination économique.

Premier constat : les programmes du Front national, de l’UMP et du Parti socialiste, ne rompent aucunement avec cette dynamique infernale. Bien au contraire, fascinée par le vainqueur du moment, l’Allemagne, ils prétendent relever l’économie française en s’inspirant de son agressivité. La « compétitivité » de la France reste pour eux un objectif pour pouvoir « conquérir » des marchés dans d’autres pays.

Second constat : même lorsqu’ils prétendent remettre quelques barrières douanières - étant donné les dégâts provoqués par 30 ans de dérégulation - ils n’envisagent pas un instant d’en établir avec l’Allemagne. Pourtant, la France a un important déficit commercial avec cette nation dont la position économique est favorisée par les traités européens.

La domination exportatrice allemande


En 2010, la France connaissait un déficit de sa balance commerciale de 67 milliards d’euros. Sur cette somme, il faut compter 27 milliards de pétrole brut, 12 milliards de gaz et 10 milliards de produits du raffinage du pétrole, soit 49 milliards d’euros quasiment incompressibles. En 2009, l’Allemagne avait 28 milliards d’excédents commerciaux avec la France. C’est-à-dire un quart du déficit.

L’Allemagne pratique le dumping social

D’où vient cette domination allemande dans ses échanges commerciaux avec la France ? La politique des dirigeants allemands repose sur deux piliers :

  • le premier est la déflation salariale, c’est-à-dire l’écrasement des salaires des travailleurs allemands. Les salaires des ouvriers ont été bloqués pendant dix ans et leurs acquis sociaux ont été rognés de toute part, dans le but de baisser les prix des produits. Cette politique a fortement contribué à appauvrir la classe ouvrière et à la précariser : durant cette période, les augmentations nominales de salaires ont été de 27 % en moyenne dans l’ensemble de la zone euro contre 7 % en Allemagne.
  • le deuxième pilier est la stratégie des entreprises allemandes (soutenue par les gouvernements successifs) consistant à développer l’importation de biens intermédiaires bon marché en provenance des PECO (pays d’Europe centrale et orientale), zone traditionnelle d’influence de l’Allemagne. Il s’agit de pays à bas salaires et à monnaie faible. Ainsi, près de 50% des exportations allemandes comprennent une quote-part de valeur ajoutée étrangère. Pour preuve, si l’Allemagne est en excédent de 28 milliards d’euros avec la France, elle est en déficit avec la Hongrie (2,1 milliards), la République tchèque (1,9), la Slovaquie (0,8) ! L’Allemagne est également en déficit avec la Russie (4,5 milliards) et la Chine (19,4). Elle n’est en excédent qu’avec le Brésil (0,1) et l’Inde (3). Au total, 43% des exportations allemandes se dirigent vers la zone euro grâce à ce tour de passe-passe. Cela constitue ni plus ni moins qu’une délocalisation massive de sa production.

Ce constat est également établi par la Banque de France (rapport n°73, mai-juin 2008) : « L’Allemagne a fortement augmenté la part de ses importations de biens intermédiaires (pièces et composants des biens d’équipement, pièces et composants pour équipements de transport, fournitures industrielles manufacturées) dans les pays à bas coûts, particulièrement dans les PECO. Elle a ainsi bénéficié d’un gain de compétitivité-coût qui pourrait expliquer une part de sa superperformance exportatrice depuis 2000 par rapport, notamment, à la France. »

En définitive, la déflation salariale et les délocalisations allemandes sont équivalentes à une dévaluation déguisée et unilatérale de l’euro pour l’Allemagne. Depuis l’avènement de la monnaie unique, il n’est plus possible de dévaluer dans un seul pays de manière directe pour gagner en compétitivité. La pression sur les salaires et les délocalisations deviennent la variable d’ajustement. Il est cependant presque impossible pour les pays les moins riches de la zone euro (notamment les pays du sud de l’Europe) de faire comme l’Allemagne, car les salaires et les protections sociales sont déjà moindres. Ces pays voient donc leur balance commerciale devenir gravement déficitaires. Ce déficit creuse la dette des États... on connaît la suite.

L’Allemagne est le principal bénéficiaire du fonctionnement actuel de l’Union européenne

Au début de la construction de l’Union européenne, tous les pays n’étaient pas sur un pied d’égalité. L’Allemagne dominait légèrement l’économie européenne. Même s’il est vrai que sa balance commerciale avec la France était à peu près à l’équilibre, elle disposait d’un tissu industriel plus solide. Cette situation s’explique en partie par l’Histoire industrielle de ce pays, depuis les débuts de l’ère industrielle, mais également parce que la République fédérale d’Allemagne (RFA) a joué le rôle de vitrine économique du modèle capitaliste pendant la Guerre froide. Elle avait bénéficié à ce titre d’importants capitaux américains et internationaux. Par ailleurs, ayant perdu la guerre, il lui avait été interdit de se remilitariser, ce qui signifie que d’importants crédits ont pu profiter à l’investissement dans l’appareil productif, alors que dans les autres pays l’arsenal militaire a absorbé d’importants moyens. Notons au passage que les mêmes conditions avaient été faites au Japon, l’autre grand perdant de la Seconde Guerre mondiale, avec les mêmes effets puisque son économie a été très forte à l’échelle planétaire pendant des décennies.

Cette position dominante a permis à l’Allemagne d’imposer les fondamentaux de l’Union européenne et de mettre les États au service de cette politique. La construction européenne s’est donc faite sur le modèle allemand. La Banque centrale européenne (BCE) est en réalité la Bundesbank et l’euro est le deutschemark.

  • La BCE pratique la politique de l’euro fort car l’Allemagne a besoin d’un euro fort pour pratiquer ses délocalisations/importations avec des pays dont les monnaies sont moins fortes et les salaires plus bas (elle fait fabriquer dans des pays à monnaie faible et vend dans la zone euro, monnaie forte). La politique de la monnaie forte était déjà celle du deutschemark. L’Allemagne avait déjà imposé à la Communauté économique européenne (CEE) une politique de monnaies fortes (« serpent monétaire européen » dans les années 80 et 90). Cette logique, appliquée aveuglément en France par les socialistes convertis aux thèses néolibérales, avait conduit à la politique du « franc fort » dans les années 90 (qui s’était traduite par la poussée un chômage).
  • La politique de la BCE repose sur le dogme de la chasse à l’inflation (et donc des « dettes »). Ce principe est une « tradition » allemande. Il a été institué suite au traumatisme qu’a connu ce pays dans les années 30. Bien entendu, pour que le taux de chômage n’explose pas, ce principe n’était tenable qu’à la condition que le pays soit commercialement très agressif. Pour un pays en situation de domination économique, avoir une monnaie forte revient donc à exporter son chômage (les excédents commerciaux créent de l’emploi dans le pays excédentaire et créent du chômage dans les pays déficitaires).
Les délocalisations allemandes profitent-elles aux PECO ?

Dans la période 2004-2008, les grands industriels allemands ont massivement investi en Slovaquie, pays dans lequel le salaire moyen était de 600€ et où le taux de chômage (15%) garantissait le maintien de ce bas niveau de rémunération. Des industriels français et coréens avaient également investi. Mais en 2009, le pays est passé à l’euro. Depuis, ces investisseurs sont partis voir ailleurs : la production a baissé de 27% (et de 47% dans l’automobile). Même régime pour la République Tchèque, les investisseurs sont partis en Roumanie, en Turquie et au Maroc. Pourtant, après passage à l’euro, le coût du travail dans ce pays reste trois fois inférieur à celui de l’Allemagne. Les bénéfices qu’il retire des investissements allemands sont donc très relatifs. La Slovaquie n’est donc pas près de devenir un concurrent de l’Allemagne dans la compétition économique ! Cependant, les pays qui souffrent le plus de la politique allemande sont les États méditerranéens.

L’Union européenne, un projet germano-centré

La domination allemande s’est construite avec l’Union européenne et parallèlement à elle. Le projet européen des années 90 se prétendait coopératif et solidaire, garant de la paix et de la prospérité. Mais il excluait d’emblée les pays méditerranéens de l’Europe.

« PIGS » est un acronyme formé par les mots Portugal, Ireland, Greece et Spain. Il signifie « cochons » et désigne - dans le délicat vocabulaire des leaders allemands - les pays de l’Europe du Sud. Cette désignation n’a pas seulement un rapport avec le niveau économique de ces pays. En effet, alors que l’Allemagne n’a jamais voulu des pays méditerranéens dans la zone euro, elle a milité pour l’extension de la zone euro vers l’Europe centrale et l’Europe de l’est, des pays dont les économies sont également éloignées du niveau allemand. Comment expliquer cette stratégie ?

Avec la réunification, dans les années 90, l’Allemagne était un jeune État plurinational ; un État « pluriel ». Il regroupait des régions dont les différences étaient plus marquées qu’entre les provinces françaises. En effet, la France est une nation séculaire alors que les tentatives de Reich allemand ont échoué et ont retardé l’intégration nationale.

Le projet allemand pour l’Europe, au moment de la création de l’espace économique européen, devait lui apporter des réponses en termes de cohérence territoriale. Un tel projet avait besoin d’un élément structurant. Une Europe à caractère fédéraliste répondait à ce besoin de cohérence et la monnaie unique en était l’élément structurant. La monnaie unique était clairement une demande allemande.

Mais dans l’esprit des dirigeants allemands, l’espace d’intégration devait correspondre à l’espace historique de la Germanie comprenant l’Allemagne, la France, le Benelux et les pays d’Europe centrale. C’est en effet pour cet espace qu’avait été conçu l’Euro... on le voit bien aujourd’hui que surviennent les crises grecques, espagnoles, et portugaises. « Pas les pays du Club-Med ! » s’était exclamé en son temps le ministre allemand des finances. C’est Romano Prodi, alors président du Conseil, qui avait beaucoup insisté pour faire inclure l’Italie dans la zone euro. En effet, l’Italie risquait la déstabilisation et l’éclatement car le nord est depuis toujours tenté de se rapprocher de la zone d’influence allemande et de se débarrasser du reste. Cette brèche a ensuite permis aux autres pays méditerranéens d’entrer.

L’Allemagne ne coopère pas avec les autres nations européennes

Les choses ont beaucoup évolué depuis les années 90. Aujourd’hui, 70% de la population allemande estime que l’avenir de l’Allemagne ne passe pas par l’Europe. L’Allemagne se considère comme une grande puissance mondiale émergente et souhaite profiter de l’évolution du rôle économique de l’Asie. Elle souhaite également retrouver son tropisme historique vers l’est. Elle se rêve en « grande Suisse » ou en « petite Chine ». Elle ne porte plus guère d’intérêt à la géographie de ses voisins. Par exemple, elle a fait un revirement radical dans sa politique énergétique sans prendre en compte les intérêts de l’ensemble des pays européens, uniquement pour des raisons de politique intérieure. Lors de la crise en Libye, le pays a fait un choix en accord avec le comportement des partenaires économiques avec lesquels il a les échanges les plus dynamiques. Bref, l’Allemagne n’est pas en crise et n’a pas l’intention de continuer à payer les dettes des autres pays, elle souhaite que ces derniers quittent la zone euro. Du projet européen il ne reste finalement que ce qui peut servir de marchepied à ses nouveaux projets : le libre-échange.

L’Allemagne - contrairement à la France - n’a pas abandonné sa souveraineté

Dans quel contexte idéologique le projet d’Union européenne a-t-il germé en Allemagne tout aux long des décennies d’après-guerre ? Les Allemands ont une explication des causes de la Seconde Guerre mondiale qui est différente de la notre. Ils estiment que cette guerre est le produit des égoïsmes nationaux. Cette explication n’est pas acceptable car tous les pays n’ont pas eu une attitude belliqueuse à ce moment là. L’idée qui ressortait de cette conclusion (erronée) était donc qu’il fallait une Europe qui soit la plus fédérale possible de manière à garantir la paix. Un fédéralisme reposant sur l’affaiblissement des nations et la dilution de leur souveraineté. Cette vision des choses a clairement remis en cause le principe de l’État-nation, invention française et héritage de la Révolution de 1789. La France a donc renoncé peu à peu à sa souveraineté au nom de l’Europe.

Cependant, et paradoxalement, l’Allemagne n’en a pas fait de même ! En 2010, le tribunal constitutionnel de Karlsruhe, garant de la souveraineté allemande, a réaffirmé expressément la souveraineté allemande. Il a souligné dans l’un de ses arrêts qu’il n’y a pas de peuple européen, donc, par conséquent, pas de démocratie européenne possible puisque pas de souveraineté pouvant supplanter la souveraineté allemande.

Les dirigeants français, qui ont besoin de la crédibilité économique allemande à l’échelle internationale, ont donc dilapidé la souveraineté nationale dans le cadre de traités de libre-échange et de libéralisation. En effet, tels étaient les souhaits des marchés et des gouvernements allemands successifs navigant en fonction de leurs orientations. Le libre-échange implique, en théorie, que les pays renoncent à une partie importante de leur souveraineté. Mais les États dominants n’ont pas besoin de s’appliquer ce qu’ils exigent des autres (cf. les États-Unis) !

Pour des mesures protectionnistes au niveau national

Contrairement à ce qu’il prétend être, le projet d’Union européenne n’est pas un projet solidaire et coopératif à l’échelle du continent. Le tissu industriel français a grandement souffert du dumping allemand, mais aussi et surtout de la « stratégie » des leaders français dans la construction de l’Union européenne.

Comment modifier le rapport de force de manière à rétablir une concurrence moins faussée avec l’Allemagne ? On le voit bien, un protectionnisme purement « européen », tel qu’il est prôné par certains, serait inefficace puisque l’Allemagne fait du dumping social au sein même de l’Union européenne. Ainsi, même le discours du Front national, qui se prétend radical, perd toute sa crédibilité car il assure l’impunité de la politique agressive des dirigeants allemands en refusant toute mesure protectionniste avec ce pays.

D’autre part, toute mesure protectionniste doit avoir un caractère universaliste. Le M’PEP est solidaire des travailleurs allemands dans leurs luttes contre la casse sociale. Son combat les rejoint car le creusement des inégalités dans ce pays est – comme dans le notre – le résultat de la guerre économique néolibérale et de la captation des richesses par une partie de la population au détriment de l’autre.

La protection de l’économie nationale ne doit-elle viser qu’à rendre la France plus agressive dans la guerre économique ? La France doit-elle s’inspirer de la politique allemande ? Seule une logique nationaliste et pro-capitaliste peut défendre cette option. C’est celle défendue par le Front national (nous reviendrons sur cet aspect des choses dans une prochaine lettre d’information). Pour la vraie gauche, le modèle allemand devrait être un anti-modèle. Les mesures protectionnistes préconisées par le M’PEP ont – au contraire - un caractère internationaliste. Elles se veulent l’antithèse de la mondialisation en prônant la construction d’un nouvel ordre économique basé sur la solidarité et la coopération. Elles s’appuient sur la charte de La Havane qui vise à rétablir l’équilibre des balances des paiements de chaque pays.

Sources :

  • Jacques Nikonoff, « Sortons de l’euro », Mille et une nuits, 2011.
  • Marie-France Garaud dans l’émission de télévision sur France 3 « Ce soir ou jamais » du 13 décembre 2010.
  • Jacqueline Hénard, « Que pense l’Allemagne ? », Kommunal-U.Schul-Vlg, juin 2011.
  • Conférence « Que faire de l’Union européenne », organisée par le M’PEP le 11 juin 2011.
  • M’PEP, « Verbatim de la confrontation Le Pen - Nikonoff sur France 2 », juillet 2011.

Publié par Frédéric Maurin à 21:27pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #euro , #capitalisme , #chômage , #austérité , #allemagne , #BRN , #crise , #dette , #front national , #gauche

25 Novembre 2014

Ne loupez plus un épisode !

Ne loupez plus un épisode !

avec les Interviews alternatives de Pascale Fourier sur

J'ai dû louper un épisode...

Une arme de plus, utile, dans la guerre idéologique en cours.
Une lettre d'information rare, vous ne serez pas asphixié(e), mais dense...je vous la laisse apprécier ci-dessous...
Ceux qui croient en la presse libre, et je sais qu'il y en a ici, peuvent DOIVENT s'y abonner.

Bonne écoute ! Pascale,

Gaël Giraud : La monnaie, ce sont les banques privées qui la créent ! 1/2

Les sommes qui circulent dans la sphère financière sont hallucinantes si on les met en regard des sommes qui circulent dans l’économie réelle. Moi, ce que je me demandais, en voyant les chiffres, c’est d’où ils venaient, les sous… L’addition des sommes ponctionnées sur l’économie réelle?? J’ai lu Illusion financière , un livre publié en 2012 par Gaël Giraud … Et là, je suis...

Cette note a été publiée le 24/11/2014

Pour lire la note entièrement, veuillez cliquer ici

VIDEO : Frédéric Lordon soutient Des Sous et des Hommes et Pascale Fourier en 2 mn30

Nan, j'déconne! Frédéric Lordon était venu à la soirée organisée par Daniel Mermet pour défendre son projet d'un Là-bas sur le Net, le 31 Octobre dernier, à la Maison des Métallos... Pourtant, si vous écoutez Frédéric Lordon dans la première partie de son intervention, entre 2mn et 4mn30, vous verrez que ce qu'il prône, c'est en fait une sorte de Des Sous... Prendre le temps...

Cette note a été publiée le 10/11/2014

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Miklós Németh, Premier Ministre hongrois en 1989: "un homme bien"...

Bon bon, oui, d'accord, d'ordinaire ce blog parle plutôt d'économie, de politique, mais je ne résiste pas pas au désir de partager avec vous une émission incroyable que j'ai regardée en repassant une bonne tonne de linge ! C'est un drôle de documentaire diffusé hier sur Arte, un mélange d'archives, de témoignages, et de reconstitutions de conversations de hauts dirigeants hongrois,...

Cette note a été publiée le 10/11/2014

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Le gouvernement prêt à brader les réseaux de transport d'énergie

C'est le titre de l'article de Martine Orange que l'on peut trouver sur Mediapart là : http://www.mediapart.fr/journal/economie/191014/le-gouvernement-pret-brader-les-reseaux-de-transport-denergie Problème : Mediapart, faut être abonné( ce que je ne peux que vous conseiller de faire, ne serait-ce que pour les articles de Martine Orange, Laurent Mauduit, et Ludovic lamant, trois...

Cette note a été publiée le 20/10/2014

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Opération Corréa : un film de Pierre Carles à voir gratuitement !

Je crois que je vais rire à ma prochaine séance de repassage ( oui, je rappelle que je ne regarde des vidéos sur le Net qu'en repassant !) ! L'argument du film est celui-ci : pourquoi les médias n'ont-ils pas rendu compte de la visite en France de Rafael Correa, Président de l'Equateur, pays d'une santé économique éclatante dont, sans doute, on pourrait tirer quelque enseignement? Hihi...

Cette note a été publiée le 20/10/2014

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Aurélien Bernier et la 6° République: "on ne peut substituer la question institutionnelle à l’urgence sociale"

Aurélien Bernier écrit une fois encore ce que je pense... et c'est dans cet article : http://www.legrandsoir.info/tourner-la-page-du-front-de-gauche.html Il faut, je pense, être attentif au coeur de son analyse : "Pour répondre à la demande sociale des classes populaires et aux enjeux géopolitiques actuels , un programme de gauche radicale doit reposer sur trois piliers....

Cette note a été publiée le 13/10/2014

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Pinsolle/Lordon : pourquoi la crise permet-elle un approfondissement de la régression sociale?

C'est fou, non?? Après la crise, c'est pire qu'avant! Enfin je veux dire que le système néolibéral s'est complètement décrédibilisé à l'occasion de la crise, la montée du FN ne peut pas ne pas interroger sur certains choix économiques qui lamine la "classe ouvrière" ( je fais bref!), et....on se croirait revenu dix ans en arrière, quand déjà on disait qu'il fallait baisser les salaires, les...

Cette note a été publiée le 11/10/2014

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Châteauroux, tête de pont de la Chine en France?

Simple : vous êtes Chinois et acheté, en France, un vaste espace doté d'un ancien aéroport militaire. Après, vous envoyez des centaines d'avions-cargos vers la France, et hop, vous inondez le pays de vos produits. Bon.. Si on regarde les choses dans l'autre sens, on se dit : mais pourquoi les Français acceptent-ils cela? Pour la promesse de quelques centaines d'emplois dans une région en...

Cette note a été publiée le 10/10/2014

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Jean-Claude Michéa / Jacques Julliard

Comme j'étais coincée au fond de mon lit parce que j'étais malade, j'ai eu le temps de lire un peu.... Visiblement, Jean-Claude Michéa et Jacques Julliard se sont écrits, et ont publié le fruit de leur correspondance. Moi, Julliard, je me méfie toujours, même si je lui reconnais et des talents de plume indéniables, et certaines fulgurances : il n'empêche qu'il a été l'un de ceux qui a été...

Cette note a été publiée le 10/10/2014

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Rue 89 et Zemmour

L'affaire Zemmour, je n'ai pas suivi, parce que je me contrefiche de ce que dit ce type ! N'empêche que ça fait plaisir de trouver un texte vraiment intelligent qui réfléchit sur la machien médiatique. ET c'est sur Rue89, sous la plume de Xavier de La Porte de Rue 89: http://rue89.nouvelobs.com/2014/10/06/comment-troll-eric-zemmour-attire-piege-255313 . C'est tout... je voulais vous...

Cette note a été publiée le 10/10/2014

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Rachat d'actions versus investissements... , ou pourquoi on n'est pas près que ça aille mieux....

Bon, moi je l'ai toujours dit, si vous abandonniez la lecture de mon modeste blog pour celui de Laurent Pinsolle , si vous deviez faire un choix, eh bien vous auriez raison ! C'est encore lui qui nous alerte sur une joyeuseté qui fait penser....C'est là http://www.gaullistelibre.com/2014/10/la-folie-des-rachats-daction-doit-etre.html#more , et ça parle des rachats d'action par les...

Cette note a été publiée le 10/10/2014

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Frédéric Lordon/Bernard Friot : Conquérir la souveraineté populaire/ Valeur-monnaie

Pour ma prochaine séance de passage, je regarderai ça. Je suis sûre qu'il est essentiel de le regarder!! Dans le 14°, à Paris, il est une librairie qu'il faut fréquenter : Tropiques ! Oui, la Fnac Montparnasse n'est pas loin, mais voici une librairie qui non seulement fait vivre le quartier, mais faire vivre le débat démocratique... C'est Métro Pernéty. Dans le coin, on pourra en profiter...

Cette note a été publiée le 06/10/2014

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Christophe Guilly : comment on a sacrifié les couches populaires (et pourquoi le FN.....)

Zut ! Trop tard sans doute pour acheter le très bon numéro de Marianne dans lequel on trouvait un excellent compte-rendu fait par Eric Conan et Emmanuel Lévy sur La France périphérique ( sous-titre : comment on a sacrifié les classes populaires) de Christophe Guilluy aux éditions Flammarion ( 18 euros). Dans un billet précédent , je me disais qu'il faudrait creuser le concept...

Cette note a été publiée le 18/09/2014

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Là-bas reprend sur le Net !

Comment?? Vous n'êtes pas au courant?? L'émission de Daniel Mermet reprend sur le Net ! Oui oui, on pourra dire que sur le Net, ce n'est pas bien pratique, et ceci, et cela... Et surtout, on pourra dire que le Service Public ne fait pas son boulot en n'offrant pas le pluralisme que son financement public suppose....Oui, on pourra dire ( et agir auprès de France Inter pour marquer notre...

Cette note a été publiée le 15/09/2014

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Coralie Delaume : l'UE ou l'a-démocratie

"La Commission européenne rejette l’initiative citoyenne sur le GMT/TAFTA" : c'est Raoul-Marc Jennar qui nous en avertis dans un billet de son blog, là : http://www.jennar.fr/?p=3880 L'UE.... Je me suis aperçue en mettant à jour mes site que j'avais oublié d'envoyer le fichier son + transcription de l'interview que j'avais faite avec Coralie Delaume en Mai ! Au moment où elle n'a eu que...

Cette note a été publiée le 12/09/2014

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Roland Dumas : "La France est devenue le chien d’avant-garde de l’Otan"

Un jour, plus tard, on fera la chronique de cette longue descente aux Enfers, à ce qui aura présidé donc à la lente déréliction de la France....(oups...j'ai dit un gros mot!!!! "France", faut pas dire...) Bien sûr, il y aura la sombre chronique de la dissolution dans la "mondialisation" ( id est : la soumission aux "forces de l'argent") et l'Union Européenne et ses politiques délétères......

Cette note a été publiée le 09/09/2014

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Peut-il y avoir encore de la croissance? Oui, mais toute petite petite....

Bah oui, c'est encore Marianne ( et Alternatives Economiques pour le coup) qui fait l'article qu'il fallait faire ( et m'évite de faire le billet que je voulais écrire !). C'est que par-ci par-là, dans mes lectures, je tombais ces derniers temps sur juste une phrase qui disait que la croissance "normale" d'un pays disons mature ( pas en phase de rattrapage) était d'environ 1%, 1.5% on ne va...

Cette note a été publiée le 07/09/2014

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Jean-Michel Quatrepoint : la classe dirigeante française a choisi de faire passer les intérêts de la construction européenne avant ceux de la France

Jean-Michel Quatrepoint est un de ceux que je suis de l'oeil depuis un certain temps... Je l'ai rencontré en Mars dernier à propos du traité de libre-échange en cours de négociations entre les Etats-Unis et l'Union Européenne. Il m'avait alors dressé un panorama géopolitique consternant :...

Cette note a été publiée le 06/09/2014

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Emmanuel Todd : France, Allemagne, Union Européenne

C'est sur le site d ' Olivier Berruyer , www.les-crises.fr , que l'on trouve une très longue interview d'Emmanuel Todd. Le premier volet porte ce titre : " La France s’est mise en état de servitude volontaire par rapport à l’Allemagne, ".... L'important n'est pas de savoir si Emmanuel Todd a raison partout et en tout endroit de cette interview. Ce qu'il est important de saisir,...

Cette note a été publiée le 05/09/2014

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Chevènement nous explique 30 ans de choix socialistes...

Zut ! Je voulais vous dire d'acheter Marianne pour lire le long entretien de Jean-Pierre Chevènement avec Eric Conan ( parce que donner des sous à un journal qui fait souvent entendre des voix alternatives, c'est important !), et puis j'ai tardé, tardé... et il n'est plus en kiosque.... Mais heureusement, on trouve l'interview de JPC sur son blog ! Evidemment, il faudrait tout lire !!! Et...

Cette note a été publiée le 05/09/2014

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Publié par Frédéric Maurin à 07:07am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #presse libre , #fakir , #bastille République Nations , #BRN , #banque , #boycott

2 Novembre 2014

L'air moins con avec Bastille République Nations

L'air moins con avec Bastille République Nations

J’ai à coeur, selon mes modestes moyens, de soutenir la presse libre.

Bastille République Nations, mensuel progressiste radicalement eurocritique, livre une petite musique sur l’UE qui mérite d'être entendue.

Outre l’édito, BRN comporte des entretiens lumineux, j’en avais repéré un ou deux (en lien ci-dessous):

Le mieux étant de faire un geste d’amour pour la construction européenne, déconstruction républicaine, en s’abonnant. (un numéro gratuit à l’essai sur demande).

Nous y sommes. Pour établir le budget de la France, le gouvernement négocie, non plus guère avec le Parlement – dont c’était pourtant la raison d’être historique : lever l’impôt – mais avec Bruxelles, officiellement ; et avec Berlin, plus officieusement. Certes, ce n’est pas la première fois que les décisions budgétaires se trouvent sous la pression de l’Union européenne.

Il convient cependant de ne pas banaliser cette rupture historique : la subordination des décisions les plus politiques à des instances extérieures au peuple est aujourd’hui avouée et assumée. Le renforcement de la « gouvernance économique européenne », à la faveur de la crise de l’euro, est passé par là. Lorsqu’en 2010, Edouard Balladur, le premier, proposa de confier à l’UE les doubles commandes budgétaires des Etats ayant adopté la monnaie unique, même certains partisans de l’Europe jugèrent cette idée « excessive ». Quatre ans plus tard, la mainmise est devenue très concrète. Paris est sous pression pour aller au-delà des 21 milliards de coupes prévues dans les dépenses publiques – un montant déjà sans précédent – et pour mettre en œuvre fissa lesdites réformes structurelles.

Parmi celles-ci, le projet de loi visant à « libérer l’activité » – un intitulé délicieusement orwellien – présenté par le sémillant ministre de l’Economie, Emmanuel Macron. Le texte repose sur l’hypothèse aussi classique que douteuse, selon laquelle plus de concurrence entrainerait automatiquement une baisse des prix, et donc une relance de l’économie. Passons sur le paradoxe de la démarche au moment où l’on redoute le spectre... de la déflation, pour constater ceci : renforcer la concurrence entre pharmacies, ouvrir la vente de certains médicaments aux grandes surfaces, voire encourager leur distribution par Internet, tout cela risque d’entraîner des licenciements dans les officines ; favoriser le transport de voyageurs par autocar, évidemment au détriment du rail, voilà qui ne cadre guère avec les tirades sur la protection de l’environnement ; quant à la baisse espérée des tarifs des huissiers, elle réjouira surtout les bailleurs pressés de faire décamper leurs locataires en difficulté. En outre, prétendre lutter ainsi contre le chômage, au moment même où une usine disparaît tous les deux jours dans l’Hexagone, apparaît comme dérisoire, grotesque, voire provocateur.

La France joue la musique européenne également dans un autre domaine, celui de la « transition énergétique ». Dans ce cas, elle entend même faire figure de « bon élève ». Au programme notamment, tant dans la loi présentée par Ségolène Royal que dans le « paquet énergie-climat » arrêté lors du sommet européen du 23 octobre, une réduction drastique de la consommation énergétique d’ici 2030 puis 2050. Sur la forme, on touche à l’absurde : alors même que les simples prévisions de croissance se révèlent fausses six mois après leur publication, on fixe sans rire des objectifs valant pour dans... quarante ans, comme si des dizaines de bouleversements géopolitiques et de percées technologiques aujourd’hui inimaginables ne devaient pas se produire d’ici là. Sur le fond, projeter de telles restrictions de consommation énergétique suppose qu’on a définitivement renoncé à renouer avec une croissance vigoureuse.

Tel apparaît le tableau enthousiasmant dessiné aujourd’hui par l’état d’esprit bruxellois : stagnation (au mieux) de l’activité économique, concurrence et déréglementation accrues, « assouplissement » du Code du travail – M. Macron propose par exemple de libéraliser le travail du dimanche et en soirée. Et, pour tenter de faire accepter tout cela, des négociations se sont ouvertes le 9 octobre sur la... « modernisation du dialogue social ».

Devenu l’autre attribution du Commissaire européen chargé de l’euro, ledit dialogue social n’est peut-être que l’antidote rêvé par les puissants face au spectre qui les hante secrètement : celui de la révolte sociale.

Un spectre qui pourrait bien finir par devenir réalité.

Pierre LEVY

Éditorial paru dans l’édition du 28/10/14 du mensuel Bastille-République-Nations
Informations/abonnements : www.brn-presse.fr
Pierre Lévy est par ailleurs l’auteur d’un roman politique d’anticipation dont une deuxième édition est parue avec une préface de Jacques Sapir : L’Insur
rection

Publié par Frédéric Maurin à 09:56am - Voir le commentaire ()
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20 Décembre 2013

Médias de M....

Quand les mots viennent à manquer,autant laisser parler les chiffres...

« Closer » écrase « Le Monde diplomatique »

La publication par le ministère de la culture et de la communication du tableau des deux cents titres de presse les plus aidés en 2012 permet d’apprécier la sollicitude des pouvoirs publics envers Le Monde diplomatique.

Notre journal se classe au 178e rang. C’est-à-dire très loin derrière des publications aussi cossues et adorées des annonceurs que Le Nouvel Observateur (8e), L’Express (9e), Télé 7 jours (10e), Paris Match (12e) et Valeurs Actuelles (66e).

Plus édifiant, des titres aussi indispensables au débat public que Télécâble Satellite Hebdo (27e), Grazia (74e), Point de Vue (86e), Closer (91e), Le Journal de Mickey (93e), Gala (95e), Voici (113e), Prions en église (121e), Auto Moto (124e), Mieux vivre votre argent (129e), Détente Jardin (167e), Spirou (172e) se retrouvent devant Le Monde diplomatique...

Un rapport récent de la Cour des comptes a estimé que les aides publiques représentaient entre 7,5 % et 11 % du chiffre d’affaires global des éditeurs (1). Dans le cas du Monde diplomatique, qui a obtenu 188 339 euros en 2012, cette proportion est plus proche de 2%. C’est dire la part décisive que prennent au financement de notre travail nos acheteurs, nos abonnés et ceux qui, chaque année plus nombreux, nous versent des dons.

L’an prochain, il est possible que nous ne figurions plus du tout dans le tableau du ministère de la culture. En effet, la moitié des aides reçues par Le Monde diplomatique en 2012 l’ont été au titre de notre diffusion à l’étranger. Or, en 2013, cette aide au développement de notre lectorat international a été divisée par cinq, passant de 95 900 euros à 18 600 euros. Ajoutons à cela le relèvement important des tarifs postaux qui va nous concerner, alors même que le président de la République vient d’en annuler l’essentiel pour les quotidiens et pour les magazines d’actualité hebdomadaires, et chacun pourra se faire une idée de l’affectation étrangement ciblée des aides à la presse. C’est-à-dire en définitive de l’argent des contribuables.

Il y a trente ans, le Parti socialiste proclamait : « Un réaménagement des aides à la presse est indispensable. (...) Il faut mettre un terme à un système qui fait que les plus riches sont les plus aidés, et les plus pauvres les plus délaissés. (...) La réforme des aides à la presse devrait également mieux différencier la nature des titres et ne pas traiter de la même façon la presse politique et d’informations générales et la presse récréative. Elle devrait distinguer, en particulier en matière d’aides postales, la presse bénéficiant d’un fort volume de publicités et celle qui en est dépourvue (2). »

Les données officielles récemment rendues publiques ainsi que les derniers arbitrages présidentiels en matière de presse démontrent que cette analyse, à laquelle nous ne pouvons que souscrire, n’a pas reçu le moindre début d’exécution. Faute de quoi, comment expliquer que Télé 7 jours ait reçu trente-sept fois plus d’argent public que Le Monde diplomatique ?

En nous versant un don, que vous pourrez partiellement déduire de vos impôts, vous corrigerez à notre avantage cette répartition fantaisiste des sommes que l’Etat verse chaque année à la presse.

(1) « Les aides de l’Etat à la presse écrite » (PDF), communication de la Cour des comptes à la commission des finances du Sénat, juillet 2013. Le tableau détaillé des publications aidées se trouve page 40.

(2) Cité dans l’article de Serge Halimi, « Nous ne sommes pas des robots », Le Monde diplomatique, octobre 2013.

Vous aussi, soutenez « Le Diplo »

L’information gratuite n’existe pas. Les articles du mensuel en accès libre sur notre site n’y figurent que parce qu’ils ont été préalablement payés par nos acheteurs, nos abonnés et par ceux qui, chaque année plus nombreux, nous versent des dons.

Publié par Frédéric Maurin à 10:09am - Voir le commentaire ()
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1 Septembre 2013

Euro : Un autre usage de la matraque est possible !

Titre original : Polémique sur l'euro entre Sapir et le PCF

par BRN Bastille-République-Nations

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Le 12 juin, la revue Economie et Politique a publié un texte intitulé « Contre l’austérité en Europe, luttons pour un autre euro » (1). Signé par six responsables du Parti communiste français (PCF), cet article réitère une des thèses chères à ce parti : rien ne serait plus dangereux que de sortir de la monnaie unique (et a fortiori l’Union européenne) ; la solution consiste au contraire à réorienter l’utilisation de l’euro et de la Banque centrale européenne (BCE).

Le quotidien L’Humanité a reproduit ce texte dans ses colonnes, craignant peut-être que des tentations de sortie de la monnaie unique ne commencent à poindre parmi les sympathisants du Front de gauche. Ces tentations constituent une « illusion démagogique et dangereuse », martèlent les signataires de la tribune, pointant du doigt ceux qui « agitent l’idée » de sortir de ’euro. Les auteurs se gardent de citer des noms.

Il faut donc rappeler que, ces dernières semaines, l’ancien président du Pari social-démocrate allemand (SPD), devenu figure de proue du parti Die Linke, Oskar Lafontaine, a rejoint ceux qui évoquent l’intérêt de briser le carcan de la monnaie unique (et s’est immédiatement fait rabrouer par ses camarades). C’est également le cas du parti chypriote AKEL (communiste), qui représente un tiers de l’électorat de la République de Chypre. D’autres partis communistes (Portugal, Grèce…) combattent également pour un abandon de l’euro, de même que des forces syndicales importantes.

En France, Jacques Sapir est l’un des rares économistes à avoir clairement levé ce tabou. Il tient un blogue où il analyse notamment l’actualité économique sous cet angle. Il avait donc quelques raisons de se sentir visé par le texte publié par Economie et Politique. Il a réagi par une analyse contrant ledit texte (2). BRN résume les arguments des deux parties.

Le premier point soulevé par les économistes du PCF porte sur l’enchérissement du coût des importations que la France subirait, dans l’hypothèse d’un retour au franc accompagné d’une dévaluation « de l’ordre de 25% ». En effet, payer des denrées importées dans une devise dévaluée contraint à dépenser plus de celle-ci pour une même quantité d’un produit.

Jacques Sapir relève qu’un tel raisonnement fait l’impasse sur ce que les économistes nomment l’« élasticité-prix » : une dévaluation entraîne classiquement un certain changement d’attitude des consommateurs, qui se reportent sur des produits fabriqués en France (et donc insensibles à l’effet de change) quand ils existent, ou bien sur des produits « légèrement différents dont le coût est moindre mais dont l’usage procure une satisfaction équivalente ».

Certes, note l’économiste, il existe « des produits considérés comme non-substituables » (évalués à 30% du total des importations), tels que les carburants. Mais, dans ce dernier cas, le prix du bien importé ne représente que 25% du montant payé par le consommateur, les 75% restant étant des taxes.

Jacques Sapir souligne en outre un avantage de cette possible dévaluation : « nos produits, dans le cas d’une dévaluation, coûteraient 25% de moins. Les volumes consommés par les clients étrangers augmenteraient et ceci, même en économie stationnaire ». Les exportations seraient ainsi dopées, avec les conséquences positives sur la croissance et l’emploi.

Attention, cela « se ferait surtout au détriment de nos partenaires d’Europe du Sud, l’Allemagne voyant au contraire son excédent commercial gonflé par une dévalorisation du travail des Français », affirment Paul Boccara et ses camarades.

Faux, rétorque Jacques Sapir qui précise : « la compétitivité-prix ne se ferait pas au détriment des pays de l’Europe du Sud, dont toutes les estimations montrent qu’ils auraient intérêt à dévaluer plus que nous. Les gains quant aux exportations se feraient essentiellement au détriment de l’Allemagne qui verrait son excédent commercial de 5% du PIB se transformer en un déficit de -3% du PIB ». Il signale en outre que la situation de l’Italie serait même plus favorable que celle de la France, et cite, à l’appui de son propos, diverses études, dont celles des chercheurs de la banque Natixis – pourtant nullement partisans de l’abandon de l’euro.

Et il dénonce dans la foulée l’affirmation selon laquelle une sortie de l’euro se ferait dans un contexte de « spéculation déchaînée ». Car une telle sortie devrait nécessairement prévoir un très strict contrôle des capitaux. Et Sapir de rappeler que le récent exemple chypriote a constitué « l’occasion de vérifier la possibilité matérielle d’un contrôle des capitaux au sein de la zone euro », mis en place par les dirigeants européens le dos au mur… malgré les traités qui l’interdisent expressément.

Autre danger cité par les économistes du PCF : l’explosion de la dette publique française. Selon eux, « le retour au franc dévalué entraînerait automatiquement un enchérissement de 25 % sur les quelque 1140 milliards d’euros de titres de dette détenus hors de France ». Or 60% de la dette publique sont détenus par des « opérateurs non résidents », qui feront valoir leurs créances en monnaie forte, faisant ainsi grimper le montant nominal en francs des obligations souscrites en euros.

Faux encore, tempête Jacques Sapir, qui rappelle que ce n’est pas la « nationalité » du créancier qui compte, mais le lieu d’émission de la créance. Or « 85% des montants de la dette française sont émis dans des contrats de droit français. Ces contrats stipulent que la dette sera remboursée dans la monnaie ayant cours dans notre pays ». Conclusion : « l’effet de réévaluation de la dette ne portera que sur les 15% restants ». Le surcoût – même à supposer qu’on continue d’accepter de tout régler rubis sur l’ongle – serait donc de 3,75% et non de 25%.

Et l’économiste de conclure : « croire que l’on peut faire changer la structure de la zone euro sans en passer par une crise majeure et par une dissolution de la monnaie unique est une vue de l’esprit ». Pour leur part, les amis de Paul Boccara restent convaincus qu’une « autre utilisation de l’euro peut contribuer, de façon décisive, à une autre croissance de progrès social dans l’Union européenne ».

(1) http://www.economie-politique.org/41453

(2) http://russeurope.hypotheses.org/1381

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L’« autre euro », chimère de toutes les batailles

commentaire

Aux arguments économiques avancés par Jacques Sapir, il n’est pas interdit d’ajouter quelques remarques politiques.

Un détail, d’abord : le PCF fut, dans les années 1990, très engagé contre la création de la monnaie unique. Certes, chacun a le droit de changer d’avis. Mais l’ampleur du retournement devrait imposer une certaine mesure dans le propos.

Par ailleurs, un constat s’impose : les affirmations parues dans Economie et Politique sont désormais, dans l’esprit et même parfois dans les termes, les mêmes que celles que n’ont cessé d’utiliser les partisans sans complexe de l’intégration européenne, du traité de Rome à celui de Lisbonne en passant par celui de Maëstricht. On lit ainsi : « alors que chaque pays européen dispose, isolément, d’un potentiel restreint, la création monétaire en commun, avec l’euro, offre des potentiels bien plus importants ». Bref, une énième version de la comptine éculée suivant laquelle chaque pays ne pouvant plus grand-chose, il faut donc se mettre ensemble.

Plus ahurissant encore : « si l’on supprime l’euro, il ne resterait plus que le dollar comme monnaie de réserve internationale. Son hégémonie en serait confortée ». Autrement dit, seule l’unité européenne permet de tenir la dragée haute à la domination américaine. Cette thèse, qui fut l’un des tubes des partisans du Oui en 2005, est ahurissante. Dès son origine, dans les années 1950, jusqu’à aujourd’hui (projet de libre-échange UE-USA), Washington n’a cessé d’être le plus chaud partisan de l’intégration européenne. Y compris sur le plan monétaire. S’il y a quelque chose qui effraie Barack Obama, ce n’est certes pas la « force » de la zone euro, mais bien plutôt sa faiblesse économique et la récession – potentiellement contagieuse – qui y prévaut.

Un troisième point a trait à l’exhortation compulsive à laquelle se livrent les dirigeants du PCF (et du Front de gauche), visant à « exiger » une « autre Europe », une « autre utilisation de l’euro », une « autre BCE ». Le problème est que cette rhétorique est vide de sens : bien malin qui pourrait préciser concrètement ce que ces « autres », parfois lyriques (« un très grand essor des services publics et de leur coopération en Europe »), recouvrent, ni comment ils pourraient advenir. Autant réclamer « une autre utilisation » de la matraque des CRS dans les manifestations. Sauf que la matraque a été dès le départ conçue, pensée, et produite pour rencontrer le crâne des manifestants ; réclamer une « matraque de progrès social » n’y changerait rien. Tel est exactement le cas de l’euro.

Et quand bien même exiger « un autre rôle » pour la Banque centrale européenne aurait un sens (ce pour quoi plaidait déjà… Nicolas Sarkozy dès 2008), cela supposerait de changer les traités. Or il n’est pas au pouvoir du gouvernement français (à supposer qu’il le veuille) de changer lesdits traités unilatéralement. Il reste dès lors à attendre que MM. Rajoy, Samaras, Letta, et bien sûr Mme Merkel défèrent ensemble à l’injonction de François Hollande en faveur d’une « réorientation européenne ». Armons-nous de patience.

« En sortant de l’euro, on déserterait (sic !) le terrain de la bataille pour un autre euro et pour une construction solidaire de l’Union européenne », affirment les auteurs. On retrouve ici la thèse, aussi ancienne que chimérique, selon laquelle il vaut toujours mieux être « dans le jeu » pour infléchir les règles que « spectateur dans les tribunes ». C’est ce même raisonnement que tiennent les partisans norvégiens, suisses ou islandais de l’adhésion à l’UE – partisans qui sont de plus en plus clairsemés, tant l’« isolement » d’Oslo, de Berne ou de Reykjavik tarde à produire les cataclysmes annoncés pour ces pays…

Une dernière remarque tient précisément à l’utilisation des termes. Accuser les partisans de la sortie de l’euro d’« agiter » des illusions « dangereuses » n’est pas anodin. Force est hélas de constater que les auteurs entendent ainsi susciter la peur plus que le débat serein. Une méthode jusqu’à présent familière aux européistes traditionnels.

Mais, alors que le rejet de l’UE monte de toutes parts, si peur il y a, elle semble saisir désormais plutôt ses partisans. Et même ses autres partisans.

Publié par Frédéric Maurin à 22:33pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #BRN , #Union européenne , #euro , #europe , #crise , #dette , #pcf , #front de gauche , #mélenchon

15 Mai 2013

Bastille République Nations n'est pas en kiosque

c'est pour cela qu'il faut s'y abonner.

Source : BRN

Insoluble dilemme : l'éditorial du nouveau « Bastille-République-Nations »

Un tournant ? Quelques phrases tirées d’un discours prononcé le 22 avril par le président de la Commission européenne ne sont pas passées inaperçues dans le landerneau bruxellois. José Manuel Barroso a bien sûr rappelé que les politiques d’austérité conduites jusqu’à présent étaient « justes », mais il a estimé qu’elles trouvaient désormais « leurs limites ».

Il ne faut certes pas imaginer que ces propos annoncent un changement de cap. La pression visant à réduire les dépenses publiques nationales reste, hélas, d’actualité. Pour des raisons juridiques, d’abord : les mécanismes de la « gouvernance européenne » sont bien en place, en particulier le traité dit TSCG, qui n’a rien de facultatif. Pour des raisons politiques, ensuite : les dirigeants allemands, qui en furent à l’origine, entendent bien en surveiller la stricte application. Dans la pratique, enfin, aucun gouvernement n’a annoncé quelque intention d’abandonner ou même d’alléger les coupes budgétaires en cours.

Cela vaut particulièrement pour la France. Le patron de Bercy, Pierre Moscovici, a précisé qu’on n’irait pas au-delà, cette année, des 30 milliards d’« économies » annoncés, manière de confirmer que les restrictions supplémentaires décidées au premier trimestre ne sont nullement remises en question. Et pour cause : Paris met en avant cette « bonne volonté » dans les délicates négociations avec Bruxelles en vue de repousser d’un an l’épée de Damoclès des sanctions pour déficit excessif. A cet égard, ceux qui se disent déçus, voire trahis, par l’hôte de l’Elysée sont injustes : le candidat Hollande ne s’est jamais engagé à sortir le pays du carcan européen. Le principe et même l’ampleur de l’austérité – même si le mot est évité – étaient donc inscrits dans les textes bruxellois. Seuls ceux qui aiment s’aveugler peuvent être surpris.

Cependant, on aurait tort de sous-estimer les propos de M. Barroso. Car ils témoignent d’une double réalité : une spectaculaire impasse économique, et une redoutable colère populaire aux quatre coins de l’UE. La catastrophe économique s’illustre en particulier par la montée continue et massive du chômage et de la récession, de même que des dettes publiques… que les cures austéritaires étaient précisément censées endiguer. Vingt et un Etats sur vingt-sept ont vu leur endettement grimper en 2012, pour un total de 576 milliards de nouvelles dettes. Ce que même les économistes naguère partisans des économies budgétaires drastiques constatent depuis quelques mois se confirme : comprimer les dépenses publiques plombe lourdement la croissance et l’emploi, et aggrave les « déséquilibres budgétaires » qu’on disait vouloir réduire. En outre, les dirigeants européens ne peuvent être insensibles aux avertissements de plus en plus impérieux qui viennent de Washington, du FMI, voire du G20 : l’UE, homme malade de l’économie mondiale, pourrait bien entrainer l’ensemble de celle-ci dans le gouffre.

Quant à la colère populaire, elle hante désormais les eurocrates de tous poils. L’hypothèse de révoltes sociales violentes est un « risque » pris très au sérieux à Bruxelles. Ainsi, il n’ pas pu échapper à José Manuel Barroso que des centaines de milliers de ses compatriotes portugais ont récemment défilé en chantant l’air qui donna le signal de la « révolution des œillets » de 1974. Et quand ce n’est pas la rue, ce sont les urnes. La gifle infligée il y a deux mois à Mario Monti par les électeurs italiens s’adressait largement à Bruxelles : les dirigeants européens n’ont aucun doute à cet égard.

D’où l’avertissement lancé par le chef de l’exécutif européen : « pour fonctionner, une politique ne doit pas seulement être bien conçue, elle doit recueillir un minimum de soutien politique et social ». Quel aveu ! Sauf que les dirigeants de l’UE font face à un dilemme insoluble : s’ils persévèrent dans l’austérité, les mêmes causes aggraveront les mêmes effets ; mais s’ils relâchaient quelque peu la pression, l’euro serait condamné à voler en éclats à bref délai.

Bon courage, José Manuel.

PIERRE LEVY

Source : BRN

Publié par Frédéric Maurin à 08:41am - Voir le commentaire ()
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